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Appel solennel aux fonctionnaires intègres et démocrates et tout particulièrement aux magistrats, policiers et militaires, ainsi qu'aux populations juive et musulmane des banlieues parisiennes. Communiqué de Politique de Vie à l'attention des parlementaires français, des électeurs et de la presse étrangère.
M. Nicolas Sarkozy, actuel ministre de l'intérieur français, prépare à ce jour un coup d'État militaro-policier, avec la complicité passive et contrainte de Messieurs Chirac et De Villepin.
Le sénateur socialiste de l'Essonne était l'invité de RTL mercredi matin, pour faire le point sur une candidature anti-libérale à l'élection présidentielle
Le président du Front national était l'invité de RTL lundi matin. Jean-Marie Le Pen n'a pas démenti nos informations selon lesquelles le FN pourrait retirer de son programme électoral l'abrogation immédiate des lois Veil autorisant l'avortement.
Le grand patron et fondateur de SOS est Julien Dray. Au début des années 80, ce dernier était trotskiste ; il fonda le Mouvement d’action syndicale (MAS). Dans les facs et les cités, Julien Dray plus connu alors sous le sobriquet de Juju, brandissait fièrement son trotskisme pour donner l’image d’un révolutionnaire. Le MAS n’était pour lui qu’une passerelle ; en réalité il se sentait coincé dans les coulisses du monde politique, il voulait prendre un raccourci et éviter le long parcours du combattant comme n’importe quelle « limace » militante. Il troqua la casquette trotskiste peu rentable contre l’habit du militant socialiste en y apportant un formidable cadeau au PS : SOS Racisme, l’association championne de la jeunesse
Pour le lancement de la spectaculaire assoce, il fallut trouver des slogans et des discours se rapprochant le plus possible des préoccupations quotidiennes des immigrés.
Ce qui rendait la tâche plus difficile encore est que Juju avait placé à la tête de SOS des membres de l’UEJF (Union des étudiants juifs de France), ultra-sionistes pour la plupart et très provocateurs. L’UEJF qui, pourtant n’avait aucun projet et ne s’intéressait à aucune action antiraciste monopolisa SOS. D’ailleurs, dans un article publié dans le monde du 14 juin 1985, Philippe Bernard s’étonna de la composition de la direction de SOS qu’il trouvait un peu accaparée
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Ségolène Royal ira à Pékin le 8 janvier. Sarkozy, qui s'y est rendu en 2004, reçoit des experts et un dissident.
La Chine est-elle devenue un point de passage obligatoire pour les candidats à la présidentielle ? Il suffisait autrefois de se montrer à Washington, Berlin, et assurément en Israël, pour se donner une stature internationale. Certains avaient déjà fait le détour par Pékin, comme François Mitterrand, à la veille de la présidentielle de 1981, ou comme Jacques Chirac, en tant que maire de Paris, mais plus par tropisme personnel que par enjeu politique.
Aujourd'hui, le poids de la Chine est tel économiquement avec les conséquences pour la France, mais aussi politiquement , qu'un déplacement dans l'empire du Milieu fait partie des must, tant pour Nicolas Sarkozy que pour Ségolène Royal.
Délocalisations. Pour son second voyage à l'étranger en tant que candidate, la socialiste a ainsi choisi la Chine, annonce surprise qui remplace le déplacement prévu, repoussé sine die , aux Etats-Unis, le pays d'Hillary Clinton. Elle s'envolera pour Pékin le 8 janvier, répondant finalement à une invitation du gouvernement chinois lancée dès son investiture comme candidate du PS. Un voyage dont le programme n'est toujours pas finalisé, mais qui sera un nouveau test de crédibilité pour la candidate, novice sur ce terrain, attendue au tournant sur les droits de l'homme, le Tibet, Taiwan, ou les délocalisations, ou encore sur le type de relations qu'elle instaurerait avec une grande puissance devenue incontournable, mais totalitaire.
La Chine figure également, même si c'est plus discrètement, dans l'agenda de Nicolas Sarkozy : le candidat probable de l'UMP a reçu la semaine dernière pour un petit-déjeuner place Beauvau plusieurs experts français sur la Chine, ainsi que invité surprise le dissident chinois Cai Chongguo, installé en France depuis le massacre de Tiananmen en 1989. C'est Cai Chongguo qui a d'ailleurs révélé sur son blog (1) l'existence de ce petit déjeuner. Le dissident, dont la présence chez le ministre de l'Intérieur est visiblement surinterprétée côté chinois, a fait état de la volonté du numéro deux du gouvernement de rééquilibrer la relation franco-chinoise vers le «donnant, donnant», une critique implicite de la complaisance de Jacques Chirac vis-à-vis de Pékin.
Méprise. Le récit de Cai Chongguo fait également état des interrogations de Nicolas Sarkozy sur la politique chinoise à l'égard de Taiwan. «La Chine va-t-elle attaquer Taiwan ?», aurait demandé le ministre à ses interlocuteurs, qui auraient répondu négativement. Le dissident n'est pas d'accord avec eux, et il s'interroge ouvertement sur son blog sur la méprise des experts consultés par Nicolas Sarkozy, tant sur Taiwan que sur la relation sino-américaine.
Le président de l'UMP a aussi profité, selon nos informations, d'un passage à Pékin cette semaine de l'ex-ministre des Affaires étrangères, Michel Barnier (aujourd'hui vice-président de la société Mérieux), pour envoyer un message au président Hu Jintao. Barnier, qui se verrait bien de retour au Quai d'Orsay, pourrait avoir préparé le terrain à une possible visite de Sarkozy à Pékin. Celui-ci s'y était déjà rendu en 2004 en tant que ministre de l'Intérieur, voyage dont on aura surtout retenu les piques contre Jacques Chirac et son goût du sumo... Du point de vue chinois, la perplexité est de mise, une fois passée la tristesse de voir partir l'actuel président de la République. Historiquement, la gauche s'est montrée moins fiable du point de vue de Pékin, notamment en vendant des armes à Taiwan. Mais Nicolas Sarkozy n'a pas impressionné ses interlocuteurs. Cette fois, les enjeux sont plus élevés : l'Elysée vaut bien un passage par Pékin.
Dans un entretien paru mardi 26 décembre dans le quotidien régional Sud Ouest, le syndicaliste paysan José Bové regrette"le patriotisme d'appareil" qui a empêché la désignation d'un candidat commun de la gauche antilibérale. Marie-George Buffet, première secrétaire du Parti communiste, s'est finalement lancée dans la bataille présidentielle sans l'appui des collectifs antilibéraux, alors que M. Bové, un temps candidat à la candidature, s'est retiré de la compétition.
"Il s'est passé ce que je redoutais, le patriotisme d'appareil a rapidement repris le dessus", indique M. Bové, commentant l'éclatement du front commun né à la gauche de la gauche après le non à la Constitution européenne.
"NOUS POUVIONS OBTENIR UN SCORE À DEUX CHIFFRES"
"A partir du moment où nous ne pouvions plus agir de façon collective parce que le PC et la Ligue communiste révolutionnaire jouaient individuellement, je n'avais plus qu'à me retirer, ce que j'ai fait", explique le syndicaliste."L'émiettement est une maladie infantile de la gauche française apparemment incurable", poursuit M. Bové, estimant que "les gens avaient envie d'autre chose en politique et que nous pouvions obtenir un score à deux chiffres nous permettant de poser des questions fondamentales".
De plus, il affirme, dans cet entretien, qu"'il faut tout faire pour battre Nicolas Sarkozy", un homme "très libéral et dangereux". "Ses discours sur les banlieues ne font qu'attiser les haines. Il ne peut qu'accroître la fracture sociale", ajoute-t-il. Il ne lance, en revanche, aucune attaque contre Ségolène Royal, attendant "de voir la suite des événements".
Familier des combats écologistes, M. Bové se montre, par contre, prudent à l'égard de Nicolas Hulot, dont il juge le projet "creux". "Il ne s'attaque pas aux vrais responsables de la crise écologique, les multinationales notamment." "Le constat qu'il nous propose a été fait depuis longtemps", remarque-t-il, mais "on ne peut pas défendre l'écologie sans remettre en cause l'ordre économique de la planète."
Selon l'arithmétique de ceux qui réduisent l'engagement politique au calcul élémentaire, la participation des radicaux de gauche à la campagne de Ségolène ROYAL n'aurait pas d'autre sens que celui d'un troc, soutien du parti socialiste à bon nombre de candidats PRG aux législatives, contre renonciation des radicaux à présenter un candidat à la présidentielle. En suite de quoi les radicaux de gauche devraient, en bonne logique, se faire simplement discrets, dans l'attente de la contrepartie au geste qu'ils ont, pour leur part, accompli.
Il faudra s'accoutumer à autre chose. Le choix politique des radicaux de gauche répond à deux exigences de fond. La première était d'assurer que les français auront bien la possibilité de choisir, au second tour de la présidentielle, un projet de société tourné vers l'avenir ; il fallait, pour cela, une plus grande unité de la gauche. La seconde est que le projet de la gauche soit bien celui d'un nouvel élan de la modernité, un projet de progrès et de liberté, et non de repli sur les illusions du collectivisme et de méfiance indistincte à l'égard de toutes les libertés.
A l'occasion de la campagne présidentielle vont se fixer les grandes lignes du projet de la gauche pour gouverner la France. Dans ce grand débat participatif, les radicaux s'emploieront à faire passer le souffle de confiance dont la France a besoin pour retrouver un indispensable élan :
- confiance dans l'entreprise privée, dont il s'agit d'assurer la modernisation sociale,
- confiance dans l'Europe, nouvel espace de sûreté et de solidarité,
- confiance dans la laïcité, seule capable d'assurer le respect des diversités et l'égalité au sein d'une seule communauté citoyenne,
- confiance dans les libertés, hors desquelles il n'est pas de sécurité durable,
- confiance des françaises et des français envers eux-mêmes, qui ont tous vocation, quelle que soit leur origine, à tisser ensemble les liens d'une nouvelle société, plus juste, plus solidaire et plus ambitieuse.
Avec Ségolène ROYAL, les radicaux de gauche veulent faire gagner la gauche des libertés.
Nicolas Sarkozy règne en maître sur son camp par Le Temps (24/12)
Tels des vassaux face à leur seigneur, les barons de la droite française s'inclinent devant Nicolas Sarkozy. Depuis trois semaines, une procession de ministres, d'anciens premiers ministres et de parlementaires ont annoncé leur soutien à sa candidature à l'élection présidentielle. La compétition au sein de son parti, l'Union pour un mouvement populaire (UMP), semble terminée avant même le vote des militants, qui investiront leur champion le 14 janvier. Le ralliement le plus symbolique est sans doute celui d'Alain Juppé, l'ancien héritier putatif de Jacques Chirac, qui s'est déclaré jeudi partisan de la «rupture», le concept fétiche de Nicolas Sarkozy.
Une droite qui met à l'écart un Villepin affaibli par 24heures (Suisse, 23/12)
Où en est la droite française, alors que l'affaire Clearstream paraît désenfler d'elle-même? Après la journée charnière de jeudi, le contraste est saisissant entre les deux frères ennemis de l'UMP, Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy. Le premier est sorti esseulé de son audition marathon chez les magistrats du pôle financier du Tribunal de Paris, en charge de l'enquête sur les faux listings de la banque des banques au Luxembourg. Le second a la main ferme sur le parti en vue de l'élection présidentielle, après la tenue de trois forums internes à Paris, Lyon et Bordeaux avant-hier, prétextes à des débats compassés.
Les SDF et la présidentielle par La Libre Belgique (22/12)
La thématique du "mal-logement" s'invite enfin dans la campagne pour les présidentielles. Quelques heures après les premiers grands froids. Mardi, des élus écologistes ont passé la nuit dans un campement de tentes volontaire installé le long du canal Saint-Martin, haut lieu "bobo" de Paris, pour sensibiliser à la détresse des SDF. Le soir même, dans les Ardennes, département socialement sinistré, le probable candidat de l'UMP à l'Elysée, Nicolas Sarkozy, a qualifié "d'obligation humaine" le "droit à l'hébergement". Et, comme le candidat Jospin en 2002, a fait une promesse spectaculaire : "Je veux, si je suis élu, que d'ici à deux ans, plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid ». Mardi encore, le Premier ministre Villepin s'est frontalement opposé à MDM, qui a annoncé la poursuite de son opération, en soutenant (contrairement à l'association) que des places libres subsistaient dans les structures d'hébergement et que, dans ces conditions, les distributions de tentes ne se justifiaient pas.
"La touche Royal", par Newsweek (21/12)
Ségolène Royal fait la une de l'édition européenne sur les "Who's next", les personnalités qui vont compter en 2007. En titre : "La touche Royal : elle éblouit la France, mais peut-elle la diriger ?". Extraits.
"Les Français ont observé la montée politique irrésistible de Ségolène Royal avec un mélange de ravissement et d'incrédulité, sinon d'interrogation. Qui est cette femme qui n'a jamais géré de cabinet important mais a provoqué une marée "Ségomania", écrasant ses adversaires et remportant l'investiture socialiste ? Comment une ancienne jeune ministre a-t-elle soudainement émergé, à l'aube de ses 50 ans, comme une radieuse oratrice ? Ses partisans l'ont désignée comme l'incarnation du changement, d'une rupture avec le passé. Mais quelle sorte de transformation peut-elle apporter à un pays où les "jours de gloire" semblent souvent partis pour toujours ?"
"Sarkozy s'oppose à Barroso sur l'euro", par Forbes (20/12)
"Sarkozy, l'actuel ministre de l'Intérieur, estime que l'euro est surévalué et que son fort taux contre le dollar est "une sérieuse erreur économique". Un euro à bout de souffle conduit à une main d'œuvre européenne chère, a-t-il dit, en même temps qu'il entraîne une baisse des salaires. "Cela encourage une migration vers les pays à bon marché", a-t-il ajouté, disant que si les choses continuent ainsi, "nous pourrions ne plus être en mesure de construire l'Airbus nulle part en Europe". Le dollar pourrait devenir tellement bon marché, a-t-il prédit, que "nous devrons partir faire fabriquer l'Airbus aux Etats-Unis". Le point de vue de Sarko se trouve en totale contradiction avec celui de José Manuel Barroso. La semaine dernière, le président de la Commission européenne a déclaré qu'un euro robuste était bénéfique pour les consommateurs des pays européens car il permettait de contrôler l'inflation. Sarkozy, qui est également à la tête de la droite française, s'empare des préoccupations de "business"."
"Hillary et Ségolène: partage d'ambitions mais pas d'une poignée de mains?", par le Washington Post (18/12)
"L'une est Française. L'autre Américaine. Les deux pourraient devenir les premières femmes présidentes de leur pays. Mais Ségolène Royal et Hillary Rodham Clinton vont-elles s'aider ou se snober dans ce combat? La spéculation sur la relation entre les deux de femmes de pouvoir est montée en France après qu'un journal a dit que Royal avait reporté un voyage américain prévu ce mois parce que Clinton n'avait pas voulu la voir. La leader régional socialiste Ségolène Royal, 53 ans, relativement nouvelle venue en politique, avec peu d'expérience de politique étrangère, a fait peu de secret du fait elle voudrait rencontrer Hillary Clinton pour se donner du crédit au plan international.
"Quand Ségolène est venu pour rester", par The Independent, quotidien britannique, 12/12
Un épisode longtemps oublié de la vie de Ségolène Royal, la candidate socialiste à la présidentielle française, peut être révélé aujourd'hui. À l'âge de 18 ans, elle était une jeune fille au paire couronnée de succès et populaire à Dublin. Mme Royal, 53 ans, ne mentionne pas son bref séjour irlandais dans son autobiographie. Jusqu'à ce qu'elle soit contactée par L'Indépendant, sa famille d'accueil ne s'était pas rendu compte que la fille française jolie et chaleureuse qui était restée avec eux en été 1971 était aussi la politicienne accomplie qui peut devenir la première présidente de femme de la France l'année prochaine. Quand j'ai appelé et ai expliqué le lien, Graziella Schuster (née Roche), qui avait huit ans en 1971, a cherché un vieil album photos. Elle a trouvé une image charmante de ce que pouvait seulement être l'adolescente Ségolène Royal, assise à une table avec elle et ses deux frères, de sept et cinq ans, dans la cuisine de la famille Roche dans la Route Orwell, Rathgar, Dublin. "Je n'avais aucune idée que cela pouvait être la même personne," a dit Mme. Schuster, 43 ans. "Il y a deux ou trois semaines seulement, je regardais quelque chose sur Ségolène Royal dans les nouvelles de télévision. J'ai dit à mon mari: ' c'est étrange. Nous avions une paire d'au appelée Ségolène quand j'étais un enfant ' (…) " Mme Beale avait passé l'été 1969 à Villers-sur-Mer (Calvados), où elle a rencontré et apprécié Mme Royal - alors prénommée Marie-Ségolène, elle écourtera par la suite son prénom -, qui habitait dans la maison voisine. "Nous avons passé tout l'été ensemble, nageant et jouant au tennis, parlant des garçons et de notre avenir. Nous voulions toutes les deux être avocates." (…)
La campagne de Sarkozy, par 24 heures, quotidien suisse (11/12)
"Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a 'souhaité' la nomination d'un ministre chargé de l'immigration, lundi matin, lors d'une conférence de presse. Tirant le bilan de la politique de l'immigration qu'il a menée depuis 2002 et soulignant que 'beaucoup reste à faire', Nicolas Sarkozy a souhaité 'la nomination d'un ministre chargé de l'immigration qui sera à la tête de toutes les administrations responsables de ce dossier". Nicolas Sarkozy, candidat à l'élection présidentielle, a par ailleurs estimé "urgent d'ouvrir le grand chantier d'un traité sur les migrations internationales'".
Présidentielle française : Ségolène Royal, candidate de Tel Aviv dans la course à l¹Elysée, par Al Bayane, journal marocain (08/12) "Sur le dossier du nucléaire iranien, Royal est plus 'royaliste' que les faucons du gouvernement d¹Olmert. En niant à Téhéran le droit d¹exploiter l¹énergie nucléaire civile, la candidate socialiste est allée au-delà de la position du gouvernement israélienne qui réclame 'seulement' des sanctions pour empêcher l¹Iran de se doter du nucléaire militaire. Royal s¹est ainsi prononcée contre les règles du protocole additionnel, dont Téhéran est signataire, qui permet aux Etats de développer un programme nucléaire civil. 'Vous avez devant vous la seule responsable politique qui s¹est clairement exprimée contre l¹accès de l¹Iran au nucléaire civil.', s¹est exclamée Royal devant les journalistes israéliens même si le message était adressé au lobby pro-israélien du Rue sulférino à Paris."
La campagne présidentielle pourrait influer sur la position de Chirac sur la Turquie, par Zaman, quotidien turc (07/12)
"Malgré l'opposition tenace au sein de son parti, l'UMP, et l'avis majoritaire de la société française, Jacques Chirac a jusque là résisté à la pression et reste l'un des partisans du processus d'intégration de la Turquie à l'UE. Alors que les élections du printemps prochain approchent, le président français pourrait dès à présent changer sa position. Nicolas Sarkozy a déjà exprimé son opposition à l'intégration européenne de la Turquie."
A Jérusalem, Julien Dray s'emporte, par Haaretz (Israël, 06/12)
"C'était un moment très embarrassant. La scène : un salon de l'hôtel du Roi David à Jérusalem. Les acteurs : le porte-parole de Ségolène Royal Julien Dray et un représentant du CRIF, Conseil représentatif des institutions juives de France. "Je n'ai rien à vous dire!", déclare Julien Dray avec véhémence au représentant juif stupéfait. "Vous avez vendu votre âme à l'autre bord ; nous n'avons rien à voir avec vous. Retournez chez votre ami Nicolas Sarkozy, c'est votre propriétaire". Le représentant CRIF a essayé avec toute sa force de convaincre Dray que son organisation prennait une position absolument objective en ce qui concerne la course à la présidentielle. Mais Dray a persévéré dans ces attaques. "Vous allez payer chèrement pour votre rassemblement unilatéral", a-t-il crié en sortant. "Ségolène sera présidente et vous devrez prier pour qu'elle vous reçoive"."
Ségolène Royal en Israël, par Haaretz (Israël, 05/12)
"Bien que Ségolène Royal ne soit pas chef d'Etat, elle a pu apprécier un accueil digne d'une reine. Aucun chef de l'opposition n'avait été, jusque là, si chaleureusement accueilli par Israël et par les leaders du pays. Des légions de photographes n'ont cessé de suivre la candidate, guettant le moindre soupir ou le moindre sourire. Elle a écouté ses hôtes lui expliquer les complexités de la géopolitique du Proche-Orient. Plus d'une fois, elle a posé des questions simples, basiques, comme "que pensez-vous du problème palestinien ?". Alors qu'elle rencontrait la porte-parole de la Knesset, Dalia Itzik, la socialiste a affirmé au sujet de la polémique sur les propos du Hezbollah, que si elle avait entendu la remarque, elle ne serait pas restée assise sur son siège. Au contraire, elle aurait vivement répondu, et aurait quitté la salle en claquant la porte. Quant à la question iranienne, Ségolène a exprimé une opinion unique qui a trouvé les faveurs de ses interlocuteurs israéliens." "Les liaisons du moment agitent les rédactions".
"Les politiciens français luttent pour convaincre les pauvres", par International Herald Tribune, quotidien britannique (14/12)
"La conférence devait être le jour de la guérison, une façon pour Nicolas Sarkozy, le ministre de l'Intérieur qui veut devenir président, de se débarrasser de son image d'ennemi des communautés noires-africaines et arabes de la France. Mais à peine les invités arrivaient dans le hall Place Beauvau mercredi, que le ministre de l'Intérieur subissait les attaques. "Quand le ministre traite certaines personnes de 'racailles', il ne nous aide pas, parce que nous ne pouvons pas éviter de nous sentir visés", dit Malik Meraoumia, un homme d'affaires d'Amiens, d'origine arabe."
Mais après les gaffes de Royal lors d'un voyage au Moyen-Orient, la sénateur démocrate de New York, que qui pourrait se lancer dans la course à la Maison Blanche en 2008, était moins qu'enthousiaste d'être vu avec la candidate française…"
"Royal peut-elle la diriger la France ?", par Newsweek, hebdomadaire américain (16/12)
"Les Français considèrent l'irrésistible ascension politique de Ségolène Royal avec un mélange de ravissement et d'incrédulité, si ce n'est avec un émerveillement pur et simple. Mais maintenant, une nouvelle étape s'annonce.
Qui est cette femme, qui n'a jamais été à la tête d'un ministère important, mais qui a réussi à soulever le raz-de-marée de la 'Ségomania', pour écraser ses adversaires et obtenir l'investiture socialiste à l'élection présidentielle ?Comment celle qui a dirigé, à une époque, un ministère plutôt morne et mineur parvient-elle à percer soudainement, à cinquante ans passés, en tant qu'oratrice publique radieuse ? Ses partisans voient en elle l'incarnation du changement et de la rupture avec le passé. Mais quel genre de transformation peut-elle apporter à une nation où il semble souvent que 'les jours de gloire' soient définitivement passés ?"
"Les liaisons du moment agitent les rédactions", par The Times, quotidien britannique (15/12)
"Des présentatrices vedettes ont été contraintes de se mettre en retrait de la télévision française pendant la campagne présidentielle à cause de leur relation avec des ministres du président Chirac. Les Français sont rarement informés de la multitude de flirts qui existent entre les journalistes de sexe féminin et les hommes politiques. (…)Béatrice Schonberg, 53 ans, de France 2, qui a épousé Jean-Louis Borloo, 55 ans, ministre de la Cohésion sociale, a accepté de se mettre en retrait pendant la campagne, pour éviter tout soupçon de partialité. De manière plus controversée, l'amertume a entouré la découverte cette semaine d'une seconde journaliste dans la même situation. Marie Drucker, une étoile montante de 32 ans qui présente le journal du soir sur France 3, a déclaré qu'elle se retirerait de ses fonctions après qu'un magazine people a publié des photos d'elle enlaçant François Baroin, 41 ans, divorcé et ministre de l'Outre-Mer."
"La conversion de Le Pen : une photo avec une Maghrébine", par Il Corriere della Sera, quotidien italien (13/12)
"Le danger pour la démocratie française a aujourd'hui le sourire et le corps attrayant d'une jeune Maghrébine. Jeans taille basse, nombril à l'air, cheveux noir de jais et pouce baissé vers le bas, pointant la France qui va mal et les responsables de cet échec, la droite et la gauche qui ont 'tout détruit', les valeurs, la nation, la laïcité, la promotion sociale, l'intégration. Tel est le message astucieux et suave de la campagne électorale de Jean-Marie Le Pen, le leader du Front national, qui se présente plus que jamais comme le troisième homme gênant et comme le possible trouble-fête dans la course à l'Elysée. Accrédité de 15% des intentions de vote dans les sondages, soit plus qu'en 2002, quand il réussit à éliminer le candidat socialiste au premier tour et à défier Chirac au second, le vieux Jean-Marie - 78 ans - a décidé de remonter sur scène et de jouer la carte d'une communication plus moderne. Blog, sites internet et affiches envoient aux oubliettes l'arsenal idéologique afin de conquérir la France d'aujourd'hui. Un pari qui risque d'être gagnant."
Voici, jour après jour, les petites phrases des hommes et des femmes politiques dans la campagne pour l'élection présidentielle de 2007.
Voici, jour après jour, les petites phrases des hommes et des femmes politiques dans la campagne pour l'élection présidentielle de 2007.
DIMANCHE 24 DECEMBRE
Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur et probable candidat UMP à la présidentielle, concernant les différents ralliements de ces derniers jours : "On est loin du "Tout sauf Sarkozy"" (Déclaration)
Patrick Lozès, président du Conseil représentatif des associations noires de France, à propos de la représentation de la diversité française : "Les partis méritent un zéro pointé (...) Et aux prochaines élections, le compte n'y sera pas". (Déclaration, Le Parisien)
Johnny Hallyday, à propos de ce que lui aurait dit Nicolas Sarkozy concernant son départ en Suisse :
"Il m'a dit : “Ecoute Coco, t'avais envie de le faire, tu l'as fait, t'as bien fait“" (Déclaration)
SAMEDI 23 DECEMBRE
Nicolas Sarkozy, Ministre de l'intérieur et probable candidat UMP à la présidentielle, à propos du nralliement de Jean-Pierre Raffarin : "C'est beaucoup plus qu'un ralliement. C'est autre chose, c'est une symbiose". (Déclaration)
Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF et candidate à la présidentielle : "Dès le 4 janvier, je quitterai mes responsabilités de secrétaire nationale du Parti communiste pour mettre ma candidature vraiment à la disposition de tous les hommes et les femmes qui veulent une gauche antilibérale, une gauche qui tienne ses promesses, en allant vraiment faire les réformes nécessaires. La porte est toujours ouverte, et tous mes actes seront des actes qui visent à ce rassemblement". (TF1)
Hervé de Charette, député, à propos de la possible candidature de Jean-Pierre Raffarin au poste de président de l'UMP : "Cette déclaration de candidature est inopportune, inactuelle, et, pour tout dire, plutôt indécente" (Le Parisien)
Jean-Marie Lepen, président du Front Natonal et candidat à la présidentielle : "La bataille schizophrénique que mène M. Sarkozy contre lui-même, contre son propre parti et contre sa propre culture, renforce au contraire la crédibilité de mes arguments. Car enfin, tout ce que dit Monsieur Sarkozy, je l'ai dit avant lui" (Télégramme)
VENDREDI 22 DECEMBRE
Bernard Kouchner, ancien ministre de la Santé, interrogé sur une éventuelle collaboration avec Nicolas Sarkozy : "S'il y a un gouvernement d'union nationale, dépassant les clivages habituels, s'il y a une vraie 'équipe de France', oui".(Entretien au Parisien)
Bernard Kouchner, le programme du PS "contient de bonnes idées et beaucoup d’archaïsmes. La France mérite mieux que ce consensus mou". (Entretien au Parisien)
Thierry Breton, ministre de l'Economie : "Ca fait un petit moment que je dis que Nicolas Sarkozy est mon candidat et que je compte m'impliquer (...) fortement pour que notre camp et que notre candidat gagnent" (France Info)
JEUDI 21 DECEMBRE
Roland Castro, candidat à la présidentielle pour le Mouvement de l'utopie concrète (MUC) : "Cher Père Noël, Serais-tu démocrate? Aurais-tu envie de projet, Voudrais-tu embellir ce pays? Alors ramène-moi dans ta hotte 500 signatures de notables, Je m'occupe de tout le reste". (Lettre au Père Noël)
Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée nationale: "Il faut arrêter de taper sur Ségolène Royal comme le fait Marie-George Buffet." "Les communistes sont-ils avec l'extrême gauche ou avec les socialistes ?" (Europe-1)
Patrick Devedjian, conseiller de Nicolas Sarkozy à l'UMP : "Dans la campagne électorale, lancer des réformes, ce n'est pas le bon moment". (Canal+)
Philippe Douste-Blazy, ministre des Affaires étrangères : "Il faut entrer dès aujourd'hui dans la campagne, démontrer notre capacité de rassemblement autour de Sarkozy, pour battre la gauche et Ségolène Royal".
MERCREDI 20 DECEMBRE
Ségolène Royal, candidate PS : "Avec vous, je veux construire la France qui se bat et la France qui se relève!" (Débat participatif à Strasbourg)
Dominique Voynet, candidate des Verts : Ségolène Royal, "présumée extrêmement compétente" à propos de l'environnement, n'a été ministre de l'Environnement que "pendant 10 mois, il y a 15 ans". (Public Sénat)
Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale: "Sarkozy nous fait du Chirac, ce n'est jamais que le clone de Chirac" (Déclaration sur Canal+)
Arnaud Montebourg, député PS de Saône-et-Loire, à propos du déplacement de Nicolas Sarkozy aux Ardennes: "Nicolas Sarkozy a besoin de sortir de Neuilly-sur-Seine, le plus gros coffre-fort de France (...) Il contrôle tous les députés, il a les médias avec lui, le haut patronat, le Conseil constitutionnel. Il gouverne la France de fait, même s'il n'est pas chef du gouvernement, pour autant toute sa politique, il ne veut pas en assumer les conséquences (...) Et tout son discours est aux antipodes de ce qu'il fait chaque jour" (Déclaration sur i-télé)
Clémentine Autain, adjointe au maire de Paris (apparentée PC), sur la candidature de Marie-George Buffet à la présidentielle: "Ce serait une logique suicidaire et pour le Parti communiste, et pour notre rassemblement (...) Sa candidature aboutira à l'explosion des collectifs" (Interview au Parisien/Aujourd'hui en France)
MARDI 19 DECEMBRE
François Bayrou, candidat UDF: "Le ministre de l'Intérieur est responsable de la rue et j'ai pas vu, depuis cinq ans, que des choses aient été faites" (Déclaration à Bron)
Dominique de Villepin (UMP), à une femme enceinte inquiète pour la garde de son futur enfant et qui lui demandait "Dans un an je fais comment ? Je vous l'amène?": Réponse du Premier ministre : "Moi je serai assez peu occupé dans un an, donc croyez-moi, c'est très volontiers." (Déclaration à Rungis)
Brice Hortefeux, ministre délégué chargé des Collectivités territoriales: "D'ici au 14 janvier, Nicolas Sarkozy sera relativement discret".
Nicolas Dupont-Aignan, député UMP, candidat à la présidentielle, sur la réforme de l'impôt sur le revenu: "Cela ne peut pas se faire en quatre mois par un gouvernement sur le départ." (Canal+)
LUNDI 18 DECEMBRE
François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste : "Je ne vois pas comment (Nicolas Hulot) pourrait être candidat dès lors que tous les candidats ont signé son pacte écologique". (LCI)
DIMANCHE 17 DECEMBRE
Dominique Strauss-Kahn, ex-candidat à la primaire socialiste: "Les idées de la social-démocratie sont essentielles pour la victoire. C'est en les affirmant que nous aiderons la gauche à gagner la présidentielle et ensuite à réussir" (Communiqué)
François Hollande, premier secrétaire du PS: "Dès lors que 25% des Français dans des sondages disent qu'ils n'excluent pas de voter Jean-Marie Le Pen, cela peut vouloir dire qu'effectivement il peut réaliser un score tout proche de 2002, voire davantage." (Radio J)
Jean-Pierre Raffarin, sénateur UMP: "Si Nicolas Sarkozy est candidat (de l'UMP), il faut que le sarkozysme soit élargi avec toutes les sensibilités car le candidat ne porte pas seulement son message mais celui du rassemblement qui l'aura choisi." (France Inter)
Cécile Duflot, nouvelle secrétaire nationale des Verts: "Personne ne peut remettre en cause la légitimité d'une candidature verte", il n'y aura "pas d'écologie sans nous" (Le Parisien dimanche)
Rachida Dati, conseillère de Nicolas Sarkozy en charge de la prévention de la délinquance: "je n'ai même pas ma carte à l'UMP!" (Le Parisien dimanche)
SAMEDI 16 DECEMBRE
Jean-Louis Borloo, ministre de la Cohésion sociale (UMP). "Je veux plus que jamais être l'avocat de la justice sociale de notre pays" (Congrès du Parti radical)
Ségolène Royal, à propos de l'émigration fiscale de Johnny Hallyday: "Quand on gagne beaucoup, beaucoup d'argent, on doit donner l'exemple. Il y a tellement de pauvres en France qu'on a besoin de solidarité (…) Il y a plein de gens qui n'arrivent pas à joindre les deux bouts, la vie est chère, il y a des gens obligés d'emprunter pour finir les fins de mois... Peut-être que Johnny Hallyday va réfléchir et revenir en France et y payer ses impôts, c'est la solidarité nationale." (Déclaration à la presse)
Aurélie Filipetti, conseillère d'arrondissement à Paris, ex-Verts passé dans l'équipe de Ségolène Royal: "Les Verts ont un comportement immature. Numériquement, ils ne pèsent rien: sur 8000 adhérents, seuls 4900 ont voté lors du dernier congrès." (Le Parisien)
VENDREDI 15 DECEMBRE
Michèle Alliot-Marie: "Le président représente la France à l'étranger. A l'étranger, la France, c'est la Tour Eiffel et Jacques Chirac. Il est celui qui garantit qu'on n'aura jamais à dépendre de tel ou tel pour notre survie ou notre politique" (Débat UMP à Lyon)
MERCREDI 13 DECEMBRE
Marie-George Buffet (PCF), sur la division au sein des antilibéraux : "Je suis en colère parce que les espoirs levés par la gauche populaire sont freinés. On ne peut pas abîmer cela" (La Provence)
Valéry Giscard d'Estaing, ancien président de la République : "Nul ne doit accomplir plus de deux mandats. Je pense, et l'Histoire le confirme, que les seconds mandats sont déjà difficiles" (L'Express)
MARDI 12 DECEMBRE
Lionel Jospin (PS), sur Nicolas Sarkozy : "Quand il refuse d'assumer la responsabilité de ses actes, il est dans une attitude typiquement chiraquienne" (Paris)
Ségolène Royal, sur le Pacte écologique de Nicolas Hulot : "Ce pacte, je le signerai", même si "j'apporte des nuances" (Déclarations à la presse, Assemblée nationale)
Arlette Laguiller, candidate de Lutte ouvrière à la présidentielle: "Les idées de Jean-Pierre Chevènement, cela doit osciller entre trois circonscriptions gagnables et dix circonscriptions gagnables". (Canal +)
Dominique Perben, ministre des Transports : "Nicolas Sarkozy a la plus grande capacité de rassemblement dans notre camp. C'est la raison pour laquelle je pense que c'est à lui de porter nos couleurs". "Il faut organiser le rassemblement autour de Nicolas Sarkozy". (RTL)
LUNDI 11 DECEMBRE
Faouzi Lamdaoui, secrétaire national du PS chargé de l'égalité et du partenariat: "La politique de l'immigration selon Nicolas Sarkozy, c'est la démagogie dans la parole, l'échec dans l'action". (Déclaration)
Maxime Gremetz, député communiste de la Somme: "Quel spectacle affligeant que ce soi-disant collectif antilibéral, le degré zéro de la politique, un ring où tous les combats sont permis pour être candidat à l'élection présidentielle." (Communiqué)
Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF : "Les antilibéraux ont donné un choix majoritaire, il ne faut pas bloquer maintenant, il faut y aller!" (L'Humanité)
Dominique de Villepin, Premier ministre : "Qu'il y ait des débats pour la présidentielle, c'est une chose, que le chef du gouvernement soit les deux mains dans l'huile pour essayer de faire mieux marcher le moteur, ça me paraît normal." (France Inter)
François Hollande, Premier secrétaire du PS : "Est-ce que ce ralliement peut permettre la victoire? Je le crois même si cela ne pèse plus autant qu'en 2002. Les petits ruisseaux font les grandes rivières" (Déclarations)
DIMANCHE 10 DECEMBRE
Michel Barnier, ancien ministre des Affaires étrangères : "Sa passion peut parfois paraître comme de l'emportement mais Nicolas Sarkozy, c'est le bon choix". (Le Grand Rendez-Vous - Europe 1 - TV 5 Monde - Le Parisien - Aujourd'hui en France)
Arnaud Montebourg, porte-parole de Ségolène Royal : "Nicolas Sarkozy veut préparer la France à la potion amère des ultra-libéraux inspirée des pires années thatchériennes". (Déclarations)
François Bayrou, président de l'UDF : "Trois heures à Nicolas Sarkozy, sans contradicteur, en prime time, c'était limite". (Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro)
Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre, au sujet du premier forum de l'UMP : "Ca n'a pas été un match de catch mais ça a été quand même un débat d'idées" (Europe 1)
Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du MRC : "C'est en toute conscience que j'avais pris ma décision de me porter candidat et c'est en toute conscience que j'ai décidé de retirer ma candidature au profit de Ségolène Royal" (Convention nationale du parti)
Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense : "Les règles étaient difficiles à fixer. Elles ont été changées au dernier moment, celles que l'on m'avait indiqué la veille au soir ne sont pas celles qui ont été appliquées. J'aurais pu dire je m'en vais, ce n'est pas mon genre" (Canal plus)
SAMEDI 9 DECEMBRE
Nicolas Sarkozy, président de l'UMP au sujet de la rencontre de Ségolène Royal avec le Hezbollah : "Hitler a été élu, ça n'en a pas fait un interlocuteur respectable". (Forum de l'UMP)
Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense : "Je me réjouis de ces débats", pas pour "imiter" les socialistes, mais pour "tordre le cou à l'idée selon laquelle la droite serait caporaliste" (Forum de l'UMP)
Philippe de Villiers, candidat du MPF à l'élection présidentielle : "Je suis le seul candidat 100% anti-socialiste". (Congrès d'investiture)
VENDREDI 8 DECEMBRE
Dominique de Villepin, Premier ministre : "La rupture tranquille ? La rencontre d'une machine à coudre et d'un parapluie !" (Marianne)
Françoise de Panafieu, maire du XVIIè à Paris: Ségolène Royal "a un peu de mal à serrer la main et à s'adresser aux gens qui n'ont pas la même opinion qu'elle. C'est sûrement une forme d'intolérance, une forme de mal à l'aise vis-à-vis des gens qui ne sont pas exactement dans sa ligne". Elle est "plutôt coutumière de l'affaire". (Canal+)
Jean-Pierre Raffarin: "Avec Alain Juppé et quelques autres, nous avons créé l'UMP pour le quart de siècle à venir. Nous sommes très attachés au développement durable de notre famille politique et nous ne permettrons pas qu'on la fragilise ou qu'on la contourne." (Le Figaro.fr)
Patrice Anderouard, directeur de la communication de Kärcher France: "L'association de notre nom avec une question politique polémique et négative nous porte préjudice. La presse tend à utiliser notre marque dans un contexte qui porte fortement atteinte à notre image. Nous comptons sur vous pour vous inscrire en rupture de cette mouvance" (Lettre aux patrons de presse citée dans Challenges du 7 décembre)
JEUDI 7 DECEMBRE
Olivier Besancenot, candidat de la LCR, à propos des 500 parrainages: "Le PS, en son temps, avait voté contre cet outil antidémocratique, ce serait bien qu'il ne l'utilise pas pour des raisons politiciennes". (France-2)
Dominique Voynet, candidate des Verts à l'élection présidentielle: Si "le président de l'UMP se pique d'écologie", "qu'il passe aux actes, il y a du travail" (Communiqué)
Ségolène Royal, candidate PS à la présidentielle: "Ce n'est plus à M. Trichet de décider de l'avenir de nos économies, c'est aux dirigeants démocratiquement élus." (Congrès du Parti socialiste européen)
Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur, candidat à la présidentielle : "Le développement durable et la défense de l'environnement sont des questions si fondamentales qu'elles ne peuvent être la propriété d'un seul parti politique, fût-il de couleur verte." (Déclaration)
Arnaud Montebourg, porte-parole de Ségolène Royal: "Il faut que nous soyons le plus haut possible pour éviter l'élimination. Les scores de François Mitterrand, entre 24% et 30% au premier tour, ont été la clé de la référence positive". ("Questions d'info" LCP/Le Monde/France Info).
François Goulard, ministre délégué à l'Enseignement supérieur et à la Recherche (UMP, villepiniste), sur le slogan de Nicolas Sarkozy, "la rupture tranquille": "La rupture, par définition, ce n'est pas tranquille. C'est un peu comme la cassure sans heurt ou le choc mou." Nicolas Sarkozy "commet une erreur parce qu'il divise en réalité notre camp". Il devrait plutôt "assumer ce qui a été fait" depuis 2002. (LCI)
Dominique Perben, ministre des Transports : "Sur le terrain, ça bouge: les Français sont déjà dans la campagne. (...) Voilà pourquoi Nicolas Sarkozy doit, à mon sens, accélérer. En étoffant son équipe, en montrant davantage encore qu'il est le fédérateur de toute notre famille" (Le Parisien/Aujourd'hui en France)
Dominique Bussereau, ministre de l'Agriculture : "Michèle Alliot-Marie, qui a été présidente du RPR, qui est une des ministres de premier plan, a toutes les qualités pour être candidate. Si elle l'était, cela mettrait un peu plus de vie dans l'UMP". (Canal+)
MERCREDI 6 DECEMBRE
Patrick Devedjian, conseiller de Nicolas Sarkozy à l'UMP, sur le refus de la candidate socialiste de laisser l'Iran accéder au nucléaire civil: "Ségolène Royal a érigé en principe politique ce qui était simplement un dérapage dans le cadre des primaires socialistes". "Maintenant elle l'assume, elle en fait une règle." (LCI)
MARDI 5 DECEMBRE
Philippe Douste-Blazy, ministre des Affaires étrangères (UMP): "Remettre en cause le droit de l'Iran à obtenir l'énergie nucléaire civile, je dis bien civile, comme vient de le proposer Mme Royal, c'est en réalité remettre en cause le Traité de non prolifération qui a été signé par la quasi totalité des pays du monde." (Point de presse)
Clémentine Autain, adjointe (apparentée PCF) au maire de Paris, candidate à l'investiture du rassemblement antilibéral: "Pour sceller un accord et mener une campagne tous ensemble, c'est pas perdu, mais c'est pas gagné." (déclaration)
Gilles de Robien, ministre de l'Education (UDF), sur les propositions des candidats pour l'enseignement: "Certains ont donc peut-être besoin de cours de rattrapage, le ministère est à leur disposition pour un soutien individualisé". (Déclaration)
Nicolas Sarkozy, candidat UMP: "Je veux un président responsable… Les nominations ne peuvent être le fait du prince. Prenons l’exemple d’EDF. La nomination de son président doit être ratifiée par une majorité qualifiée, intégrant l’opposition." (Extrait de l'interview dans la presse régionale, avant amendement - nouvelobs.com)
Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, mouvement associé à l'UMP: "Je ne participerai pas aux primaires (...) Ce sont de fausses primaires. (…) "Pendant quatre ans, il n'y a pas eu de démocratie" à l'UMP. "Et entre Noël et le Nouvel an, Nicolas Sarkozy cherche figurants pour assister à son sacre." (France 2)
Les couloirs de la mort japonais n'ont que faire des départs en vacances et des visites au sanctuaire pour aller prier les dieux de la vie et de l'amour. Les couloirs de la mort japonais ne connaissent pas la trêve de la Noël. Hier, après une pause de plus d'un an, le Japon a décidé de reprendre les exécutions. En ordonnant non pas une, mais quatre mises à mort. Une façon de célébrer les quatre mois au pouvoir du Premier ministre, Shinzo Abe, dont le gouvernement a fait une priorité de la lutte contre l'insécurité et la multiplication inquiétante des crimes. Comme d'habitude, car c'est la coutume dans un Japon qui compte près de un millier de condamnés à perpétuité et où le débat sur la peine de mort reste néanmoins marqué du sceau du silence, le nom des condamnés pendus hier n'a pas été rendu public.
Arbitraire. A en croire différents médias, l'un des exécutés de Noël serait Hiroaki Hidaka, 44 ans, condamné à mort pour le meurtre de quatre femmes, dont une adolescente de 16 ans. Les quatre exécutions (par pendaison), très vite annoncées par le ministère de la Justice à Tokyo, ont aussitôt déclenché un tollé parmi de nombreuses organisations de défense des droits de l'homme, et de vigoureuses réactions, tant au Japon qu'à l'étranger. Amnesty International insiste pour que l'Etat nippon mette fin au plus vite à son «usage cynique et arbitraire de la peine de mort». Dans un texte collectif, un groupe de parlementaires japonais issus de plusieurs partis politiques s'est aussi insurgé contre une «peine de mort [...] sans pitié, cruelle et antidémocratique». En cause : l'arbitraire et l'iniquité qui précèdent et entourent chaque exécution. «Les détenus âgés ou mentalement déséquilibrés sont abandonnés des décennies entières dans le couloir de la mort jusqu'au jour de leur exécution», rappelle Amnesty International. Et c'est seulement depuis 1998 que le gouvernement prend la peine d'annoncer officiellement que des pendaisons ont eu lieu.
Echafauds. Au Japon, tout condamné à mort est longuement confiné avant sa pendaison dans une cellule truffée de caméras. Parfois durant de longues années, il lui est impossible de communiquer avec l'extérieur. Les visites de parents et toute correspondance avec la famille sont formellement interdites. «L'univers carcéral au Japon, ce n'est pas Midnight Express, c'est le Moyen Age. Les prisons japonaises utilisent des méthodes sadiques pour tenter d'obtenir, elles le savent en vain, la repentance du condamné», confie un ancien prisonnier français qui a goûté durant plusieurs années aux cellules nippones. De même, la date et l'heure de l'exécution d'un condamné ne sont dévoilées qu'au dernier moment même la famille n'est prévenue que peu avant et parfois juste après la mise à mort. Aujourd'hui, une cinquantaine de condamnés à mort peuvent à tout moment monter sur les échafauds nippons, dont sont équipées au moins sept prisons pleines à craquer.
Châtiment. Pourtant, la peine de mort ne semble pas poser de cas de conscience au Japon. Les sondages montrent qu'une majorité de Japonais restent attachés à ce châtiment, dans un contexte de recrudescence du crime dans l'archipel. Makoto Suzuki, un abolitionniste chrétien, a dénoncé un «acte d'une grande insensibilité».
«La Noël était pourtant le jour propice pour réaffirmer les valeurs humaines au Japon», a-t-il regretté. L'archipel nippon est, avec les Etats-Unis, le seul grand pays industrialisé à ne pas avoir aboli la peine capitale. Seiken Sugiura, le précédent ministre de la Justice, un avocat fermement opposé à la peine capitale en raison de ses convictions bouddhistes, avait suspendu toute exécution et la dernière pendaison avait eu lieu quelques jours avant son entrée en fonctions en 2005. Au Japon, les arrêts de mort doivent être contresignés par le ministre de la Justice pour être exécutés. Malgré d'intenses pressions, le ministre Sugiura s'était toujours refusé à envoyer le moindre condamné au gibet.
D.C : S'agissant de la Corse, qu'attendez-vous du futur président de la République ?
Émile ZUCCARELLI. - Qu'on nous laisse un peu tranquilles ! Depuis 1981, il n'y a pas eu un mandat présidentiel sans un projet de réforme institutionnelle pour la Corse. Toute cette agitation n'a conduit qu'à affaiblir notre île et à renforcer les affairistes, les racketteurs et autres séparatistes qui ont fait leur miel des divisions et des surenchères générées par des discussions plus ou moins occultes.
Pour vous, le non au référendum de 2003 a mis un terme au débat institutionnel...
Oui, les électeurs de Corse ont tranché. Ils ont refusé toute nouvelle réforme institutionnelle. Je me réjouis évidemment que le PS se soit engagé à ne pas même esquisser de nouvelle réforme institutionnelle pour notre région au cours de la future mandature. Je me réjouis aussi que ces engagements soient repris dans l'accord entre le PS et le PRG et entre le PS et Jean-Pierre Chevènement. Je me réjouis surtout que Ségolène Royal, que je soutiens sans réserve, ait confirmé lorsque je l'ai accueillie à Bastia, en juillet, que, si elle était élue, elle ne rouvrirait pas de chantier institutionnel et que la priorité serait donnée au développement économique durable et partagé et à la sécurité pour tous.
Quelles mesures concrètes devront prendre les futurs gouvernants ?
Il y a énormément à faire dans l'île, concernant la lutte contre la vie chère, le droit au logement, la confortation du Plan exceptionnel d'investissement ou encore le déploiement des compétences considérables déjà dévolues à la collectivité territoriale et insuffisamment mises en oeuvre. C'est cela que j'attends du, ou plutôt de la future présidente de la République.
Quelle place aura la Corse dans la campagne ?
J'espère qu'elle aura une place égale à celle des autres régions françaises. Je ne souhaite pas qu'une nouvelle fois la Corse soit sous la lumière des projecteurs. Ce serait le plus mauvais service à rendre à notre île. Cela ne m'interdira évidemment en rien de prendre toute ma place aux côtés de Ségolène Royal dans la campagne.
Le jury du prix "Press club, humour et politique" a procédé à une première sélection de cinq "petites phrases" pour son Prix 2007, a-t-on appris vendredi auprès du jury.
Composé de 18 membres, ce jury est présidé par Jean Miot, ex-président de l'AFP.
Voici les cinq phrases retenues par le jury :
- François Bayrou (UDF): "J'ai été longtemps un jeune conformiste, et sans doute formiste était-il de trop".
- Jean-Marie Le Pen (FN), répondant à la question : Si vous êtes élu Président, quel sera votre premier voyage à l'étranger : "Montfermeil".
- François Hollande (PS): "Jack Lang avait toutes les qualités pour briguer la Présidence de la République. C'est pour cela que je l'ai chaudement encouragé à se retirer".
- Michèle Alliot-Marie (Défense) : "La France, c'est la Tour Eiffel et Jacques Chirac".
- Pascal Clément (Garde des Sceaux) : "Je suis peut-être nul, mais le ministre, c'est moi".
Deux autres sélections sont prévues en avril et juin 2007.
Le Prix 2006 avait été attribué en octobre à Ségolène Royal pour avoir déclaré : "Même quand je ne dis rien, cela fait du bruit".
Animaux. La ministre de l'Environnement relance le débat sur l'estocade.
Et si la mise à mort était proscrite dans les corridas de toros ? Dans un pays où la tauromachie est considérée comme la «fête nationale», cette simple perspective en fait frémir plus d'un. Et lorsqu'un membre du gouvernement s'y risque, la bronca est forcément au rendez-vous. «Il faut renoncer à l'estocade [donc à la mise à mort, ndlr] de façon graduelle, peut-être lors de la prochaine législature. Nous devons en finir avec cette fin sanglante du toro.» Cette petite phrase, la ministre de l'Environnement Cristina Narbona l'a prononcée furtivement lors d'un pot de fin d'année. Mal lui en a pris, à moins qu'elle ait souhaité jeter de l'huile sur le feu.
«Tradition». Publiés dans les pages du quotidien El Mundo la semaine dernière, ces propos ont semé la discorde un peu partout, même si la ministre a ensuite précisé qu'il s'agissait d'une «opinion personnelle» : nombre d'hommes politiques, éleveurs, directeurs d'arènes, toreros ou stars de la télé se sont fendus d'une défense passionnée du toreo. Le président de l'Union des éleveurs de toros (UCTL), Eduardo Miura, a résumé le caractère «inacceptable», à leurs yeux, d'une telle initiative : si l'estocade publique disparaît, «cela revient à mettre à mort la fête taurine», car, a-t-il ajouté, «on touche là à l'essence même de la tradition».
La sortie de Cristina Narbona n'est pas une simple galéjade de cocktail. Comme elle, d'autres ministres du gouvernement Zapatero rêvent en coulisse d'interdire la mise à mort, «cet atroce finale sanglant». Et de voir le toreo espagnol suivre l'exemple du Portugal où, depuis 1928, est prohibée l'estocade dans les arènes même si, au terme de la corrida, le toro est tué, mais hors de la plaza.
Pour les détracteurs de la mise à mort, cette modification s'inscrit dans un combat du gouvernement socialiste : la défense du droit des animaux. Au printemps, l'exécutif de Zapatero s'est prononcé en faveur du «projet grand singe», visant à accorder davantage de droits à certains primates. Il a augmenté les peines de prison pour ceux qui maltraitent les animaux domestiques. Enfin, depuis la semaine dernière, le code pénal interdit les combats de chiens ou de coqs, encore vivaces dans l'Espagne rurale où ils font l'objet de paris. Depuis quelques années déjà, les spectacles où les animaux sont traités «de façon cruelle» ne sont pas autorisés, la corrida de toros constituant à cet égard une exception, au nom de la perpétuation d'une «tradition très ancrée». Lorsque le conservateur José María Aznar était au pouvoir, jusqu'à 2004, Madrid s'était battu bec et ongles pour empêcher Bruxelles d'édulcorer la «fête nationale», mal vue par certains partenaires de l'Union européenne.
«Aberrant». Ce n'est pas un hasard si le monde espagnol de la tauromachie a réagi de façon virulente. Ces derniers temps, le toreo est sur la défensive. Autoproclamée ville «antitaurine» depuis 2004, Barcelone a l'intention de transformer, dans deux ans, ses prestigieuses arènes en lieux de vente aux enchères. D'autre part, un récent sondage montre que la popularité des corridas pique du nez : si un tiers des Espagnols se disaient «intéressés» par le toreo en 1999 (la moitié il y a vingt ans), ce chiffre a chuté à un quart aujourd'hui.
D'où le fait que ce puissant secteur, qui brasse 1,5 milliard d'euros par an et emploie, directement ou non, 200 000 personnes, se sent très menacé. «Ce qui est aberrant de la part des antitoreo, c'est que, sans les corridas, le toro disparaîtrait», affirme le torero César Jiménez. «Quel sarcasme venant d'une ministre de l'Environnement, bondit à son tour Victorino Martín, un important éleveur. C'est grâce aux élevages de toros bravos que des hectares de prairies sont si bien conservés !» Quant à la classe politique, elle est viscéralement divisée, au-delà des clivages de partis, entre ennemis de la fiesta et aficionados inconditionnels.
Au sein du Parti socialiste espagnol, travaillé par les opinions les plus disparates, le secrétaire général, José Blanco, grand amateur de toros, a tranché : «Je me battrai pour que la fin de la mise à mort ne s'inscrive dans aucun de nos programmes électoraux.»
Jean-Luc Mélenchon rentre à la maison. Le sénateur socialiste de l'Essonne prend acte sur son blog de l'échec de la gauche antilibérale et de sa tentative de trouver une candidature unitaire. Il reconnaît, la mort dans l'âme, que la dynamique est désormais plutôt du côté de Ségolène Royal.
Dès le 14 décembre, ce partisan de Laurent Fabius prévenait ses amis réunis dans le groupe Pour la République sociale (PRS) que "le ralliement à Ségolène Royal de Jean-Pierre Chevènement après celui du PRG préfigure la centralité absolue de la candidature socialiste". Ajoutant que "l'autre gauche est, à cette heure, en voie de pulvérisation". "C'est fini, poursuivait-il, le 20 décembre. L'autre gauche est aux pâquerettes."
La déception, pour ce partisan du non à la Constitution européenne, est réelle. Pendant des mois, il a participé à des meetings au côté des figures de la gauche antilibérale - Marie-George Buffet, Clémentine Autain, Yves Salesse et José Bové -, mû par l'espoir qu'il en sortirait une alternative au PS. Ses proches se sont investis dans les collectifs locaux. Au point de croire qu'un scénario "Linkspartei à la française" - du nom du parti que les anciens communistes allemands et quelques figures de l'aile gauche du Parti social-démocrate allemand tente de former - était possible.
Aujourd'hui, M. Mélenchon tire les conclusions de l'échec de cette aventure : la candidature socialiste, dit-il, est "la seule efficace pour atteindre le programme commun le plus élémentaire, être présent au deuxième tour et battre la droite".
Les 20 et 21 janvier, M. Mélenchon réunira les quelque 2 500 adhérents revendiqués de PRS pour tirer les conclusions : l'avenir se joue davantage à l'intérieur du PS qu'à l'extérieur. "Quelques-uns vont se mettre en retrait, mais je les connais : quand ça va chauffer (avec la droite) ils ne vont pas rester les bras ballants", dit-il au Monde.
Le virage sera peut-être difficile à négocier pour des militants qui ont "goûté à l'autonomie politique", selon l'expression de son ami François Delapierre. Y compris pour M. Mélenchon, qui redoute plus que tout que l'on parle de "ralliement" alors qu'il n'a cessé de s'opposer à la direction du PS à tous les congrès depuis 2002.
La presse, écrit-il le 21 décembre, "va révéler que je "rentre au bercail". En lisant cela le lecteur sera confirmé (...) qu'aucun homme politique n'a de suite dans les idées". Il rentre pourtant, mais sans rien négocier. "Nous ne sommes pas dans la situation d'un Montebourg ou d'un Chevènement, qui se rallient pour des places", assure M. Delapierre. "Je ne suis pas gêné, se défend M. Mélenchon, la gauche est en réinvention. Le problème est de savoir : qu'est-ce que la candidate va faire avec des gens comme moi ?"
Lui pardonnera-t-elle sa sortie sur la primaire qui ne devait pas "tourner au concours de beauté ?" "Une erreur", avait admis le sénateur. Sera-t-il compatible avec Mme Royal, lui l'admirateur du chef d'Etat vénézuélien Hugo Chavez, qu'il est allé soutenir début décembre ? Il fera campagne. A sa façon.
Des promesses, mais pas trop ! Ségolène Royal a refusé, vendredi à Poitiers, de s'engager fermement sur la réduction du nombre des SDF si elle est élue à l'Elysée. Elle se démarque ainsi de Nicolas Sarkozy, et de Lionel Jospin, qui, candidat en 2002, promettait qu'en 2007, il n'y aurait plus un seul SDF. «Je me garderai de faire ce type d'annonce. Le changement politique qu'attendent les Français, c'est de dire les choses quand elles sont faites», a assuré la candidate, en marge d'un déjeuner avec des associations caritatives de la Vienne.
Scepticisme. Lundi à Charleville-Mézières (Ardennes), dans son discours «à la France qui souffre», Nicolas Sarkozy avait affirmé vouloir que «d'ici à deux ans, plus personne ne soit obligé de dormir sur un trottoir et d'y mourir de froid». «Ces propos n'ont aucun sens !» réagit Julien Dray, porte-parole de Ségolène Royal. «C'est démagogique et on est bien placé pour le savoir, puisqu'on a fait la même promesse en 2002, avec le succès que l'on sait», ajoute-t-il. «Ségolène Royal est dans la politique de la preuve, indique François Rebsamen, directeur de campagne de la candidate. Les annonces de Sarkozy décrédibilisent la politique.»
Dès mardi, le centriste François Bayrou exprimait lui aussi son scepticisme à propos de l'annonce de Nicolas Sarkozy : «Le ministre de l'Intérieur est responsable de la rue, et je n'ai pas vu, depuis cinq ans, que des choses aient été faites.» Pour le président de l'UDF, «ce n'est pas tout d'offrir un foyer ou un refuge aux SDF, il faut aussi aller les chercher dans leurs blessures, dans leur perte d'estime et de confiance en eux» .
Psychodrame. Pour les socialistes, le sujet est chargé de mauvais souvenirs. En 2002, Lionel Jospin avait risqué un slogan du même acabit que la promesse de Nicolas Sarkozy : «Zéro SDF d'ici à 2007 !» avait-il promis lors de la présentation de son programme. Introduite au dernier moment dans son discours, sans concertation à l'intérieur du PS ou avec les associations de défense des SDF, l'annonce avait suscité une gêne profonde. D'autant que le mot d'ordre était la copie conforme d'un engagement de campagne de Tony Blair... alors que Jospin n'avait cessé, tout au long de son mandat à Matignon, de prendre ses distances avec le Premier ministre britannique. Les économistes avaient jugé cette promesse impossible à mettre en oeuvre ; les associations y avaient vu la négation des difficultés spécifiques de sans-abri : logement, mais aussi chômage, rupture avec la famille, problème de santé ou difficultés psychologiques lourdes.
A l'Atelier de campagne du candidat Jospin, l'affaire avait tourné au psychodrame : elle avait révélé les premières failles du dispositif de campagne du chef de file socialiste. Surtout, en donnant l'impression de se focaliser sur les plus défavorisés, exclus parmi les exclus, le candidat semblait vouloir masquer la faiblesse de ses propositions concernant les salariés modestes, ouvriers, employés. Le 21 avril avait confirmé cette intuition : dans l'isoloir, l'électorat populaire avait boudé très largement Lionel Jospin. De quoi inciter la candidate Ségolène Royal à manier ce type de promesses avec la plus grande prudence.
«Bobo». Avec le retour du froid, le problème des SDF s'est imposé comme un thème de campagne avec l'initiative de l'association les Enfants de Don Quichotte, qui a installé, le week-end dernier, plus d'une centaine de tentes pour les sans-abri sur les quais du canal Saint-Martin, à Paris. «On demande aux gens de venir camper avec les SDF pour exiger que ça change», affirme Augustin Legrand, l'animateur des Enfants de Don Quichotte. Les Verts soutiennent cette initiative, en plein coeur d'un quartier «bobo». Lundi soir, la nouvelle secrétaire nationale, Cécile Duflot, est ainsi venue passer la nuit aux côtés des SDF. La question des sans-abri préoccupe les Français, angoissés sur leur avenir. Un récent sondage (1) BVA pour l'association Emmaüs, paru dans l'Humanité et la Vie, indiquait que près d'un Français sur deux (48 %) croit même qu'il «pourrait devenir un jour sans-abri» .
(1) Sondage réalisé du 4 au 8 novembre, selon la méthode des quotas auprès de 1 008 personnes.
Eric AESCHIMANN, Jean-Dominique MERCHET / Libération
Coup de jeune sur les listes electorales A une semaine de la clôture des inscriptions, la tendance est à la hausse, grâce au travail de sensibilisation d'une myriade d'associations et au «paramètre» Sarkozy.
Annoncée, plus que réelle, à la fin de l'année 2005, après les trois semaines d'émeutes urbaines de l'automne, l'augmentation des inscriptions sur les listes électorales semble se dessiner cette année date de clôture, samedi 30 décembre. La vérification des listes et le calcul du ratio entre inscriptions et radiations sera achevée le 28 février, date à laquelle les compteurs seront précis. Mais, d'après les pointages effectués dans de nombreuses mairies, la tendance est à la hausse. Notamment chez les jeunes électeurs, «démarchés» depuis des semaines par une batterie d'associations particulièrement actives dans les quartiers populaires. «On sent une vraie envie de participer au débat, qui s'ajoute au tam-tam médiatique de la fin 2005. Clairement, les jeunes s'inscrivent davantage», note Manuel Valls, député-maire (PS) d'Evry (Essonne), commune qui devrait totaliser 25 000 électeurs inscrits, contre 22 000 l'an dernier. A Montreuil (Seine-Saint-Denis), 5 000 demandes d'inscription supplémentaires ont été enregistrées par rapport à décembre 2001, point de comparaison utile : un scrutin présidentiel se profilait, comme cette année, quatre mois plus tard. A Drancy (Seine-Saint-Denis), le maire (UDF) Jean-Christophe Lagarde a aussi relevé «un afflux dans les quinze premiers jours de décembre, pour moitié de jeunes et pour l'autre d'électeurs entre 40 et 55 ans».
«Contre Sarkozy». La catégorie des «jeunes» est extensible car, depuis une loi de 1997, les jeunes majeurs sont inscrits automatiquement par la mairie de leur commune, informée par les données recueillies par l'Insee lors des journées d'appel et de préparation à la défense. Les «jeunes» qui doivent s'inscrire volontairement sont donc ceux âgés de plus de 27 ans, qui n'ont pas été inscrits automatiquement. «Et souvent, a encore noté Jean-Christophe Lagarde, cette catégorie annonce qu'elle vient s'inscrire pour voter contre Sarkozy. Cela ressort de leurs conversations avec les agents de l'état civil.» Pierre Cardo, maire (UMP) de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines), qui constate une légère hausse des inscriptions, dont celles des 20-25 ans, par rapport à 2005 et 2001, partage cette analyse : «Les problèmes des banlieues et Sarkozy motivent ces initiatives. Je vois aussi venir s'inscrire des jeunes dont les parents ont obtenu la naturalisation. Devenir français donne une forte envie de participer au vote.»
Plus ou moins directement, le paramètre Sarkozy se retrouve dans la puissante campagne d'incitation menée par des associations, dont certaines nées après les émeutes de l'automne 2005. «AC le feu» à Clichy-sous-Bois, «Devoirs de mémoire», emmenée notamment par Joey Starr et Jamel Debbouze, déjà active fin 2005, «Votez Banlieues», une association d'étudiants de Sciences-Po, mais aussi «Citoyenneté et démocratie», «Banlieues respect», la liste est longue de ces collectifs emmenés plutôt par des jeunes, qui rappellent souvent que les formules «Kärcher» et «racailles» de Nicolas Sarkozy ont déclenché leur engagement, ainsi que le souvenir de la présence de Jean-Marie Le Pen au deuxième tour de la présidentielle de 2002.
Sévère. Certains réclament que l'inscription soit obligatoire, ce qui est déjà le cas d'après l'article L.9 du code électoral, qui n'est soutenu par aucune mesure coercitive. Sans cette automaticité, le nombre de non-inscrits (majoritaires dans les couches populaires et chez les jeunes) reste important, même s'il est flou. Les statistiques officielles évoquent 2 millions de Français sur les 45 millions de citoyens qui ne sont pas privés de leurs droits civiques. D'autres sources parlent de 5 millions de non-inscrits. En tout cas, si les jeunes semblent motivés par la politique, leur opinion reste sévère. Selon un récent sondage Ipsos (1), 79 % estiment que «les personnes élues pour représenter les Français ne sont pas à l'image de la société actuelle».
(1) Réalisé du 23 au 30 novembre auprès de 800 jeunes de 18 à 25 ans.
Il est dix heures du soir dans la salle municipale de Cendras, petite commune minière des environs d'Alès, dans le Gard. Après deux heures de discussion, l'heure est venue pour les trente militants du comité Désirs d'avenir du Grand Alès de boire un gobelet de vin en mangeant les tartes préparées par les militantes.
L'association Désirs d'avenir, présidée par Christophe Chantepy, a été créée au début de l'année pour soutenir la candidature à l'investiture de Ségolène Royal. Plus d'une centaine de comités existent aujourd'hui, parallèlement aux sections du Parti socialiste.
Un jeune retraité de l'enseignement, adhérent du Parti socialiste depuis le printemps, raconte avoir été "subjugué par Ségolène, mais surtout par l'ambiance qu'elle crée autour d'elle" quand il est allé l'écouter à Florac, en Lozère. Mais ce qui l'enchante le plus, ce sont les débats : "Au fond, peu importe que nos propositions servent ou pas. Ce qui compte, c'est que cela crée une dynamique très forte." Cet homme qui n'avait jamais adhéré à un parti réfléchit à haute voix : "Qui, à un quelconque moment, m'a donné l'occasion de parler ? De dire librement ce que je pense ? On me laisse la parole, on me demande même de la prendre. C'est peut-être une utopie, mais les utopies sont belles."
Le trésorier de la section locale et "prof du technique" renchérit : "Ségolène a tout bousculé. Elle a lancé des débats sur ce qui se disait dans les couloirs du parti et pas dans les réunions." Pendant deux heures, vingt hommes et dix femmes ont confronté leurs arguments. Certains se retrouvaient sur les positions du PS quand d'autres, en particulier les jeunes femmes, bousculaient les vieux schémas.
Dominique, "toute nouvelle directrice d'école" et adhérente de fraîche date, se disait choquée de "l'attachement des professeurs à leur statut". Valérie expliquait que "souvent les parents d'élèves sont hallucinés par ce que leur répondent les profs." Tous ont parlé des "questions de fond, à partir de ce qu'on vit, de ce qu'on voit", souligne Dominique. C'est ce qui frappe quand on parle avec les adhérents de Désirs d'avenir : le plaisir pris à parler librement en partant de sa propre histoire.
A Marseille, peu avant le sacre de Ségolène, se tient une grande assemblée des comités des Bouches-du-Rhône. Parmi la centaine de présents, une écrasante majorité est membre du PS. Pourtant cette assemblée ne ressemble pas à une fédération.
D'abord, on s'assied en rond dans la grande salle, et non face à une estrade où sont installés les élus. Nadia Brya, présidente du réseau dans le département, explique : "On fait très attention à ce genre de choses, afin que chacun se sente à égalité avec les autres." Les interventions ont été choisies "en fonction de la démarche singulière de chaque collectif, de chaque groupe ou de l'individu qui a réfléchi sur un sujet".
Une militante dit que, s'intéressant à la décentralisation, elle a relu l'ensemble des textes qui l'ont fondée et "redécouvert l'importance du tournant de 1982", lors des lois Defferre. Un autre, voulant montrer qu'il faut "repenser le local et les spécificités du territoire", raconte l'histoire d'"apprentis sorciers" qui ont tenté de dessaler l'étang de Berre en faisant rejeter par EDF de l'eau douce. Il conclut : "On sauvera l'étang de Berre car Ségolène Royal sera présidente de la République et qu'elle a sauvé le Marais poitevin." Rires, applaudissements. Le débat reprend, fidèle à l'idée que "l'expérience est une expertise".
A Marignane (Bouches-du-Rhône), l'animateur, Vincent Gomez, au PS depuis 1989, confirme : "Dans ces réunions, chacun a son mot à dire, parce que chacun peut échanger à partir de son terrain. Et puis il n'y a aucune gêne, on peut sortir des clous du programme."
Au comité de Montpellier, qui se réunit dans l'arrière-salle d'un bar, les militants ont décidé de discuter de "démocratie d'opinion, démocratie représentative et démocratie participative." Yvan Nosbé, un des animateurs du groupe, dix-sept ans de parti et jospiniste rallié à Mme Royal, argumente : "Il faut traiter de la méthode avant de parler du fond."
Dans la salle bondée, une trentaine d'hommes et une vingtaine de femmes écoutent attentivement deux professeurs d'université invités à cadrer les débats. Le premier évoque Benjamin Constant et sa distinction entre "le peuple en gros et le peuple en détail", le second décrit des expériences contemporaines de démocratie participative. Une forêt de doigts se lève, chacun veut parler. L'un de son expérience "lors de la consultation sur la ligne 2 du tramway" ; l'autre de "l'élaboration, par des gens qui ne savent ni lire ni écrire, des budgets participatifs"...
Deux heures plus tard, chacun a parlé, et les coordinateurs proposent de "faire remonter tout ça" sur le site de Désirs d'avenir. Car, comme après les autres réunions, il faut envoyer à "notre candidate ces réflexions, ces idées, ces propositions venues d'en bas", explique Mylène, trente ans de parti, "retraitée que les lois Raffarin ont remise au travail". Quand on lui demande en quoi ces assemblées diffèrent de celles du PS, alors qu'elles sont composées à peu près des mêmes gens, elle répond : "Ici il n'y a pas de hiérarchie, on a juste une équipe d'animation sans pouvoir. Rien ne vient d'en haut, sinon des demandes. Quand on est en section, on écoute le secrétaire, l'élu. Ici on s'écoute les uns les autres. C'est toute la différence."
Le socialiste Bernard Kouchner prêt à participer au gouvernement en cas de victoire de Nicolas Sarkozy
L'ancien ministre socialiste Bernard Kouchner, très critique à l'égard du Parti socialiste, se dit prêt à entrer dans "un gouvernement d'union nationale" en cas de victoire de Nicolas Sarkozy à la présidentielle.
"S'il y a un gouvernement d'union nationale, dépassant les clivages habituels, s'il y a une vraie 'équipe de France', oui", répond l'ancien ministre, interrogé, dans un entretien publié vendredi par "Le Parisien/Aujourd'hui en France", sur son éventuelle participation à un gouvernement présidé par Nicolas Sarkozy après la présidentielle.
"Il faut passer un cap difficile de cinq à dix ans, pour que notre pays retrouve son rang", explique-t-il.
Bernard Kouchner, qui a un temps affirmé qu'il serait candidat à la présidentielle, est particulièrement critique à l'égard de la campagne menée par les socialistes. Selon lui, il y a "de bonnes idées et beaucoup d'archaïsmes" dans le projet socialiste et il faudrait "ne plus mentir à ceux qui souffrent".
"Cela étant, je suis inscrit au PS, fidèle à ce parti", ajoute-t-il. AP
Ex-Officier de police : J'ai fait 20 ans dans la police, dans la police judiciaire, et à la fin de ces dernières années, j'étais syndicaliste. Et ce syndicat a explosé. J'ai été attendu à la sortie, de la manière qu'on peut supposer, et j'ai été déplacé, sanctionné de manière déguisée, et j'ai passé un petit moment d'enfer. Donc j'ai décidé de quitter la police, je suis aujourd'hui enseignant. Une des choses que je dénonçais déjà quand j'étais au syndicat et qui m'a d'ailleurs coûté assez cher, c'est la politique du chiffre et la manipulation de l'opinion concernant la délinquance. On a l'impression qu'on vit dans un état de guerre. J'ai pratiqué 20 ans dans la PJ, il y a des problèmes effectivement dans la société, comme il y en a dans toutes les sociétés, mais ce qui est le plus révoltant c'est l'instrumentalisation de la police qui n'est pas considérée comme un service public par ceux qui la dirigent, mais plutôt comme un instrument de pouvoir. Et la manipulation de l'opinion et des statistiques puisqu'il s'agit de deux choses en relation, ne me paraît pas normal dans la transparence que devrait requérir une démocratie pour que le citoyen soit normalement informé de ce qui se passe. Les chiffres ne représentent rien. On n'est pas plus en sécurité maintenant qu'avant, on fait simplement... on produit... on fabrique du chiffre, à partir d'éléments très artificiels. Les policiers ne peuvent pas parler, et c'est un très gros problème. Et les gens de l'extérieur sont disqualifiés, discrédités. On ne les croit pas, ils sont traités de droits de l'hommistes, on dit qu'ils agissent pour des raisons idéologiques. Alors moi, je tiens à dire que je roule pour personne, ni un parti politique, je ne suis plus délégué d'aucun syndicat, et je tiens à parler parce que les problèmes récents qui ont touchés la police à la fois dans la personne de certains de ses membres et les problèmes qui sont crées à une partie de la population, m'amène à parler, à témoigner de la manière dont on peut percevoir les choses. Voilà.
Partie 2 :
Récupération des statistiques
Question : Comment fonctionnent les statistiques de la délinquance ?
Ex-Officier de police : On chiffre selon un ratio. C'est un ratio d'affaires constatées et d'affaires élucidées, c'est une question de pourcentage. Si vous avez par exemple une infraction très grave - et ça il y en a, il est pas question de le nier, il y en a toujours eu, il y a des infractions financières de haut vol, il y a des bandes organisées – ça n'intéresse pas tellement. De temps en temps, faire une affaire pour la galerie, c'est un peu la vitrine, le paravent, mais globalement ce n'est pas ce qui est recherché. Ce n'est pas l'élucidation de ce genre de délits qui est recherché c'est d'arriver à produire des statistiques. Il faut savoir qu'un escroc, dans la tripartition pénale, c'est un délinquant, au sens strict du terme, c'est-à-dire qu'il a commis un délit. C'est très très long à débusquer, à dénicher, à interpeller. Ça demande du personnel qualifié, ça demande de l'investissement. Mais en terme de statistiques, ça ne rapportera qu'une garde à vue s'il y a un interpellé et le nombre de faits commis sera disproportionné une fois qu'on aura remonté l'affaire.
Question : Quels sont alors les délits « rentables » ?
Ex-Officier de police : Les délits qui sont rentables au sens statistique du terme, ce sont les tous petits délits et surtout les délits – je dirais presque – « crées ». Alors viennent les infractions à la législation sur les stupéfiants. Je parle de l'usage, pas des gros trafics, qui de toute façon débordent largement nos frontières. La police fait de temps en temps des grosses affaires mais ce qui alimente le plus les statistiques, qui est le plus rentable, le plus intéressant, c'est ce genre d'infractions. C'est-à-dire : on constate un fait, on interpelle un individu, et on le met en garde à vue : fait constaté, fait élucidé, interpellation, un ratio parfait. Éventuellement une garde à vue, si l'officier de police judiciaire accepte de mettre en garde à vue, ce qu'il fait maintenant sous la pression. Avant, on faisait des mains courantes pour ça ou des procédures avec mise en liberté immédiate, maintenant non, il faut que ce soit la statistique parfaite. Il y a l'étranger, je dis bien le « sans-papier », ce qu'on appelle l'ILE, infraction à la législation sur les étrangers, dans le jargon policier. Les ILE, il est recommandé d'en faire beaucoup, même si on sait qu'ils sont pas expulsables et qu'ils ne seront pas expulsés, parce qu'ils sont chez eux. Mais une loi leur permet de rester – j'en parlais récemment dans une réunion publique – une loi leur permet de rester et une autre loi refuse de leur donner des papiers. Donc, ils resteront pour diverses raisons : le droit du sol, les enfants etc. mais il est quand même conseillé d'en faire un maximum parce que c'est très intéressant. Parce qu'on constate le fait, on interpelle en même temps, et puis il y a une garde à vue à la clé. Et éventuellement un arrêté d'expulsion qui est notifié qui dans la plupart des cas ne pourra pas être effectif parce que la personne aura disparu, ils ne sont quand même pas tous mis en rétention, ou alors on s'aperçoit qu'il était pas expulsable, ou alors qu'il n'était pas irrégulier... mais c'est toujours très bon. Et il y a un autre avantage, c'est qu'on peut interpeller la même personne plusieurs fois dans le mois, ça c'est très intéressant, c'est juteux pour les chiffres. Il y a aussi l'outrage/rébellion, qui augmente en permanence. Alors là, on est dans quelque chose qui est exorbitant du point de vue du droit public puisque c'est l'agent constatateur qui est en même temps la victime, donc on ne peut rien faire contre un outrage/rébellion. C'est, dans l'ordre : un fait constaté, un fait élucidé et un interpellé, éventuellement une garde à vue, et très souvent même une condamnation au moins financière. En attendant, on a fait du chiffre, du crâne, dans le jargon. « Faut faire du crâne », c'est comme ça qu'on dit dans la police, ou « du bâton », parce que ça fait des petits bâtons les statistiques.
Question : Pourquoi la « politique du chiffre » revient-elle en force ?
Ex-officier de police : La politique du chiffre ça a toujours été une tentation parce que c'est très difficile de juger l'action qualitative de la police. A la limite s'il n'y a pas de délinquance du tout, que la police est présente et qu'elle a de très bons contacts avec la population c'est quelque chose de très bien mais comment on va le calculer ça ? Alors que le résultat chiffré de tel service des BACS, ça c'est quelque chose de tangible, du moins en théorie parce qu'en fait on s'aperçoit à l'usage qu'il y a un traficotage qui n'apporte rien du tout à la population en plus il y a tout un discours qui est faussé derrière : « On a constaté quatre millions de délits, donc il y a quatre millions de victimes », j'ai entendu le ministre dire ça, c'est faux, c'est archi-faux. Quand on interpelle quatre ou cinq fois le même clandestin ou le même sans-papier - puisque je fais une différence - il n'y a pas autant de victimes derrière, ce n'est pas vrai. C'est pareil pour le fumeur de shit, c'est pareil pour outrage/rébellion...
Question : Pourquoi privilégier certains délits à d'autres ?
Ex-officier de police : L'ILE, l'infraction à la législation sur les étrangers, on s'aperçoit que ça revient d'un seul coup à la mode, d'un seul coup, comme ça. Alors qu'on sait très bien qu'on ne pourra pas changer les lois existantes, on ne peut pas, pas d'un seul coup comme ça. On ne peut pas renvoyer comme ça les gens par avions, il y a plein de gardes-fous. Il y a des règles de droit, il y des règles humaines. Comme je l'expliquais il y a des gens sans-papiers qui ne sont pas clandestins. Il y a une grosse nuance entre le clandestin et le sans-papier. Le sans-papier peut avoir des gosses, mais le système administratif fait qu'on ne lui donne rien, il n'a pas le droit d'exercer un travail puisqu'il n'a pas ses papiers mais on ne l'expulsera pas : ses enfants on le droit du sol et lui a le droit de rester avec ses enfants. C'est les lois Giscard, elles ne datent pas d'aujourd'hui, mais ça n'empêche pas que maintenant on dit : « Il va falloir taper là-dessus, c'est ce qui gêne les français ». Il y a eu ça, il y a eu la drogue... Il y a des modes, vous remarquerez qu'il y a des modes, il y a des périodes comme ça. Il y a eu les Roumains, il n'y a pas longtemps, parmi les étrangers c'était les Roumains, on s'est mis à ne parler que des Roumains pendant un instant. En fait, c'est des effets d'annonce, des coups d'épée dans l'eau. Ça ne sert strictement à rien, ce sont des politiques inhumaines, elles détournent la police de ce qui devrait être son vrai travail qui est un service public, on finit par l'oublier.
Question : Quelles sont les conséquences sociales de cette politique ?
Ex-officier de police : Dans les endroits où il ne passe pas grand chose, parce que finalement Paris malgré la propagande c'est quand même une ville relativement calme même par rapport à des tas d'autres capitales européennes - puisqu'on se compare toujours aux autres, c'est à la mode - on est quand même relativement tranquille. Donc c'est pas tellement là qu'il y aura des problèmes. (Note : Cette interview a été réalisée le 27 octobre 2005, avant les explosions de violence dans les banlieues) Mais dans certains endroits qui étaient déjà catalogués comme « sensibles », où les gens savent qu'ils sont catalogués « sensibles », en plus ils sont déjà étiquetés, il suffit de passer le périphérique il n'y a pas besoin d'aller très loin, je crois que là, ça crée des tensions supplémentaires, peut-être même dans certains quartiers de Paris, il y a certains îlots où ça se passe plus ou moins bien, là ça crée des tensions, c'est sûr. Le policier on sait qu'il n'est là que pour chasser.
Question : A qui profite vraiment cette politique ?
Ex-officier de police : Je pense, ça c'est une opinion qui m'est personnelle, qu'il y a de gros problèmes sociaux, on a besoin d'un ennemi comme dans toutes les sociétés, il n'y a pas de guerre, là on a trouvé un ennemi de l'intérieur, le vilain, le méchant. Alors le problème c'est que les vrais délits, les vrais crimes, on ne peut pas en claquant des doigts augmenter d'un seul coup le taux d'élucidation, alors on crée ce sentiment, cette panique qui consiste à dire : « Vous vivez au Bronx, tous, votre vie est en permanence en danger, on va vous dépouiller, vous égorger... » Et donc, on met du bleu partout. Et pour justifier qu'il y a des hommes providentiels, des gouvernements providentiels, on interpelle. Ça rassure les gens et les esprits sont quand même bien préparés je trouve. Parce que je crois que quand je suis rentré dans la police c'était l'excès inverse, on ne pouvait pratiquement rien faire, même dans les cas très difficiles. Maintenant les gens sont près, à ma grande surprise, à accepter d'être fouillés, à être contrôlés, à mettre leurs mains partout, (allusion aux prises d'empreintes ADN) à être photographiés. Je suis assez scandalisé, entre le pas assez et le trop... là je crois qu'on est vraiment dans le trop, parce qu'avec les moyens actuels on ne pourra peut-être plus revenir en arrière, sur les fichages, l'atteinte aux libertés. Maintenant pour un vol à l'étalage on se retrouve avec un prélèvement ADN si on a été condamné. Tout individu condamné même pour quelque chose de minime, même une amende correctionnelle de principe, il a un casier et il est prélevé ADN, c'est une flétrissure.
Partie 3 : Mise au pas
Plusieurs lois vont modifier profondément le fonctionnement de la police. En 1995, notamment, une loi prévoit la fusion des corps entre gardiens de la paix et officiers de police judiciaire... Ce changement de statut va avoir de nombreuses répercussions... Ex-officier de police : A la permanence de nuit, puisque j'ai travaillé trois ans sur un secteur à la nuit, on nous ramenait un délit supposé des fois, une tentative, on renvoyait les gardiens de la paix avec une annotation du rapport, et on faisait une main courante en mettant que le délit n'était pas spécialement établi ou que l'interpellation était peut-être douteuse, ou que le motif du contrôle n'était pas bon. L'officier de police judiciaire était une garantie parce que c'était presque une administration opposée. Je schématise mais c'était presque ça : la police judiciaire et de l'autre côté la police en tenue. Alors c'est vrai que c'était pas très souple, il y avait des guéguerres internes mais ça faisait une sorte de séparation des pouvoirs. Et quand il y a eu cette fusion (1995 : Loi d'orientation et de programmation sur la sécurité) d'un seul coup se sont retrouvés sous la même autorité les officiers de police judiciaire et les gardiens de la paix qui ramènent les affaires et maintenant si on ne « prend pas » il faut s'expliquer : pourquoi on n'a pas « pris » l'affaire ? Et l'idée qui court, c'est que si un officier de police judiciaire ne « prend pas » c'est qu'il ne veut pas travailler, on ne conçoit plus qu'il ne « prenne pas ». Et la deuxième chose rendue possible par cette réforme, ça a été l'accès à la qualité d'OPJ (Officier de Police Judiciaire) par les gardiens de la paix. Normalement l'OPJ, sa casquette c'est le magistrat et en tant qu'inspecteur ou officier il était sous tutelle administrative, en fait une double casquette. Mais après la fusion des corps, les gardiens de la paix ont eu progressivement accès à la qualité d'OPJ, il y avait une raison économique, ça coûtait moins cher, plus on transfère vers le bas, moins ça coûte cher, mais en même temps ça a permis d'écraser un peu plus l'autorité judiciaire sous la coup de l'autorité administrative. Un gardien de la paix obéira plus à son chef qu'à la loi, pour résumer.
Question : Qu'est-ce qui a changé pour les différents services ?
Ex-officier de police : Le service PJ de la préfecture de Police qui touchait au travail clandestin a disparu (...). Les services qui s'occupent des escroqueries et des infractions financières ont diminués ou n'ont pas augmenté, ce qui revient à une diminution parce que les infractions sont de plus en plus complexes maintenant avec les systèmes informatiques de transit de l'argent, les moyens technologiques de fraude, mais ça, ça n'intéresse pas.
Question : Quels sont les « services porteurs » ?
Ex-officier de police : Dans une école de police il faut aller en BAC. Celui qui ne dit pas qu'il veut aller en BAC il passe déjà pour un démotivé, il sortira de l'école mal placé. J'allais souvent à l'ENPP de Vincennes qui forme les futurs gardiens, le rêve c'est d'aller en BAC, déjà pour la tenue et puis pour éviter certaines contraintes. En BAC, dans leur jargon, ils disent : « Nous, on est des chasseurs, on n'est pas comme les autres, les autres c'est des soldats ». Avant il y avait une BAC ou deux, une BAC c'était exceptionnel. Maintenant il y a : la BAC Civile, la BAC de nuit, la BAC 75 qui couvre tout Paris, les BACs d'arrondissement, une BAC dans le Métro, Bac jour, BAC nuit, il y a des BACs partout. Et je peux dire en toute franchise que pendant trois années ou j'étais à la permanence de nuit à l'époque où il y avait encore la division police judiciaire et sécurité publique, je n'ai jamais vu les BACs ramener des crimes. Brigade Anti-Criminalité ça devrait être pour ramener des crimes, non, ils ramènent des délits au mieux, voir des contraventions. Quand ils sont en manque de crânes en fin de nuit, ils ramassent des contraventions. Moi j'ai vu des choses qui m'ont révolté : des BACs qui ramènent des vendeurs de poulbots ou de gri-gris à la sauvette. Alors ça ne sert à rien d'être BAC, d'être armé comme un playmobil pour ramener des vendeurs à la sauvette, c'est même l'argent du contribuable qui part en fumée. Il y a toute une nouvelle manière de concevoir le métier qui a été mise en place. Je pense qu'on est passé à autre chose, à une autre conception de la police. Déjà il y a les médias au sens large, qui donnent une image du policier qui se balade en gilet pare-balle avec une mitrailleuse tout le temps, le recrutement qui a changé. La police, il y a vingt ou trente ans, il y avait beaucoup de gens qui avaient fait autre chose qui venaient du monde du travail, maintenant c'est le concours externe qui prime, il y a beaucoup de jeunes qui sortent des lycées ou des facultés, même pour les gardiens de la paix, donc c'est leur premier boulot. Ils ont une image de la police qui est celle-là. Avant c'était plus peut-être pour gagner sa vie. Moi, j'ai connu des vieux gardiens, ils avaient été à l'usine, ils avaient été carreleurs, ils se sentaient encore en rapport avec le monde du travail. Maintenant, une fois qu'ils ont passé l'habit de lumière, certains, j'ai l'impression qu'ils ne sentent plus qu'ils sont dans la population. Certains, pas tous, là aussi je me garde de généraliser. Il y a une part de ce sentiment peut-être, on ne s'intéresse plus, on n'est plus dans la population, la population c'est autre chose. Alors qu'un policier c'est quand même avant tout un citoyen, c'est un homme, un père de famille, en dernier il est policier comme on est dans n'importe quel métier. Et là, on a l'impression des fois que ça prend le pas.
Question : La création de la Police Urbaine de Proximité a-t-elle apporté quelque chose ?
Ex-officier de police : Ça a été quelque chose qui a été détourné de son but et qui a été mal pensé, qui a été fait trop vite. Ils n'ont pas pensé aux conséquences qu'aurait l'unification des corps par exemple. Il y avait aussi des mesures économiques : il s'agissait de réduire les effectifs et ça a été fait. Parce que les effectifs ne sont pas en constante augmentation, c'est faux. Il y a eu les ADS, les vacataires et surtout on a pyramidé vers le bas, c'est-à-dire que l'encadrement s'est restreint. Il y a très peu de commissaires, de moins en moins d'officiers et il y a une très grosse base. Ça a permis de transférer les charges comme ça vers le bas, à effectif constant on arrive à dépenser moins et la PUP c'était aussi un de ces objectifs-là. Il y a pas mal de choses qu'on pourrait dire qui sortiraient du sujet mais qui permettent de comprendre comment on arrive à faire fonctionner un système en tenant les personnels. Les personnels sont tenus et je crois que c'est un des problèmes de base de la police, c'est d'être sorti du droit commun de la Fonction Publique. Je crois que c'est un des noeuds du problème, c'est essentiel. Il est plus dangereux à l'heure actuelle de désobéir à son chef qu'à la loi. Il vaut mieux faire une garde à vue illégale, que ne pas la faire alors que le chef a demandé des chiffres. Ça, c'est une certitude, et j'en ai des échos quasi quotidiens par des policiers que je continue à fréquenter. Ce n'est pas parce que j'ai quitté la Maison que je rejette tout le monde, je rejette le système qui à mon avis est en train de se pervertir comme il ne l'a jamais été, du moins à ma connaissance.
Partie 4 : Et la justice ?
Question : Quelle est l'action des politiques ?
Ex-officier de police : Il y a un effet de surenchère permanente, de langage de guerre, de reconquête, ce sont des mots qu'on entend : « pacification », « reconquête », « nettoyage », donc on est dans un langage d'occupation, de guerre, en permanence. Il y a toute une terminologie que je n'ai jamais entendue avant qu'on entend depuis quelques années. Maintenant, ils disent les crapauds quand ils parlent des interpellés, même dans les écoles de police : « Quand vous interpellez un crapaud, quand vous demandez les papiers au crapaud... » Alors là, les bras m'en tombent. Avant il y avait un argot policier qui était différent mais pas ce genre de terme : « crapaud », avec toute une image qui est derrière. « Crapaud » c'est le jeune, pas forcément bien conforme... Alors effectivement ils ne le sont pas tous, mais pour survolter des pans entiers de population il n'y a pas mieux que ce genre de terminologie. Je crois qu'on est dans une politique de maintien de l'ordre permanent, de régulation sociale par la police.
Question : Alors qu'il n'y a pas de désordre permanent...
Ex-officier de police : Non, on n'est pas en guerre. Il y a des problèmes mais il y en a dans tous les pays. Non, on ne vit pas à Disneyland, il y a des délits, mais ça ne devrait pas être traité comme ça. Il y a plein de faits qui viennent converger comme ça vers une politique qui place la sécurité, ou la pseudo-sécurité, au centre des choses. Moi je dis la « pseudo-sécurité » parce que si on est victime d'une infraction très grave, ça peut arriver à n'importe qui comme c'est toujours arrivé, je ne sais pas si le service sera mieux rendu qu'avant, je n'en suis pas du tout persuadé, parce que les services d'investigation ne sont pas plus forts qu'avant, même plutôt moins. Par contre, on a plus de chances de se faire interpeller pour une broutille, ça c'est une certitude.
Question : Quels nouveaux pouvoirs vont être donnés à la police ?
Ex-officier de police : On va passer à des possibilités de fouille et de perquisition qui sont plus grandes, des gardes à vue de six jours, pour le terrorisme on dira, oui, mais qu'est-ce qui dit qu'on n'accuse pas les gens de terrorisme pour avoir droit à des gardes à vue de six jours... et tout ça va être hors contrôle des juges alors que la magistrature a quand même un rôle d'équilibre. Entre eux ils ont déjà des contre-pouvoirs : la parquet, l'instruction, le siège - en théorie du moins parce que là aussi le ministre les a bien repris en main - mais toujours est-il qu'ils vont avoir de moins en moins de contrôle sur les services d'investigation, les services de police qui sont eux-mêmes poussés par leurs propres chefs : les commissaires, c'est eux qu'on retrouve dans les cabinets, et eux ils veulent supplanter le procureur, voir le juge d'instruction. L'autre jour, on m'a parlé d'un chef de service que je connais un peu et il a dit : « Les magistrats ils refusent de prendre nos interpellés, c'est de l'idéologie ». Non, ce n'est pas de l'idéologie, les affaires sont bâclées, c'est de la politique du chiffre, on interpelle à tout va. C'est la différence entre la pêche au chalut qui arrache les fonds et qui ne fait rien de bon, et la pêche à la ligne bien calculée, c'est n'importe quoi. On n'est pas à l'abri ici d'avoir une descente, on ramène quarante personnes et puis sur le tas, on essaie d' « habiller » comme on dit dans le jargon, d'en « habiller » quatre ou cinq et hop ! ça fera quatre ou cinq gardes à vue, alors qu'il n'y a rien au départ. On n'est pas à l'abri de ce genre de chose maintenant, parce qu'il faut faire du chiffre. Et donc les magistrats avec la masse qui leur arrive, il faudra traiter : faut faire, il faut traiter. Ça n'est plus conçu comme une séparation des pouvoirs mais comme une division du travail, et c'est là que ça devient dangereux, sur le plan philosophique et de la sécurité et de la justice.
Question : Les magistrats subissent-ils des pressions dans ce sens ?
Ex-officier de police : A partir du moment où le ministre de l'Intérieur est tout-puissant, il n'a pas une autorité officielle et directe sur la Chancellerie, mais dans la pratique on a bien vu de quoi il retournait. Le ministre de l'Intérieur impulse la politique pénale en France, c'est une évidence. Il se prononce sur les cas des magistrats « défaillants » comme il dit, « fautifs », il réclame des sanctions. Moi je pense qu'il a un grand pied dans la Chancellerie déjà. Et il ne se fait pas tellement refouler par ses collègues. Parce que je pense que c'est une aubaine pour un gouvernement qui est confronté à autant de difficultés sociales. C'est très bien de focaliser les gens sur ce problème : l'Ennemi de l'intérieur. C'est une aubaine cette histoire de sécurité et les pressions évidemment sont politiques. Déjà, les procureurs n'ont pas l'indépendance des autres. Le procureur représente l'État, donc il représente le gouvernement qui lui même est aux commandes dans l'État. Donc, à partir de là, ils sont déjà bien plus ficelés. Puis les juges d'instruction sont tout de suite pointés du doigt quand ils ne vont pas dans le sens voulu. Maintenant, le ministre de l'Intérieur condamne directement, il dit : « Dans telle affaire, il est inadmissible que... », donc il se met à la place du juge d'instruction, il commente et même des ministres qui n'étaient pas des tendres ont été très largement... J'ai souvenir de déclarations de Poniatowski qui avaient fait scandale bien avant que je sois dans la police, parce que justement il s'était lancé dans des diatribes contre des magistrats et puis il avait réclamé une peine de mort à l'époque, je crois, alors on avait dit qu'il sortait de son rôle, ça avait quand même fait scandale à l'époque. Maintenant, je ne vois pas tellement la presse s'inquiéter de l'ingérence permanente de Sarkozy dans la Justice. Je trouve ça assez scandaleux.
Question : Et concernant des problèmes plus larges comme le fichage génétique.
Ex-officier de police : Au début c'était les délits sexuels, ça passait assez bien dans la population, parce qu'il y a eu des viols suivis de meurtre alors ça passait assez bien. On va garder ça pour l'exception, c'est ce qui a été annoncé. Et puis après, en catimini, ça a été étendu à toutes les condamnations même pour des délits mineurs : le port d'arme, genre opinel pas la kalachnikov, l'exhibition etc. Et on retrouve ces gens-là, ils sont convoqués avec impossibilité de s'y soustraire, parce que s'ils ne viennent pas ils risquent en plus une sanction pénale, le parquet est avisé, il y a un texte de loi là-dessus que je n'ai plus en tête... j'en ai traité quelques uns de ces dossiers. Ce qu'il y a c'est que c'est un fichage étendu à des délits tout à fait mineurs qui autrefois n'aurait pas eu lieu d'être et qui n'était pas prévu dans la loi initiale. Mais, comme je disais, on glisse vers toujours un peu plus de sévérité. Il y a une idéologie de la sévérité, il y a un aspect moral, transcendant derrière : il faut punir, il faut être sévère, les gens sont responsables de leurs actes, c'est presque... on vit dans une société laïque mais on a l'impression qu'il y a une sorte d'idéologie du châtiment, de la punition, de la rétribution, c'est quelque chose d'un peu gênant comme ça.
Partie 5 : Une omerta ?
Question : Y a-t-il des déçus dans la police ?
Ex-officier de police : Il y a quand même des déceptions mais toute tentative de dire la vérité est mise hors-la-loi. Même si on a raison, on est rejeté parce qu'on vient déranger un ordre établi, c'est comme ça. Il y a plusieurs cas. Je suis un de ceux qui s'en est le mieux sorti parce que j'ai réussi à sortir de là, mais il y a le cas d'Éric Blondin qui a dénoncé des violences. Et les violences elles sont liées à quoi ? Ce n'est pas parce que les policiers ont un chromosome qui les rend plus violents que les autres, c'est pas tellement ça. Je crois que la politique du chiffre, la multiplication des contrôles destinés à trouver des affaires bidons surexcite tout le monde, et tôt ou tard, sur la quantité, il y a beaucoup plus de risques de dérapage. En fait, on ne peut pas isoler les problèmes : politique tout court, politique du chiffre, dérapages qui s'ensuivent, répression interne à la police - ce que j'expliquais encore récemment à une réunion publique - qui empêche les policiers de s'exprimer et qui leur mène une vie d'enfer. On a vu l'affaire récente - qui en fait n'est pas unique, elle est sortie celle-là je ne sais pas pourquoi - c'est l'affaire Roland Gatti, ce policier de cinquante-deux ans, qui n'a rien à gagner ni à perdre, un simple délégué syndical dans sa région, pas un ponte du syndicalisme, et qui sur un mouvement humain de révolte sur les expulsions a voulu parler. Et il a été rejeté, les autres syndicats ne l'ont pas défendu ou l'ont fait très mollement. Il disait qu'il était inadmissible de « faire les fonds de tiroirs », d'aller « faire des familles entières pour faire du chiffre », qui sont expulsables ou qui ne le sont pas mais qu'on maintient dans des conditions terribles simplement pour alimenter les statistiques. Et donc c'est une affaire qui a fait pas mal de bruit puisque la presse nationale s'en est faite l'écho, et là il y a un petit mouvement de soutien qui s'est crée auquel je participe par le biais de Sud Intérieur qui m'a demandé de l'aider le cas échéant devant un tribunal administratif. Comme je ne suis plus dans la police, j'ai quand même une petite marge supplémentaire pour participer en tant que citoyen et dire des choses pour lesquelles j'ai été durement réprimé dans les trois dernières années. Puisque j'ai moi-même été privé d'avancement, déplacé à mon retour de syndicat, rétrogradé dans ma notation et mis dans un placard... déplacé et au sein de mon nouveau service mis dans un placard, et à la demande d'autres syndicats en plus qui estimaient que j'étais dangereux, moi, sale gauchiste, que je risquais de leur bloquer les avancements, donc ils ont négocié ma tête avec le chef de service. Il y a une chaleureuse ambiance et ça, c'est une réalité. Gatti, tout le monde lui tourne le dos, il paraît qu'il serait à moitié en dépression. Éric Blondin qui est assez connu, qui est d'ailleurs cité par Sud Intérieur et repris par Sud Éducation, cite plusieurs cas de policiers comme ça, et il est actuellement en position de harcèlement terrible, il est arrêté. Et ça, c'est un problème qui permet à l'administration d'empêcher la diffusion de l'information. Plus la répression anti-policier de l'intérieur est dure, plus il y a d'omerta, plus l'État est fort, parce qu'il peut discréditer, il peut dire : « Vous voyez, de l'intérieur, il ne se passe rien. » Personne ne va contester.
Question : Quels sont les moyens de pression ?
Ex-officier de police : Si la hiérarchie dit : il faut faire de la garde à vue, on fait de la garde à vue. Et même ceux qui ont raison, on leur reproche en fin d'année... on ne peut pas prendre tout de suite les officiers ou gardiens qui refusent – j'en connais, il y en a beaucoup plus qu'on ne croit – on ne peut pas les prendre tout de suite comme ça et les sanctionner, ce n'est pas possible directement, juridiquement, mais sur la notation, on marque qu'ils n'ont pas la « culture du résultat ». Un fonctionnaire de police vient de me montrer sa feuille de note récemment : « Doit faire sienne la culture du résultat », donc baisse d'un point et les conséquences très lourdes que ça a, puisque après c'est la non-proposition à l'avancement, c'est beaucoup de choses... Donc l'administration d'une part sanctionne, d'autre part, elle évite que les gens qui ne rentrent pas dans le système accèdent à des grades de décision même minimes, même chefs d'une unité ou d'un secteur, parce que d'un seul coup les statistiques s'en ressentiraient, ce n'est pas bon pour la carrière de ceux qui sont encore plus haut. Parce que chacun à son niveau est pendu au niveau carrière, au niveau mutation, parce que la police est sortie - c'est tout le noeud du problème - et sort de plus en plus du cadre de la Fonction Publique. C'est très très perceptible, sur deux décennies j'ai eu le temps de le voir. Le problème, c'est qu'avant il y avait des gardes-fous, on pouvait tenir, il avait des garanties. Tel flic ne plaît pas, il s'oppose, mais statutairement on ne peut pas le toucher, un peu comme un prof maintenant, peut-être plus pour longtemps. Après, avec l'abandon de ces garanties, on est une victime livrée en pâture. Un des collègue de Sud a été très emmerdé, il est passé par un tribunal administratif pour être nommé en grade, il y a eu des collègues très... d'ailleurs ils ont fait sortir un article sur internet intitulé : « Sans casque, ni bouclier, la répression... ». Et il cite trois cas dont le mien, Éric Blondin et un autre qui est à Sud et qui avait refusé de faire chauffeur d'une préfète (NB : Il s'agissait en fait de convoyer le fils d'une préfète). Son statut ne l'a pas protégé, il a été tout de suite mal vu. Il a dit : « C'est pas normal que les gens se fasse convoyer comme des seigneurs avec l'argent public, moi je refuse ». Et son statut ne l'a pas protégé. On l'a déplacé, on l'a mis dans un service bidon etc. Lui, c'est un chef de garage, donc il fait partie du personnel technique, mais ça fait partie de la même... Et Éric Blondin il dira la même chose que moi, il a dit : « Moi, ça ne m'empêche pas de croire à mon boulot mais en même temps de dénoncer quand il est mal fait ». Et il a effectivement dénoncé deux collègues. Enfin, il a dénoncé des faits, même pas des collègues : « Voilà il s'est passé ci et ça, des violences... ». Il a été mis à l'écart, les collègues ont été dressés contre lui. A une époque, on avait quand même des garanties, sauf une bêtise dûment constatée on avait quand même droit à une carrière, maintenant c'est fini, tout est dans les mains du chef et quand le chef n'est pas content, le subordonné n'a droit à rien. Il faut voir que dans la pyramide, il y a : le gardien de la paix, le brigadier, le brigadier-chef, le major, le lieutenant, le capitaine, le commandant, ensuite il y a les commissaires, ça va jusqu'à contrôleurs généraux, inspecteurs généraux. Il y a une pyramide énorme, donc c'est un système très très paralysant.
Pour tenir son objectif de 24000 migrants renvoyés en 2006, le ministre de l'Intérieur intensifie les opérations, au risque de multiplier les couacs
Pour les expulsions, pas de trêve de Noël : Nicolas Sarkozy table sur 24000 reconduites à la frontière en 2006 pour la seule métropole. Il l'a redit le 11 décembre, au cours de sa conférence de presse sur l'immigration. "Les reconduites de migrants en situation illégale ont doublé en trois ans, passant de 10 000 en 2002 à 20 000 en 2005." Appliquée aux expulsions, sa "culture du résultat" s'est traduite ces derniers mois par une accélération des reconduites, constate un responsable d'association de sans-papiers : "Il y a notamment une multiplication des contrôles sur les lieux de travail que sont les restaurants et les chantiers."
Sensible
A Marseille, une intervenante de la Cimade, service d'entraide aux étrangers, a noté, ces deux derniers mois, une augmentation sensible des expulsions. Le centre de rétention où elle intervient a doublé ses capacités d'accueil : "On est passé de 60 en juin à plus de 100 ce mois-ci. Il y a de plus en plus de familles ou de pères séparés de leurs enfants."
Pour faire du chiffre, les services de police ciblent en priorité les Roumains, les plus aisément reconductibles : "Ce sont les plus faciles à renvoyer, explique en policier. Comme ils sont fauchés, on les arrête pour défaut de subsistance. On n'a pas de problème d'identité non plus, car ils conservent sur eux leur passeport, qui leur suffit pour venir en France depuis que la Roumanie n'est plus soumise à visa. En six jours, ils sont expulsés." "On les expulse, mais ils reviennent le surlendemain en France", nuance un humanitaire. Les rafles de Roumains se sont multipliées sur la voie publique, les chantiers et les campements de fortune. Le "vol groupé", communément appelé charter, est devenu le moyen de transport privilégié de la politique de Sarkozy. Pas moins de 18 vols avec des expulsés roumains ont été recensés par la Cimade depuis le 18 janvier dans une "liste non exhaustive". Fier de ses charters : le ministère de l'Intérieur les recense sur son site, à la rubrique "Communiqués et actualités" : "32 Roumains reconduits à Bucarest le 8 novembre 2006 ; 70 Roumains reconduits à Bucarest le 3 novembre 2006..." Un vol part ce jour pour Bucarest. Il faut faire vite... car le 1er janvier prochain les Roumains deviennent citoyens de l'Union européenne. Et deviendront, à ce titre, plus difficilement expulsables.
"Spectacle"
Richard Moyon, porte-parole de Réseau Education sans frontières (RESF), dénonce, lui aussi, une répression accrue des sans-papiers. Le cas de la famille kosovare Raba lui paraît "exemplaire" : tout se passe comme si le ministre de l'Intérieur avait voulu "démontrer sa détermination en organisant une expulsion spectacle". Le jeune couple Raba et leurs enfants, dont deux sont nés en France, a été expulsé à grand frais par avion spécial le 6 décembre. RESF milite pour leur retour. Marie-George Buffet, Noël Mamère, Jack Lang, Josiane Balasko, Emmanuelle Béart et d'autres soutiennent l'action.
Moyon dénonce une "stratégie de la tension" qui criminalise les militants. Mardi, à Marseille, un enseignant a été placé en garde à vue. Il est accusé d'avoir "foncé sur les forces de l'ordre à l'aide d'un véhicule", le 11 novembre, lors d'une manifestation contre l'expulsion d'un Algérien, père de deux fillettes, à l'aéroport de Marignane. Deux semaines plus tard, un autre père algérien était expulsé par bateau. RESF demande l'arrêt de cette "chasse provençale aux pères d'élèves".
Le cas de Georges Frêche examiné le 27 janvier par le PS
La commission nationale des conflits du PS se réunira le 27 janvier pour instruire le dossier de Georges Frêche, après les déclarations du président de la région Languedoc-Roussillon au sujet de la proportion de joueurs noirs dans l'équipe de France de football, a-t-on appris de source socialiste.
Le bureau national (BN) du PS avait décidé à l'unanimité, le 21 novembre, de saisir cette instance disciplinaire.
"S'il s'avère que les propos rapportés sont exacts, alors il y a incompatibilité avec son appartenance au PS", avait alors affirmé le BN, selon le porte-parole du PS Julien Dray. Le premier secrétaire François Hollande avait confirmé peu après que Georges Frêche "ne sera plus membre" du PS "si la preuve est apportée" qu'il a bien tenu les propos qui lui sont reprochés.
M. Frêche avait regretté devant le conseil de l'agglomération de Montpellier, quelques jours plus tôt, que l'équipe de France de football compte "neuf blacks sur onze" joueurs alors que "la normalité serait qu'il y en ait trois ou quatre".
Ces propos, qui n'ont pas été enregistrés, avaient fait scandale à gauche, et nombre de responsables socialistes avaient estimé que ce grand baron régional du parti n'avait plus sa place au PS, ces propos venant s'ajouter à d'autres déclarations polémiques.
En février 2006, M. Frêche avait apostrophé un groupe de harkis lors d'une cérémonie commémorative, les traitant de "sous-hommes". Il avait été ensuite suspendu pour deux ans des instances dirigeantes du PS.
Une amende de 15.000 euros a été requise le 1er décembre par le procureur lors d'un procès à ce sujet devant le tribunal correctionnel de Montpellier.
Par Pierre Kerjean, 45 ans, 2 enfants, cadre commercial, deux enfants, Nîmes. Voici les mots que probablement des millions de Français orphelins du bulletin auraient aimé entendre depuis 23 ans : « Je comprends que vous soyez déçu de la gauche, je comprends que vous soyez déçu du PS, nous avons été amené à renoncer à …. » Que Ségolène Royal solde le passé. Après, seulement après, aurons-nous peut-être envie de lui laisser nous parler du désir d'avenir…
Sarko va chasser l'électeur frontiste dans les cimetières industriels, tandis que Sego renvoit le peuple socialiste à ses tentes pour une « démocratie participative » supposée ramener le voteur manquant mitterrandien au sein de l'orthodoxie électorale.
Sarko a l'air autant à l'aise chez les ouvriers que son mentor Balladur en son temps, quant aux tentes de Sego, il faudrait expliquer en quoi des permanences en tissus plutôt qu'en briques auraient une vertu magnétique sur la brebis égarée.
N'ayant pas vocation à me soucier des déçus de la droite qui, à part Victor Hugo, vont rarement à gauche, j'aimerai revenir un instant sur ces légions complètes de déçus de la gauche dont je suis et que Mme Royal aurait tout intérêt à comprendre vraiment si elle n'a pas envie de se payer un jospin-bis, sans compter un deuxième tour, hasardeux par essence.
Le premier vendeur analphabète venu sait qu'un client perdu, un client qui s'est senti trahi, bafoué est très dur à récupérer, que cet exercice est beaucoup plus difficile que d'en séduire un nouveau. Un excellent vendeur saura, lui, ramener le client perdu. Sous peine d'échec garanti, il respectera quelques règles incontournables.
Pour commencer, il évitera de le coincer dans une inacceptable alternative du style « y a que deux fournisseurs et l'autre est pire, alors… » parce que la nature ayant horreur du vide, il y aura toujours un nouveau fournisseur qui viendra élargir l'offre et dans la cas contraire, le client frustré et, à juste titre scandalisé décidera de se passer définitivement de ce type de service. Le bon vendeur évitera aussi, à tout prix, de faire quelque promesse que ce soit. Ce serait absurde puisqu'on est dans un déficit de confiance et qu'on ne manquerait pas ainsi de renforcer la défiance, la transformant même en hostilité. Dans un premier temps, le vendeur ne parlera pas non plus des trains à l'heure puisque le client, après une plus ou moins longue patience a fini par craquer sous l'accumulation des trains en retard.
Alors, que va faire le bon vendeur ? Il va commencer par faire amende honorable. Il va accepter la colère du client et laisser sa part d'émotion trahie s'exprimer. On n'achète pas qu'avec sa tête mais aussi et surtout avec son cœur, ses tripes. Nous sommes, avant tout, des êtres d'émotion, surtout dans un isoloir. Le vendeur va donc reconnaître et assumer tous les manquements, réels ou supposés, ressentis par son client, en débattre avec lui, l'écouter beaucoup. C'est qu'il y a de la douleur à guérir là-dedans. Puis quand le client est calmé, là, et seulement là, on commence à raisonner, à remettre en perspective, à rappeler tous ces trains à l'heure, tous ces bons moments passés, ces belles réalisations communes et finalement à demander humblement au client de bien vouloir offrir le privilège d'accorder une nouvelle fois sa confiance pour une collaboration apaisée.
Ce qui semble élémentaire, basique, pour celui qui nourrit chichement sa famille en vendant des micro-ondes en grande surface ou des assurances vie dans les H.L.M. semble être totalement opaque pour des énarques trop habitués à biseauter les cartes et à tirer sur les mêmes ficelles. C'est dommage, car le propre de toutes les ficelles, c'est qu'un jour, elles cassent. Elles ont cassé. Il serait peut-être temps de revenir à quelques fondamentaux sains de la relation humaine. Si Mme Royal veut rassembler au delà de ses 16% garantis, elle devra faire ce qui n'a jamais été fait jusque là. Elle devra avoir le courage de reconnaître puis d'assumer tous les renoncements, les erreurs, les fautes et les trahisons depuis 1983.
Le droit d'inventaire des années Mitterrand a duré dix secondes, celui de Jospin a consisté à insulter ses électeurs, Fabius a été la grande calamité du PS jusqu'à sa mystérieuse et récente conversion au socialisme, et Strauss-Kahn représente cette sociale-démocratie en faillite partout à force de soumission au néolibéralisme. Tous ceux là et leur entourage, ont été de pontifiants et arrogants liquidateurs de millions d'espoirs trahis.
Voici les mots que probablement des millions de Français orphelins du bulletin auraient aimé entendre depuis 23 ans : « Je comprends que vous soyez déçu de la gauche, je comprends que vous soyez déçu du PS, nous avons été amené à renoncer à …. » Mme Royal aura-t-elle le courage et la vision pour les prononcer ? Qu'elle solde le passé. Après, seulement après, aurons-nous, peut-être envie de lui laisser nous parler du désir d'avenir.
La candidature Buffet confirmée par les militants communistes
Les 93 000 militants communistes ont confirmé, mercredi 20 décembre, à 81,05 % la candidature à la présidentielle de leur secrétaire nationale, Marie-George Buffet. Au total, selon le PCF, la participation s'est élevée à 56,4 %, soit 52 302 votants.
Le Conseil national du PCF avait décidé, dimanche, d'organiser cette nouvelle consultation, les militants communistes étant invités à choisir entre deux hypothèses. L'une, soutenue par la direction, proposait "la candidature commune de Marie-George Buffet" pour "porter le rassemblement antilibéral à la présidentielle". L'autre suggèrait un "retrait" de la secrétaire nationale et "la recherche d'une autre candidature de rassemblement", sans citer de nom.
Lors d'une précédente primaire interne en novembre, les militants avaient plébiscité à 96 % Mme Buffet pour porter les couleurs du front antilibéral. La participation s'était élevée à 66,2 %.
Le vote a eu lieu dans un contexte tendu, le retrait de Mme Buffet ayant été demandé au sein même du PCF pour débloquer l'impasse chez les antilibéraux. Six chefs de file du courant refondateur, dont Pierre Zarka et l'historien Roger Martelli, ont démissionné de la direction, accusée d'abandonner la démarche de rassemblement. Mercredi, des personnalités et formations antilibérales ont appelé à une candidature du député communiste européen Francis Wurtz, susceptible selon elles de faire consensus. Le PCF a rejeté cette idée, M. Wurtz affirmant qu'il n'était pas candidat contre Mme Buffet.
La désignation de Mme Buffet pourrait conduire à l'éclatement du mouvement antilibéral. Ce dernier tente en effet de choisir un candidat commun à l'Elysée. La candidature de Marie-George Buffet avait été soumise aux collectifs antilibéraux locaux, recueillant 55 % des voix. Mais de nombreuses composantes du rassemblement antilibéral refusent la numéro un communiste comme tête de file.
Ségolène Royal défend le volontarisme économique et se prononce contre une europe naïve
Pour le premier "débat participatif" de sa campagne présidentielle, sur le thème de l'emploi et de la vie chère, mercredi en Alsace, Ségolène Royal a défendu le volontarisme économique que doit incarner, selon elle, la puissance publique.
"Je crois qu'il n'y a pas de fatalité et que la puissance publique doit assumer toutes ses responsabilités", a-t-elle lancé devant 1.400 personnes réunies dans un gymnase d'Illkirch-Graffenstaden, seule commune socialiste de l'agglomération de Strasbourg.
Pour sa première réunion publique de campagne, la candidate socialiste avait choisi la seule région métropolitaine restée à droite à l'issue des élections régionales de 2004.
La présidente de la région Poitou-Charente a fait son entrée encadrée par les "Milka", salariés de l'usine Suchard de Strasbourg où 123 emplois doivent être supprimés et dont elle venait de rencontrer la direction et les syndicats.
"Ce sont des licenciements de confort parce que la mode est à la concentration industrielle, y compris dans des filières qui font des bénéfices. Ce chantage est insupportable. Il n'y a aucune fatalité. Je refuse ce renoncement", a-t-elle lancé à ce sujet.
Pour autant, "nous ne gagnerons pas la bataille de l'emploi en fermant nos frontières", a-t-elle affirmé en réponse à un syndicaliste d'Alstom qui s'inquiétait du contrat des trains franciliens récemment remporté par le Canadien Bombardier au détriment de l'entreprise française.
Contre une europe naïve
Mme Royal a affirmé que la France ne gagnerait pas "la bataille de l'emploi en fermant (ses) frontières". Mais, a-t-elle ajouté, "je souhaite que l'Europe ne soit pas ouverte à tous les vents du libéralisme destructeur et que nous sachions mettre en oeuvre des mécanismes acceptables qui protègent notre industrie". "L'Europe devra cesser d'être naïve. Oui, l'Europe devra être un espace de protection" pour "sauver notre modèle social", a-t-elle repris. La candidate a appelé à "utiliser tous les moyens pour protéger nos marchés, nos emplois, notre industrie tout en restant ouverts sur le monde, mais à armes égales".
"Démocratie sociale"
Elle a néanmoins estimé qu'il fallait "mettre en place des mécanismes acceptables qui protègent notre industrie".
"Si je suis en responsabilité et puisque nous aurons la présidence de l'Union européenne au premier janvier 2008, nous mettrons à plat ce qui se passe dans les autres continents, au premier lieu desquels les Etats-Unis qui savent très bien tenir un discours libéral mais organiser des protections sous des prétextes divers et variés", a-t-elle ajouté.
La candidate a souvent pris exemple sur la Suède pour justifier sa volonté de "rééquilibrer les relations entre le capital et le travail".
"Je créerai dans ce pays la démocratie sociale parce que je pense que c'est une condition fondamentale de la compétitivité économique", a-t-elle affirmé.
Ce discours de quarante minutes concluait une réunion où le terme "participatif" a pris le pas sur le "débat" annoncé.
Plusieurs invités, syndicalistes, présidents d'associations d'insertion, ou chef d'entreprise membre du CJD (Centre des jeunes dirigeants) ont d'abord témoigné sur une scène avancée installée au milieu d'une salle pleine à craquer.
Quelques questions sont venues du public, auxquelles la candidate a parfois laissé répondre Henri Emmanuelli ou Jean-Marc Ayrault, qui étaient du voyage.
Quelques interviews de sympathisants ou de militants socialistes filmés sur le marché de Noël de Strasbourg ouvraient la réunion en exposant les difficultés économiques du moment.
"J'ai voulu, malgré un certain nombre de moqueries, vous donner, vous redonner la parole pour faire cheminer le projet présidentiel", avait lancé en ouverture la candidate socialiste, arborant la veste blanche et le sourire éclatant qui constituent sa marque de fabrique.
Elle a conclu en invitant l'assistance à "organiser d'autres débats participatifs". "Le moment est venu de prendre la parole pour m'aider à construire le projet présidentiel qui répondra le mieux aux attentes des citoyens".
À quatre mois du premier tour de la présidentielle, 49% des Français se déclarent sûrs de leur choix. Les personnes interrogées qui ont l’intention de voter pour Jean-Marie LE PEN sont les plus certaines de leur choix (61%). Les électeurs de Nicolas SARKOZY sont sûrs d’eux à 55%, contre 49% pour ceux qui affirment vouloir voter pour Ségolène ROYAL.
L’institut CSA a interrogé les Français sur leur certitude de choix de vote à l’élection présidentielle. Cette enquête s’inscrit dans un contexte particulier : la précampagne présidentielle intéresse les Français. En outre, les intentions de vote montrent une concentration des suffrages au profit des deux candidats des partis de gouvernement : ils sont crédités à eux deux, par les intentions de vote les plus récentes, de plus de 60 % des voix au premier tour...
Un Français sur deux sûr de son choix...
49 % des Français se déclarent sûrs de leur choix. Ce chiffre traduit, avant tout, le sentiment que la campagne, jusqu’à présent, répond aux aspirations des Français. Et qu’il n’apparaît pas nécessaire en l’état actuel - pour la moitié d’entre eux - de disposer de plus d’informations, tant sur les propositions des candidats que sur les enjeux de la campagne pour déterminer leur vote.
Est-ce à dire que, pour la moitié de l’électorat, les votes sont définitivement ancrés ? Pas tout à fait. Les Français, lorsqu’ils nous répondent, sont intimement persuadés d’avoir arrêté leur décision. On sait, par expérience, que les comportements électoraux potentiels devraient évoluer même parmi cette population "acquise" à un candidat. En effet, la campagne n’a pas véritablement commencé, tous les acteurs ne sont pas présents (Nicolas SARKOZY, notamment, est en effet encore place Beauvau), les enjeux ne sont pas définitivement apparus, les stratégies et axes de communication n’ont pas été exposés aux Français... Reste qu’actuellement, les réponses des Français sont instructives pour déterminer les noyaux durs de chacun des candidats.
Le vote ferme en faveur de LE PEN
Les personnes qui déclarent aujourd’hui avoir l’intention de voter pour Jean-Marie LE PEN à l’élection présidentielle sont les plus certaines de leur choix. Non seulement le vote en faveur de Jean-Marie LE PEN est passé en un an de 9 % à 16 %, mais cette progression - liée pour partie à la montée de l’importance accordée aux thématiques relatives à la sécurité et à l’immigration, ainsi qu’à l’adoucissement du discours frontiste - ne lui nuit pas en termes de certitude de vote.
Les électeurs de Nicolas SARKOZY sont plus sûrs de leur choix que ceux de Ségolène ROYAL. Entre les deux principaux candidats actuels à l’élection présidentielle, on relève une prime au président de l’UMP : 55 % de ses électeurs affirment être certains de voter pour lui, 45 % indiquant qu’ils peuvent encore changer d’avis. La candidate socialiste dispose aujourd’hui d’un noyau un peu moins important : 49 % de ses électeurs indiquent être sûrs de leur choix.
BAYROU : deux tiers peuvent changer d’avis
Les électorats les plus constitués se retrouvent également parmi les électeurs potentiels de Marie-George BUFFET (55 %) et de Philippe de VILLIERS (49 %). Pour autant, être un "petit candidat" n’est pas forcément la résultante d’une reconcentration sur son électorat : ainsi, seuls 32 % des électeurs d’Arlette LAGUILLER sont sûrs de leur choix, 42 % pour Olivier BESANCENOT, et... 10 % des personnes indiquant une préférence pour Dominique VOYNET. Les électeurs de cette dernière sont peut-être en attente d’un démarrage de campagne, sont probablement interrogatifs concernant le positionnement de Nicolas HULOT et sont vraisemblablement tiraillés par des velléités de "voter utile" dès le premier tour. De même, cas à part, François BAYROU - qui actuellement ne "maximise" pas son score au sein de sa formation politique - voit plus de deux tiers de ses électeurs actuels indiquer qu’ils peuvent changer d’avis.
Pour moitié acquis
Les choix ainsi exprimés ne sont pas, dans l’ensemble, des décisions prises par défaut. Se mêlent dans les comportements électoraux potentiels un "mixte" entre efficacité électorale, affirmation de valeurs et capacité à faire évoluer positivement la campagne. Nicolas SARKOZY et Ségolène ROYAL partent chacun, en cette fin d’année, avec un électorat pour moitié confortablement acquis, avec un léger avantage au président de l’UMP. Cette différence est probablement la résultante de deux logiques : l’actuel ministre de l’Intérieur affirme ses axes de campagne et ses positionnements depuis plus longtemps que la candidate désignée par le PS et il apparaît, dans son champ politique, plus hégémonique - en termes d’offre - que ne l’est Ségolène ROYAL.
Prenons le pari que la tournure de la campagne, la nature des débats, auxquels les Français sont très attentifs, feront évoluer des certitudes de choix. Même celles les plus ancrées actuellement...
La candidate a réuni hier députés et sénateurs PS. Fabius et DSK étaient absents.
Soirées diapos en perspective. Ségolène Royal a expliqué hier aux parlementaires socialistes qu'ils ne devaient pas craindre d'utiliser des «slides», des diaporamas, pour animer les réunions électorales, pardon... participatives. Car, en affichant leurs propositions sur un écran, ils favoriseront l' «appropriation collective» des thèmes de la campagne.
Meeting d'élus. «Vous serez les ambassadeurs de ma campagne», a lancé Royal, qui sera ce soir à Strasbourg pour son premier meeting participatif, à la centaine de députés rassemblés autour de Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée nationale. Deux élus manquaient à l'appel : l'un du Val-d'Oise, Dominique Strauss-Kahn, l'autre de Seine-Maritime, Laurent Fabius.
L'après-midi, la candidate a rencontré les sénateurs socialistes pour leur délivrer le même message. Il tient en une phrase : «Vous connaissez les Français» , donc «vous êtes les mieux placés pour animer cette campagne participative».
François Dosé, député de la Meuse, a proposé un «grand rassemblement de tous les élus locaux» socialistes ou sympathisants, qui sont des «relais formidables». Pour Royal, cette idée est «adjugée, vendue». Le meeting pourrait avoir lieu en mars. «Elle nous a expliqué que, jusqu'à la fin février, nous devions multiplier les rencontres, être à l'écoute et faire remonter, raconte un participant. Puis, en mars et avril, ce sera à elle d'en faire une parole présidentielle.» Dans le dispositif de campagne, il y aura donc l'équipe rapprochée de Royal, le PS et son premier secrétaire, François Hollande, et les parlementaires. Mandat unique. Les propositions de loi déjà déposées par les groupes parlementaires PS, comme le «bouclier logement» ou le service civique obligatoire, seront intégrées dans son programme, a-t-elle promis. Elle a aussi souhaité que, «dès maintenant, les élus travaillent sur des projets législatifs», selon un participant.
Ainsi, Danielle Bousquet (Côtes-d'Armor) doit préparer un texte contre «les violences faites aux femmes», qui serait la première loi de la nouvelle législature en cas de victoire de la gauche. Ayrault est chargé de la «démocratie sociale » et va rapidement rencontrer les syndicats, notamment sur la question de la représentativité. Enfin, les parlementaires vont «élaborer des propositions institutionnelles», comme le mandat unique pour les députés.
«Trop de lois tuent la loi» , a pourtant prévenu la candidate, estimant qu'il ne faut légiférer que lorsque c'est «nécessaire». Au vu de ce programme, ça l'est encore un peu.
Ils ont entre 30 et 50 ans, la moitié d'entre eux disent vivre à la rue depuis au moins cinq ans et leurs problèmes de santé, parfois très graves, ne sont pas traités dans près de deux cas sur trois. C'est, à grands traits, le portait-robot du SDF parisien installé sous une toile de tente, d'après une "enquête de terrain" de Médecins du monde (MDM) rendue publique, mardi 19 décembre.
Un an après le début de sa campagne de distribution de tentes à des sans-abri, l'association humanitaire tire le bilan de son action et interpelle, une nouvelle fois, les pouvoirs publics sur le déficit de solutions d'hébergement adaptées en Ile-de-France.
Sur les 231 personnes questionnées par MDM durant ses tournées de rue, une sur deux dit souffrir d'une dépendance à l'alcool ou être atteinte d'une affection quelconque (troubles respiratoires, problèmes dermatologiques...). Parmi elles, 15 % sont porteuses du virus du sida. Près de la moitié des sans-logis rencontrés déclarent ne pas avoir de couverture maladie.
Une écrasante majorité de "SDF campeurs" (84 %) affirment ne plus composer le 115. Ce numéro d'appel gratuit, qui traite les demandes d'hébergement, est jugé "trop difficile à joindre". Beaucoup confient également être rebutés par les problèmes de sécurité, d'hygiène et de violence qui se posent dans un certain nombre de structures d'hébergement.
Enfin, 94 % des personnes interrogées affirment qu'elles quitteraient la rue si "une solution décente et durable" leur était proposée. Preuve de leur découragement, moins de 1 % d'entre elles ont déposé une demande de logement social.
Bertrand Bissuel / Le Monde
ENFANTS DE DON QUICHOTTE Soumis par Marsipulami le Jeu, 21/12/2006 - 19:14
J'encourage tous les lecteurs de ce blog d'aller faire un tour sur http://www.lesenfantsdedonquichotte.com , le site des enfants de Don Quichotte..qui sont à l'origine de l'action Quai Jemmapes avec les tentes pour les "bien logés" en solidarité avec les SDF !
Il est temps de parvenir à un vrai droit au logement opposable, à une couverture logement universelle et..de convenir qu'il n'est plus normal de voir des SDF dormir sur des cartons et des bouches de chaleur des métros...
Pour que notre candidate s'empare à pleines mains de ce scandale, et que l'on en fasse une priorité !
A l'orée de la campagne présidentielle, le Parti socialiste se lance à l'assaut du web, espérant surfer sur l'effet "Ségosphère" et déjouer les pièges révélés par la campagne sur la Constitution européenne.
"Le référendum nous a servi de leçon a contrario", concède François Rebsamen, co-directeur de la campagne présidentielle de Ségolène Royal. En 2007, le PS doit "être plus à l'écoute" d'internet et y investir "d'importants moyens de campagne".
En 2002, le parti avait consacré 387.000 euros à sa stratégie internet, un chiffre qui sera "nettement réévalué" pour la course à l'Elysée à venir, selon le PS.
La net-campagne socialiste s'appuiera sur deux piliers, le réseau du PS, renforcé par l'arrivée de près de 100.000 adhérents via le net ces six derniers mois, et le prosélytisme des cyber-partisans de Ségolène Royal.
L'équipe numérique du parti, pour l'instant composée de deux permanents et deux stagiaires, doit être étoffée en début d'année, le site vient d'être remanié et doit être enrichi d'une "web-télé" début février.
Côté Désirs d'Avenir, le "site amiral" de Ségolène Royal, la professionnalisation est également en voie. La modération des forums, la rédaction des synthèses ou la veille sur internet est actuellement assurée par une centaine de bénévoles.
Sur le modèle du Parti socialiste espagnol, le PS rêve d'une base de données d'adresses électroniques dépassant le million.
En 2002, "quatre jours avant le 21 avril, on savait qu'il pourrait nous manquer entre 250.000 et 300.000 voix mais il était impossible de les remobiliser avec les moyens traditionnels de campagne", se souvient François Rebsamen.
"TCHATCHEURS" ET "MONDAINS"
Dès le soir de la désignation de la candidate présidentielle du PS, le 16 novembre, Désirs d'Avenir s'est donc transformé en plaque tournante de l'e-campagne, enregistrant plus de 30.000 adresses mails en quelques semaines.
L'une des forces du PS, par rapport à l'UMP ou l'UDF, c'est qu'il a réussi à toucher des militants plus populaires grâce à la nébuleuse Désirs d'avenir, estime Guilhem Fouetillou, chercheur à l'université de Compiègne.
"Ce sont des invités tardifs sur le web, pas issus des CSP+. Ils ne maîtrisent pas totalement l'outil technique mais ils se lancent. Ils assurent une présence et ils s'y tiennent", analyse l'universitaire, auteur d'une "carte de la blogosphère".
Les internautes encartés peuvent également se mettre à la disposition du PS, qui a lancé début décembre un appel aux bonnes volontés numériques.
En trois jours, 12.000 militants - sur 220.000 - ont répondu présents, se félicite Vincent Feltesse, secrétaire national du PS chargé des nouvelles technologies.
Ces e-activistes peuvent devenir des "colleurs d'affiches sur le web", des "tchatcheurs", qui devront relayer les messages du PS dans les forums de discussion ou encore des "mondains", qui ouvrent leurs carnets d'adresses internet à la candidate.
"Nous voulons lever une armée de militants numériques", affirme le secrétaire national qui voit dans internet "l'arme des outsiders politiques".
VIDEO, L'ARME FATALE ?
Pour Nicolas Vanbremeersch, l'un des piliers de la blogosphère française plus connu sous le pseudonyme "Versac", le PS est désormais sur une meilleure voie que l'UMP, qui s'est distinguée par l'achat de mots-clé sur le net et des campagnes de mailing offensives.
Plutôt qu'un "petit état-major" appliquant une "stratégie pyramidale", il faut aujourd'hui "des tonnes et des tonnes de capteurs décentralisés" pour tenter de suivre ce qui se passe sur le net, explique le consultant en communication.
Selon une étude de l'Ifop publiée la semaine dernière, 46% des internautes ont au moins une activité politique sur le web. En revanche, seuls 10% lisent régulièrement des blogs politiques.
En moins d'un an, le réseau a vécu une nouvelle révolution avec l'apparition des sites de vidéo comme Dailymotion, sur lequel des extraits de pré-campagne se sont retrouvés affichés, notamment les propos de Ségolène Royal sur le temps de travail des enseignants.
Dans les cinq mois qui viennent, les "gros coups" de la net-campagne se joueront en vidéo, pronostique Guilhem Fouetillou, selon qui "plusieurs" vidéos ont été "mises en réserve" dans tous les camps dans l'attente de la vraie campagne.
Dans sa typologie des e-militants, le PS a même créé une catégorie spécialement chargée de fouiller les entrailles du net, les "traceurs", dépêchés sur les sites des chaînes de télévision, de podcasts vidéo ou de l'Ina. Une sorte de veille numérique démultipliée.
"Tout seul, je ne peux rien devant la nasse que représente internet", constate Vincent Feltesse. "Si mille personnes, connectées via le PS, me disent qu'elles ont du temps, ça devient jouable".
Ségolène Royal, candidate socialiste à l'élection présidentielle, a demandé mardi aux députés socialistes de commencer à travailler sur des projets de loi à faire voter au Parlement en cas de victoire aux élections présidentielle et législatives de 2007.
La députée des Deux-Sèvres s'est adressée à eux lors de la réunion hebdomadaire du groupe pour évoquer la préparation de la présidentielle, les qualifiant d'"ambassadeurs de (sa) campagne", a rapporté le président du groupe socialiste Jean-Marc Ayrault. Contrairement à ce qui était prévu, elle ne s'est pas adressée ensuite à la presse.
Selon M. Ayrault, "les députés sont tous sollicités à participer à la mise en oeuvre législative, à la préparation d'avant-projets de loi sur les thèmes qu'elle développe ou les thèmes du projet socialiste".
La députée des Côtes d'Armor Danielle Bousquet, a-t-il précisé, s'occupera ainsi, avec d'autres, de préparer un texte sur la lutte contre la violence envers les femmes, dont Mme Royal a déjà indiqué qu'il serait le premier projet de loi déposé sur le bureau des assemblées, en cas de victoire en 2007.
M. Ayrault a estimé que les députés socialistes étaient "dans un très bon état d'esprit" à l'égard de la campagne de Mme Royal.
"Son message est bien entendu. Même ceux qui n'ont pas voté pour elle dans la campagne interne sentaient bien qu'elle touchait juste. Donc, ils sont prêts à participer à la campagne dans leur circonscription", a affirmé le député-maire de Nantes.
Dans l'après-midi, Ségolène Royal a rencontré les sénateurs PS. Le point de presse prévu à l'issue de la réunion a été annulé. La candidate socialiste à la présidentielle a quitté le Sénat sans faire de déclaration.
La candidate socialiste Ségolène Royal semble la plus à même de répondre aux préoccupations des 18-25 ans pour 56% d'entre eux, devant Nicolas Sarkozy (44%) et Olivier Besancenot (34%), selon un sondage Ipsos pour l'association Graines de citoyens.
A quelques mois de l'élection présidentielle, 75% des 18-25 ans inscrits ou ayant l'intention de s'inscrire sur les listes électorales se déclarent tout à fait certains d'aller voter et 19% pensent qu'il y a de grandes chances pour qu'ils se rendent dans les urnes.
Si 57% des 18-25 ans s'intéressent à la politique, 79% ont une mauvaise image des hommes et des femmes politiques, pour seulement 21% qui en ont une bonne image. Parmi les personnalités politiques les plus à même de répondre aux préoccupations des jeunes de leur âge, les 18-25 ans placent en tête Ségolène Royal (56%) devant le président de l'UMP (44%) et le porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire (34%).
Suivent le président de l'UDF François Bayrou (24%), l'ancien porte-parole de la Confédération paysanne José Bové (13%) et la candidate des Verts Dominique Voynet (12%).
Par contre, une majorité des 18-25 ans ne se sent proche d'aucun parti (42%), 33% se sent proche de la gauche parlementaire (25% pour le PS et 6% pour les Verts) et 18% de la droite parlementaire (14% pour l'UMP et 4% pour l'UDF). Cinq pour cent des jeunes interrogés se disent proches du FN et 2% de l'extrême-gauche.
Soixante-treize pour cent, par ailleurs, jugent insuffisante la place accordée aux jeunes dans les programmes et prises de position des candidats (24% d'avis contraires). Pour les 18-25 ans, le prochain président de la République devra avoir pour priorités a lutte contre le chômage (45%), l'augmentation du niveau de vie (36%) et la défense de l'environnement (31%).
- Sondage réalisé du 23 au 30 novembre derniers, auprès de 800 jeunes, âgés de 18 à 25 ans, constituant un échantillon représentatif de la population française de cette classe d'âge, selon la méthode des quotas.
Comment la biologie des océans va-t-elle globalement répondre au réchauffement ? Des chercheurs américains viennent d'apporter d'inquiétants éléments de réponse à cette question, en parvenant à corréler la productivité du phytoplancton avec la température des eaux de surface. Plus celle-ci est élevée, moins le plancton végétal prospère.
Or non seulement la production de cette biomasse est le socle de la chaîne alimentaire océanique, mais son rôle dans la régulation du climat est considérable. Cette biomasse pompe de grandes quantités - environ un tiers - du dioxyde de carbone (CO2) émis par l'homme. Un deuxième tiers est absorbé par les végétaux terrestres. Le dernier s'accumule dans l'atmosphère.
Le début de ces mesures, en 1998, indique un niveau d'activité planctonique très bas, causé par le phénomène El Niño - exceptionnel cette année-là -, dont une conséquence est l'augmentation des températures de surface dans certaines zones des océans. Entre 1998 et 1999, l'activité planctonique est perturbée par le processus inverse, dit La Niña, et remonte en flèche.
Ensuite, entre 1999 et 2005, une fois achevées ces perturbations, l'activité planctonique suit une tendance globale à la baisse. Cette décrue est importante. Chaque année, l'océan a en moyenne absorbé 190 millions de tonnes (Mt) de carbone de moins que l'année précédente, soit environ 695 Mt de CO2 ; soit plus que les émissions annuelles de la France.
Pourquoi mettre en cause le réchauffement ? "L'augmentation des températures de surface de l'océan favorise un phénomène appelé "stratification" des eaux, explique Grégory Beaugrand (laboratoire écosystèmes littoraux et côtiers, CNRS). Ce phénomène entrave la remontée des sels nutritifs, nécessaires au développement du phytoplancton."
"C'est la première fois qu'une réponse globale de la biologie de l'océan est ainsi mesurée et corrélée à des indicateurs physiques, relève Hervé Claustre (laboratoire d'océanographie de Villefranche-sur-Mer, CNRS). Cependant la tendance, mesurée sur six ans, ne peut pas être extrapolée avec certitude aux prochaines décennies."
La productivité phytoplanctonique sera régulièrement perturbée par de futurs phénomènes El Niño et La Niña, impossibles à prévoir sur le long terme. Même si, comme le dit M. Beaugrand, "certains modèles climatiques prévoient qu'ils pourraient être plus nombreux et plus intenses à cause du réchauffement".
Les travaux de M. Behrenfeld ne concernent que l'océan des latitudes moyennes et équatoriales. Selon certaines simulations, explique Scott Doney (Woods Hole Oceanographic Institution), dans un commentaire publié par Nature, "la productivité croît aux hautes latitudes en raison du réchauffement des eaux de surface".
L'étendue de ces zones est cependant limitée, et le gain de productivité qu'elles devraient connaître à l'avenir ne compensera sans doute pas les pertes à déplorer ailleurs. "Il semble que le puits de carbone océanique (la capacité des océans à absorber du CO2) aille en se réduisant", juge ainsi M. Beaugrand.
Pour les écosystèmes marins, l'effet de ces bouleversements sera considérable. D'autant que le phytoplancton subit d'autres stress dus au changement climatique. En particulier, l'acidification des océans (Le Monde du 19 juin), qui, d'ici à 2030, affectera la survie même de nombreuses espèces planctoniques dans certains bassins comme l'océan Austral.
Stéphane Foucart / Le Monde
Lexique
Phytoplancton. Le plancton végétal, différent de son pendant animal, le zooplancton, est constitué de nombreuses espèces microscopiques qui vivent en suspension dans l'eau.
Cycle du carbone. Par activité chlorophyllienne, ces organismes transforment, chaque jour, une centaine de millions de tonnes de carbone inorganique en matière vivante. Soit environ la moitié de la production primaire de biomasse.
Extinctions. Des disparitions massives de phytoplancton se sont produites il y a 55 millions d'années. Cette période a connu une accumulation de gaz à effet de serre dans l'atmosphère dont on ignore les causes.
"Les priorités de la région sont claires et bien encadrées. J'ai une très bonne équipe qui m'entoure, des élus impliqués et des services mobilisés", a-t-elle déclaré à la presse, à l'occasion de la séance plénière du Conseil régional de Poitou-Charentes au cours de laquelle le budget 2007 a été voté.
"Cette présence me met très directement au contact à la fois des difficultés quotidiennes et en même temps des espoirs de développement économique. Les actions conduites ici me permettent d'acquérir cette expérience extrêmement précieuse et irremplaçable", a ajouté Ségolène Royal.
Le Conseil régional de Poitou-Charentes a voté ce lundi un budget 2007 de 636 millions d'euros, soit une augmentation de 21% par rapport à l'an passé. "C'est un budget qui n'augmente pas les impôts, et en même temps monte en puissance sur les actions nouvelles et les priorités de la région, en particulier l'excellence environnementale et l'emploi", selon Mme Royal.
La présidente de région a aussi fait savoir qu'elle avait réalisé 3,6 millions d'euros d'économies. "Nous l'avons fait par le biais de la suppression d'activités de la région qui étaient exercées avant par des associations périphériques de la région que nous avons réintégrées dans nos services pour mieux en contrôler les dépenses".
Samedi, lors de la réunion de travail au CNIT à la Défense, a été remis au 1er Fédéraux et aux responsables DA un "kit" explicatif des débats participatifs. Paris d'Avenir est fier d'avoir participer à l'élaboration de ce kit. En effet, tous les exemples d'affiches et de tétières sont celles que nous avons crées, en voici quelques exemples
Voici les commentaires de la presse, lundi 18 décembre, sur Royal, Borloo, Hulot et Sarkozy.
LA PROVENCE Georges Latil
"Que les lectrices n'y voient aucune allusion machiste, car là n'est surtout pas le propos. Mme Royal est définitivement séduisante. Belle comme le silence après une avalanche, comme une goutte d'eau au milieu du désert. Elle possède ce charme absolu mélangeant l'élégance et la prestance, l'intelligence et la compétence, le tout mâtiné d'un sens évident de la communication. (...) Avec quelques trémolos dans la voix qui validaient sa sincérité. C'est assez rare pour être souligné. Le reste de l'émission et des débats furent davantage chahutés. Car, à l'évidence, Mme Royal doit faire en permanence le grand écart entre les valeurs de la gauche - qu'elle entend reconquérir contrairement à 2002 - et sa différentiation entre un "ordre moral" et un "ordre juste". Entre son rôle désignée de Vestale ou de mère la pudeur et les aspirations des Français de base. Ses explications sur le monde du travail, sur la remise en cause de la carte scolaire ou des 35 heures n'auront guère convaincu ses contradicteurs, ni peut-être les futurs électeurs. Finalement, il en va d'elle comme de M.Sarkozy. La forme séduit. Mais on attend toujours davantage de fond."
LA NOUVELLE REPUBLIQUE DU CENTRE-OUEST François Tartarin
"(...) Les "forteresses" PS et UMP sont-elles si solides? Dans l'un et l'autre camp, les impératifs du rassemblement se font chaque jour plus pressants. Ainsi Jean-Pierre Raffarin a-t-il invité hier Nicolas Sarkozy à entendre "l'expression des diversités" de l'UMP. (...) Le rassemblement, c'est aussi le "chantier" qui échoit à Ségolène Royal. En affichant son désir de s'affranchir de la langue de bois (...) elle court le risque de s'aliéner une partie des militants socialistes. Ceux qui se référent au "projet" et continuent de dire "pouvoir d'achat" plutôt que "vie chère" seront-ils disponibles lorsque la candidate fera appel à eux à la condition, en somme, qu'ils oublient ce qu'ils ont appris sous la houlette d'un premier secrétaire nommé François Hollande? (...)"
LIBERATION CHAMPAGNE Jorge d'Hulst
"À peine les Français avaient-ils commencé à se familiariser avec le nom de Yann Wehrling qu'ils doivent l'oublier. Les Verts se sont dotés ce week-end d'un nouveau leader. Incorrigibles écologistes? Pas cette fois. L'élection de Cécile Duflot s'est effectuée sans psychodrame. Les Verts ne seraient-ils plus ce qu'ils étaient? En fait, ils ne peuvent plus trop se permettre d'afficher leurs rivalités de courant. Ils ont aujourd'hui d'autres préoccupations. À commencer par leur représentativité en chute libre. Sur l'échiquier politique, il y a très longtemps qu'ils n'ont pas pesé aussi peu. (...) Si les Verts se trouvent actuellement en difficulté, cela ne veut pas dire que la sensibilité écologiste n'a plus d'avenir. Il vaut mieux par conséquent pour le PS y prenne garde pour le futur. D'autant que personne à gauche ne peut se réjouir de la faiblesse des Verts actuellement. Car il est toujours plus facile de gagner les élections lorsque le parti principal dispose d'alliés solides. Et non le contraire."
LES DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE Olivier Picard
" (...) Le succès, dans les sondages, du très médiatique Nicolas Hulot coricide avec ce basculement des consciences. Les uns et les autres, nous commençons à comprendre qu'une certaine période est révolue et que nous ne pourrons sans doute plus vivre "comme avant". La relative facilité avec laquelle l'animateur de télévision est en train d'imposer son pacte aux ténors de la consultation de 2007 montre à elle seule, l' efficacité et le "danger potentiel" que représente l'homme de TF1. Sans aucune expérience politique, il "sort" à 10 % dans les intentions de vote, s'impose déjà à Nicolas Sarkozy, à Ségolène Royal et à François Bayrou, tous les trois signataires de son plan minimal d'action, et ne rencontrerait aucune difficulté pour trouver ses 500 signatures. Mais au delà du rôle de trouble-fête qu'il n'a pas vraiment envie de jouer, il a réussi à ramener dans le débat une réflexion écologique que les Verts - à l'exception de Daniel Cohn-Bendit en 1999 - ne sont jamais vraiment parvenu à motiver. Les candidats traditionnels, eux, planchent pour se mettre à niveau. Pour une fois, la surenchère serait la bienvenue."
LE REPUBLICAIN LORRAIN Philippe Waucampt
" (...) En attendant que le président de l'UMP sorte de ce trou d'air, la gauche, elle, engrange. Les ralliements des radicaux de gauche et de Jean-Pierre Chevènement limitent le risque de dispersion ayant mené à la surprise du 21 avril 2002. Et les Verts, après un démarrage difficile, semblent s'engager sur la même voie. Mais on observe dans le même temps une montée en puissance de la gauche de la gauche. Amalgamée par le "non" au référendum sur l'Europe, cette dernière est certes très divisée sur la candidature de Marie-George Buffet, qui va jusqu'à susciter des tensions internes au sein même du PCF. Il n'en reste pas moins que son pouvoir de corrosion sur la candidature socialiste est presque aussi réel que celui du Front national sur un Nicolas Sarkozy contraint, de ce fait, de se déporter sur sa droite. Bref, contrairement à ce que laissent augurer les sondages, les jeux sont loin d'être faits dans un sens comme dans l'autre. Des surprises sont même à prévoir."
NICE-MATIN Marc Chevanche
" Un second rôle de premier plan. Pour un homme dont le nom comporte un triple zéro, Jean-Louis Borloo se débrouille plutôt bien. (...) Il faut l'entendre jongler avec les millions d'euros qu'il aurait mobilisés, les énergies qu'il aurait galvanisées, les résultats mirobolants qui seraient à portée de main. (...) Mais, tout avocat le sait bien, la question n'est pas d'établir la vérité, la question est de faire gagner la cause. Devenu son unique client, Jean-Louis Borloo, donc, s'y emploie. Il s'est adossé au Parti radical valoisien qui a la sympathique caractéristique d'être à la fois le plus vieux et le plus petit parti de France. Après avoir minaudé sur une hypothétique candidature à l'élection présidentielle, il s'est mis dans la roue de Nicolas Sarkozy. Il prétendra lui apporter le renfort de la "droite sociale" et, s'il s'avérait avoir tiré le bon numéro, il pourrait prétendre à Matignon. A moins que son style "gavroche" ne le prédestine à la mairie de Paris dont on dit qu'il la guigne."
Adresse du Forum Officieux Ségolène Royal 2007 : http://www.SegoleneRoyal2007.new.fr -------------------------------- Divers sites sur Ségolène Royal :
Au fond de la scène, le thème du jour sur écran géant : «Réussir un débat participatif». Dans la salle, studieux, des centaines de cadres et militants départementaux sont plus venus écouter que participer. Sur l'estrade, Ségolène Royal qui, derrière son pupitre, donne la leçon. Les fondamentaux du jour portent sur le «changement des pratiques politiques». «Tout va se jouer dans la campagne», explique la candidate, qui récapitule l'enjeu de l'examen final : «La responsabilité des socialistes, c'est de ramener vers eux le vote populaire.» D'où une copie qui se doit d'être accessible : «Pas de blabla, pas de formules recuites. Il faut mieux s'exprimer de façon simple» plutôt que d'utiliser «des choses ressassées auxquelles personne ne croit plus». Et puis, bien sûr, il y a l'obligation d'être sage, «la rigueur du comportement», que résume Ségolène Royal : «Entendez-vous bien les uns avec les autres...»
«Volatil et exigeant». C'est un véritable petit précis de campagne participative qu'a délivré aux militants la candidate, samedi au Cnit de la Défense. En insistant sur l'essentiel : «L'électorat populaire, celui que nous devrons reconquérir, [qui] est par définition plus volatil et plus exigeant.» Et qui, selon le sondage LH2 publié par Libération la semaine dernière, marque un intérêt certain au discours de Ségolène Royal ( Libération du 12 décembre). D'où l'importance du ton : «La façon dont nous allons nous adresser aux Français les plus éloignés du militantisme politique va compter énormément dans notre reconquête», assure la candidate, qui rappelle que «la façon dont [elle s']exprime» diffère du vocable en vigueur chez les professionnels de la politique.
Bien sûr, elle aussi disposera d'une armée de communicants. Mais elle les a priés ce week-end de se montrer discrets. Pas question de renouveler l'erreur de la campagne Jospin de 2002, qui semblait avoir été déléguée à une grosse et prestigieuse agence de communication, en l'occurrence Euro RSCG. Pour sa com, Ségolène Royal a confié à ses conseillers qu'elle entend faire dans «l'artisanat». La candidate s'y impliquera directement, déléguera peu, et ne veut pas s'encombrer d'un conseiller tout-puissant et omniprésent à la mode Séguéla.
Pour cultiver ce style qui se veut si particulier, il existe toute une gamme d'outils qu'elle a détaillés à ses fidèles : «ça peut être des microréunions dans une rue, un café, un appartement». Voire «une tente itinérante qui va dans les quartiers populaires». Davantage que la taille, c'est la profusion qui importe : «Il faut que ça se démultiplie sur le territoire.»
Produits dérivés. La candidate, qui entend visiter chaque département, insiste sur le style : elle veut «de la culture, de la poésie». Et, aussi, «de la ferveur, de la gaieté, du désir de gagner, de la beauté, des lieux sympathiques». Au point d'envisager de «faire intervenir des intermittents du spectacle»... Pédagogie oblige, Ségolène Royal n'oublie pas de distribuer des bons points : «Une enveloppe financière vous sera délivrée», précise la candidate sous les applaudissements : «20 % du financement de la campagne seront délégués aux départements». Soit 4 millions d'euros, de quoi relayer le plan marketing. Sans limite côté produits dérivés : «J'ai vu des bouteilles avec des étiquettes "Ségolène", des petits badges, des petits noeuds dans les cheveux pour les enfants. Continuez à inventer !» Façon, encore une fois, de prendre le contre-pied de la campagne de 2002, lorsque les fédérations PS se plaignaient de manquer de matériel pour relayer la parole de leur champion. Quant aux rapports entre l'entreprise Royal et la maison mère, la première ne s'embarrasse guère de propriété intellectuelle : «Le projet présidentiel sera issu du projet socialiste, mais tiendra compte des débats participatifs.»
«Pas une idée». Pas franchement conforme aux canons socialistes, mais l'essentiel est ailleurs. Au sortir de la séance, les élèves, «kit de campagne» sous le bras (lire ci-contre), se pressent, un poil fayots, pour réciter. Arnaud Montebourg : «Elle va mettre le projet socialiste à l'épreuve de la vérité populaire. C'est la révolution douce.» Jack Lang : «Avec Mitterrand, c'est le candidat tout seul qui présidentialisait le projet socialiste. Là, il y aura eu ce processus de consultation, source de créativité et d'adhésion.» Mais il se trouve encore quelques cancres pour ne pas trouver le cours si magistral que ça : «Elle est en phase sur les difficultés des gens, mais elle n'offre pas de solutions, déplorait un militant.
En une heure, elle n'a pas dit un mot de politique. Pas une idée, pas une proposition.» L'après-midi, c'était au tour de François Hollande de concilier, en orfèvre de la synthèse, cette «demande de politique différente» et les usages plus traditionnels : «Il faudra toujours distribuer nos tracts, poser nos affiches, aller dans les meetings, tenir des réunions.» Le premier secrétaire serait-il le chouchou de la classe pour s'éloigner si insolemment de l'enseignement dispensé ?
Marie-George Buffet, dont la candidature ne suscite pas le consensus au sein de la gauche radicale, entend néanmoins aller "jusqu'au bout" de sa "démarche de rassemblement" du mouvement antilibéral en vue de l'élection présidentielle de 2007.
"Maintenant, il faut trancher", a déclaré dimanche la secrétaire nationale du Parti communiste sur Canal+. "Je dis 'Urgence, urgence', il faut décider avant la fin décembre".
Le conseil national du Parti communiste a décidé samedi de reconsulter par vote ses 100.000 adhérents, mercredi prochain, sur le maintien ou non de la candidature de Marie-George Buffet.
"J'irai jusqu'au bout dans cette démarche de rassemblement, mais je crois qu'on ne peut plus attendre, il faut rentrer en campagne", a souligné la dirigeante communiste.
"On ne va pas inventer un homme ou une femme providentiels. Ce serait le contraire de la démarche qu'on a voulu mener dans les (750) collectifs locaux", a-t-elle estimé.
"S'il y avait une candidature qui fasse qu'il y ait vraiment le rassemblement de toutes les forces des collectifs, y compris du Parti communiste, je lui laisse la place volontiers", a-t-elle poursuivi.
"Pour l'instant, c'est ma candidature qui rassemble le plus, elle n'est pas consensuelle, je le reconnais volontiers", a souligné Marie-George Buffet.
"Il n'y a pas une question de casting, il y a une vraie question politique : est-ce qu'on conçoit ce rassemblement comme une extrême gauche plurielle vouée à rester dans l'opposition (...) ou est-ce qu'on se bat sur un rassemblement qui vise toute la gauche pour une politique antilibérale qui fait qu'on gagne?", s'est-elle interrogée.
Les militants communistes devront se prononcer mercredi sur l'alternative suivante : "Je choisis la proposition du conseil national de la candidature commune de Marie-George Buffet, choix le plus partagé des collectifs locaux, pour porter le rassemblement antilibéral à l'élection présidentielle", ou "Je choisis le retrait de la candidature de Marie-George Buffet et la recherche d'une autre candidature commune du rassemblement antilibéral à l'élection présidentielle".
Les collectifs locaux avaient marqué leur préférence pour Marie-George Buffet à près de 55% face à Clémentine Autain, adjointe au maire de Paris (apparentée PCF), et Yves Salesse, président de la fondation Copernic.
La candidate socialiste à l'élection présidentielle Ségolène Royal a annoncé dimanche que sa "première mesure" dans le domaine de l'emploi, si elle était élue, serait de lancer "un vaste plan d'innovation" et de recherche, appuyé par un effort en faveur de la "qualification" des travailleurs et de la "revalorisation de la valeur travail".
"La première décision que je prendrais, c'est de lancer un vaste plan d'innovation et d'investissement dans la recherche", a expliqué Ségolène Royal, interrogée lors de l'émission "Ripostes" sur France-5.
"Le problème premier, c'est l'absence d'innovation et d'investissement dans la recherche", a-t-elle précisé. Elle a promis de jouer "sur tous les claviers", y compris la fiscalité, l'implication des régions et de l'Europe "pour que nous franchissions une étape décisive sur l'innovation et la recherche, c'est-à-dire les emplois de demain".
Mais comme "une seule mesure" ne suffit pas, elle a fait part de son intention de renforcer également "la qualification professionnelle des salariés", qui est "le second facteur de croissance et de développement". "Aujourd'hui, nous avons des milliers de jeunes qualifiés qui sont au chômage et ça, c'est un scandale".
"Je demanderai aux entreprises de faire un effort (...) pour qu'elles tendent la main à ces jeunes et qu'il n'y ait plus un seul jeune qualifié qui soit sur le carreau dans notre pays."
"La troisième exigence, c'est la revalorisation de la valeur travail", a-t-elle lancé, parce que "la précarité tue la valeur travail". Sur ce point, "il faut sécuriser les salariés et faire en sorte que ce soit le contrat de travail à durée indéterminée qui devienne la règle", a-t-elle dit, sans détailler comment elle s'y prendrait.
Elle s'est aussi engagée à "encourager le passage du RMI à l'activité". "Je prends l'engagement de créer ce revenu de solidarité active" pour permettre aux bénéficiaires du RMI de reprendre un travail sans que leur niveau de vie ne pâtisse de la perte des avantages sociaux liés au Revenu minimum d'insertion.
Interrogée sur la justice des mineurs, Ségolène Royal a jugé qu'il conviendrait de modifier les attribution confiées aux juges des enfants en séparant les fonctions de protection de l'enfance et de sanction des délinquants.
Elle a préconisé "une réforme profonde de la justice des mineurs", en créant "une justice à part entière pour tous les jeunes qui sont victimes de violence et où il faut apporter beaucoup de soin et beaucoup de moyens supplémentaires", à côté d'une "justice des mineurs pour les mineurs délinquants".
Face à ces derniers, elle s'est prononcée pour le maintien de l'excuse de minorité parce qu'un "mineur ne peut pas être jugé comme un adulte". Elle souhaite également "que la justice soit plus rapide" et que des sanctions soient prononcées "au premier petit acte de délinquance".
Ségolène Royal a encore dressé le constat de la pauvreté de la justice et s'est engagée à ce que sa "priorité" soit "de donner des moyens matériels à la justice". Elle a notamment fait part de son intention de décentraliser la gestion des prisons en la confiant aux régions et aux départements. Elle n'a pas fourni de plus amples détails.
Ségolène Royal affirme avoir caché sa grossesse pour entrer au gouvernement Bérégovoy
Ségolène Royal a reconnu dimanche, dans l'émission "Ripostes" sur France-5, avoir dissimulé sa grossesse lorsqu'elle a obtenu le poste de ministre de l'Environnement dans le gouvernement de Pierre Bérégovoy en 1992.
"C'est vrai", a-t-elle reconnu, "mais c'est encore tellement vrai dans le monde du travail. Il y a beaucoup de femmes qui, trouvant un emploi, cachent qu'elles sont enceintes malgré les lois sociales de protection".
Après son accouchement, Ségolène Royal avait ensuite invité les journalistes à la maternité. "Je voulais revendiquer cette conciliation entre la vie familiale et la vie professionnelle", a-t-elle expliqué, se souvenant de sa "colère" quand on lui avait dit qu'elle serait remplacée au moment de son accouchement. "Ca m'avait paru révoltant ce préjugé d'inconciliation entre l'exercice du pouvoir ministériel et le fait de mettre un enfant au monde."
Ministre déléguée à la Famille entre 2000 et 2002, Ségolène Royal a notamment créé le congé paternité. Elle a affirmé dimanche qu'il "y a encore énormément à faire sur cette conciliation entre la vie familiale et la vie professionnelle" des deux parents.
Le Premier secrétaire du Parti socialiste François Hollande a appelé dimanche à ne pas oublier "la menace" du Front National pour la présidentielle de 2007, et il a mis en cause à ce propos Nicolas Sarkozy et François Bayrou.
"Oublier cette menace, c'est en définitive la rendre possible", a-t-il déclaré au Forum de Radio J.
"Dès lors que 25% des Français dans les sondages disent qu'ils n'excluent pas de voter Jean-Marie Le Pen, cela peut vouloir dire qu'effectivement il peut réaliser un score tout proche de celui de 2002 (quand il avait battu Lionel Jospin au premier tour de la présidentielle), voire davantage, et à partir de là tout est possible", a ajouté M. Hollande.
M. Le Pen "va tenter de se cacher, comme il le fait à chaque élection, de laisser d'autres travailler à sa place, et Nicolas Sarkozy hélas, s'est engagé dans ce sens", a-t-il ajouté à propos du président de l'UMP.
Il a ensuite critiqué le positionnement "anti-système" et "ni droite ni gauche" du président de l'UDF François Bayrou.
"Je ne trouve pas bon, quand on sait que Jean-Marie Le Pen fait le score qui est attendu -au moins autant que 2002- quand il y a déjà des extrêmes qui poussent ici ou là, que ceux qui justement sont en charge de l'essentiel, qui demain seront peut être associés aux responsabilités du pays, tiennent finalement des discours ni gauche ni droite, contre les institutions, contre le système médiatique, tout en étant invités partout", a-t-il déclaré.
"Je considère que cette démarche n'est pas, pour ce qui me concerne, compatible avec l'idée que je me fais de la République", a-t-il dit.
Ségolène Royal réunissait samedi à Paris les premiers secrétaires fédéraux du Parti socialiste et les responsables des comités locaux Désirs d’avenir.
"Droite et gauche, aujourd'hui, sont à égalité dans les starting blocks. Tout va se jouer dans la campagne, avec une exigence plus forte à notre égard que pour la droite.
L'état de la France n'est pas bon. Il y a de multiples fractures, il y a de multiples ruptures, il y a une montée des brutalités et des violences. Parallèlement, on voit monter une forme de crédibilité du Front national.
Ramener à gauche le vote populaire : il est là l'enjeu de 2007, nulle part ailleurs.
La façon dont nous allons nous adresser aux Français les plus éloignés de la politique va compter énormément. Il faut s'adresser en priorité à cette France qui pense ne compter pour rien: les travailleurs pauvres, les invisibles, les gens de peu, à ces millions de Français victimes de la politique de la droite, qui n'ont pas envie de voter ou iront vers les extrêmes si notre campagne ne répond pas à leurs préoccupations. Tout l'enjeu de cette campagne est de raccrocher les Français qui décrochent vers le mouvement de la France qui avance. Si on arrive à faire ce lien et à être crédibles dans les propositions que nous ferons, à ce moment-là les gens nous feront confiance.
Nous allons construire le projet présidentiel avec les Français. Nous allons organiser jusque début février des débats participatifs dans toute la France. Pour attirer dans ces réunions des Français qui ne sont jamais venus dans une campagne, je vous demande d'être imaginatifs. Trouvez des lieux sympathiques. Ça peut être des petites micro-réunions dans un quartier, dans une rue, dans un bistrot, dans un appartement. Pourquoi pas une tente itinérante qui va dans des quartiers populaires ? Pas de bla-bla, pas de discours pour rien, pas de formules recuites! Ecoutez attentivement les mots que disent les gens, à côté de vous, dans votre famille, chez vos voisins, dans vos quartiers, chez les commerçants". Notez-les, parce que là on est dans la vérité de ce que les gens pensent. Il faut que ça soit joyeux, et même ludique. Les gens attendent désespérément un changement des pratiques politiques. Cette démarche, ne la négligez pas !
Après cette phase d'échange avec les Français, nous établirons en février une hiérarchie des priorités.
Cette campagne sera sérieuse, joueuse, belle, créative. Elle sera imaginative. Et elle sera gagnante !"
Sortant les griffes contre les concurrents de Ségolène Royal à la présidentielle, le patron du PS François Hollande a moqué samedi les candidats qui, de Nicolas Sarkozy à Jean-Marie Le Pen, se veulent "antisystème" et "antipouvoir".
"Quand on regarde les candidatures les plus connues, les plus annoncées, les plus certaines, il y a un fait qui me frappe, c'est que toutes ou presque veulent être des candidatures antisystème, antipouvoir, presque antipolitique", a-t-il constaté lors d'un séminaire de travail du PS au CNIT de La Défense (Hauts-de-Seine).
C'est d'abord à Nicolas Sarkozy que le Premier secrétaire du PS a réservé ses flèches. "Il est antisystème! Il est ministre depuis 2002, président du parti majoritaire, il est dans le système mais contre le système", a-t-il raillé. Il a au passage tancé le soutien du ministre au chanteur Johnny Hallyday dans sa décision de s'expatrier en Suisse. "Il n'y a que lui qui est capable d'organiser lundi prochain un grand rassemblement sur la France qui souffre et qui était vraiment en compassion à l'égard des malheurs fiscaux de Johnny Hallyday. La France qui souffre pour lui, c'est Johnny Hallyday".
François Hollande a ensuite mis en garde contre la "stratégie de banalisation" du Front national. "Le FN essaie de se répandre, pas simplement dans quelques catégories apeurées, mais dans l'ensemble de la société", a-t-il dit. C'est "un parti qui est soi-disant dans l'antisystème, mais qui essaie de se faire accepter par le système".
Il a fait part de sa certitude que Jean-Marie Le Pen obtiendrait les 500 signatures nécessaires pour se présenter. "J'ai même l'impression qu'en haut lieu on s'organise pour qu'il les ait".
Mordant, François Hollande s'est aussi attaqué à François Bayrou, qui "se veut ni gauche ni droite". "Il est aussi contre le système! Il a sa cible, TF1, qui à ma connaissance n'est pas candidat aux élections présidentielles", s'est-il amusé. "Il y a là aussi comme une forme de supercherie", a-t-il jugé, affichant sa certitude que le président de l'UDF se rangerait finalement derrière le candidat de la droite au second tour.
Quant à l'extrême gauche, "c'est quand même la mouvance qui fait du vieux avec du vieux", a-t-il ironisé.
Au PS, "nous ne prétendons pas être contre le système", a-t-il grondé. "Nous sommes là pour exercer des responsabilités".
Sonnant la mobilisation de ses troupes, le N°1 du PS les a prévenues qu'il ne restait que trois mois complets pour faire campagne, en raison des vacances de Noël. L'occasion d'adresser une pique à Jacques Chirac: en janvier, "il y a une période sacrée en France, les voeux. Certains d'ailleurs vont s'y donner pour la dernière fois de leur mandat. Ayez une pensée pour lui..." AP
Marie-George Buffet (PCF), sur la division au sein des antilibéraux : "Je suis en colère parce que les espoirs levés par la gauche populaire sont freinés. On ne peut pas abîmer cela" (La Provence)
Valéry Giscard d'Estaing, ancien président de la République : "Nul ne doit accomplir plus de deux mandats. Je pense, et l'Histoire le confirme, que les seconds mandats sont déjà difficiles" (L'Express)
MARDI 12 DECEMBRE
Lionel Jospin (PS), sur Nicolas Sarkozy : "Quand il refuse d'assumer la responsabilité de ses actes, il est dans une attitude typiquement chiraquienne" (Paris)
Ségolène Royal, sur le Pacte écologique de Nicolas Hulot : "Ce pacte, je le signerai", même si "j'apporte des nuances" (Déclarations à la presse, Assemblée nationale)
Arlette Laguiller, candidate de Lutte ouvrière à la présidentielle: "Les idées de Jean-Pierre Chevènement, cela doit osciller entre trois circonscriptions gagnables et dix circonscriptions gagnables". (Canal +)
Dominique Perben, ministre des Transports : "Nicolas Sarkozy a la plus grande capacité de rassemblement dans notre camp. C'est la raison pour laquelle je pense que c'est à lui de porter nos couleurs". "Il faut organiser le rassemblement autour de Nicolas Sarkozy". (RTL)
LUNDI 11 DECEMBRE
Faouzi Lamdaoui, secrétaire national du PS chargé de l'égalité et du partenariat: "La politique de l'immigration selon Nicolas Sarkozy, c'est la démagogie dans la parole, l'échec dans l'action". (Déclaration)
Maxime Gremetz, député communiste de la Somme: "Quel spectacle affligeant que ce soi-disant collectif antilibéral, le degré zéro de la politique, un ring où tous les combats sont permis pour être candidat à l'élection présidentielle." (Communiqué)
Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF : "Les antilibéraux ont donné un choix majoritaire, il ne faut pas bloquer maintenant, il faut y aller!" (L'Humanité)
Dominique de Villepin, Premier ministre : "Qu'il y ait des débats pour la présidentielle, c'est une chose, que le chef du gouvernement soit les deux mains dans l'huile pour essayer de faire mieux marcher le moteur, ça me paraît normal." (France Inter)
François Hollande, Premier secrétaire du PS : "Est-ce que ce ralliement peut permettre la victoire? Je le crois même si cela ne pèse plus autant qu'en 2002. Les petits ruisseaux font les grandes rivières" (Déclarations)
DIMANCHE 10 DECEMBRE
Michel Barnier, ancien ministre des Affaires étrangères : "Sa passion peut parfois paraître comme de l'emportement mais Nicolas Sarkozy, c'est le bon choix". (Le Grand Rendez-Vous - Europe 1 - TV 5 Monde - Le Parisien - Aujourd'hui en France)
Arnaud Montebourg, porte-parole de Ségolène Royal : "Nicolas Sarkozy veut préparer la France à la potion amère des ultra-libéraux inspirée des pires années thatchériennes". (Déclarations)
François Bayrou, président de l'UDF : "Trois heures à Nicolas Sarkozy, sans contradicteur, en prime time, c'était limite". (Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro)
Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre, au sujet du premier forum de l'UMP : "Ca n'a pas été un match de catch mais ça a été quand même un débat d'idées" (Europe 1)
Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du MRC : "C'est en toute conscience que j'avais pris ma décision de me porter candidat et c'est en toute conscience que j'ai décidé de retirer ma candidature au profit de Ségolène Royal" (Convention nationale du parti)
Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense : "Les règles étaient difficiles à fixer. Elles ont été changées au dernier moment, celles que l'on m'avait indiqué la veille au soir ne sont pas celles qui ont été appliquées. J'aurais pu dire je m'en vais, ce n'est pas mon genre" (Canal plus)
SAMEDI 9 DECEMBRE
Nicolas Sarkozy, président de l'UMP au sujet de la rencontre de Ségolène Royal avec le Hezbollah : "Hitler a été élu, ça n'en a pas fait un interlocuteur respectable". (Forum de l'UMP)
Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense : "Je me réjouis de ces débats", pas pour "imiter" les socialistes, mais pour "tordre le cou à l'idée selon laquelle la droite serait caporaliste" (Forum de l'UMP)
Philippe de Villiers, candidat du MPF à l'élection présidentielle : "Je suis le seul candidat 100% anti-socialiste". (Congrès d'investiture)
VENDREDI 8 DECEMBRE
Dominique de Villepin, Premier ministre : "La rupture tranquille ? La rencontre d'une machine à coudre et d'un parapluie !" (Marianne)
Françoise de Panafieu, maire du XVIIè à Paris: Ségolène Royal "a un peu de mal à serrer la main et à s'adresser aux gens qui n'ont pas la même opinion qu'elle. C'est sûrement une forme d'intolérance, une forme de mal à l'aise vis-à-vis des gens qui ne sont pas exactement dans sa ligne". Elle est "plutôt coutumière de l'affaire". (Canal+)
Jean-Pierre Raffarin: "Avec Alain Juppé et quelques autres, nous avons créé l'UMP pour le quart de siècle à venir. Nous sommes très attachés au développement durable de notre famille politique et nous ne permettrons pas qu'on la fragilise ou qu'on la contourne." (Le Figaro.fr)
Patrice Anderouard, directeur de la communication de Kärcher France: "L'association de notre nom avec une question politique polémique et négative nous porte préjudice. La presse tend à utiliser notre marque dans un contexte qui porte fortement atteinte à notre image. Nous comptons sur vous pour vous inscrire en rupture de cette mouvance" (Lettre aux patrons de presse citée dans Challenges du 7 décembre)
JEUDI 7 DECEMBRE
Olivier Besancenot, candidat de la LCR, à propos des 500 parrainages: "Le PS, en son temps, avait voté contre cet outil antidémocratique, ce serait bien qu'il ne l'utilise pas pour des raisons politiciennes". (France-2)
Dominique Voynet, candidate des Verts à l'élection présidentielle: Si "le président de l'UMP se pique d'écologie", "qu'il passe aux actes, il y a du travail" (Communiqué)
Ségolène Royal, candidate PS à la présidentielle: "Ce n'est plus à M. Trichet de décider de l'avenir de nos économies, c'est aux dirigeants démocratiquement élus." (Congrès du Parti socialiste européen)
Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur, candidat à la présidentielle : "Le développement durable et la défense de l'environnement sont des questions si fondamentales qu'elles ne peuvent être la propriété d'un seul parti politique, fût-il de couleur verte." (Déclaration)
Arnaud Montebourg, porte-parole de Ségolène Royal: "Il faut que nous soyons le plus haut possible pour éviter l'élimination. Les scores de François Mitterrand, entre 24% et 30% au premier tour, ont été la clé de la référence positive". ("Questions d'info" LCP/Le Monde/France Info).
François Goulard, ministre délégué à l'Enseignement supérieur et à la Recherche (UMP, villepiniste), sur le slogan de Nicolas Sarkozy, "la rupture tranquille": "La rupture, par définition, ce n'est pas tranquille. C'est un peu comme la cassure sans heurt ou le choc mou." Nicolas Sarkozy "commet une erreur parce qu'il divise en réalité notre camp". Il devrait plutôt "assumer ce qui a été fait" depuis 2002. (LCI)
Dominique Perben, ministre des Transports : "Sur le terrain, ça bouge: les Français sont déjà dans la campagne. (...) Voilà pourquoi Nicolas Sarkozy doit, à mon sens, accélérer. En étoffant son équipe, en montrant davantage encore qu'il est le fédérateur de toute notre famille" (Le Parisien/Aujourd'hui en France)
Dominique Bussereau, ministre de l'Agriculture : "Michèle Alliot-Marie, qui a été présidente du RPR, qui est une des ministres de premier plan, a toutes les qualités pour être candidate. Si elle l'était, cela mettrait un peu plus de vie dans l'UMP". (Canal+)
MERCREDI 6 DECEMBRE
Patrick Devedjian, conseiller de Nicolas Sarkozy à l'UMP, sur le refus de la candidate socialiste de laisser l'Iran accéder au nucléaire civil: "Ségolène Royal a érigé en principe politique ce qui était simplement un dérapage dans le cadre des primaires socialistes". "Maintenant elle l'assume, elle en fait une règle." (LCI)
MARDI 5 DECEMBRE
Philippe Douste-Blazy, ministre des Affaires étrangères (UMP): "Remettre en cause le droit de l'Iran à obtenir l'énergie nucléaire civile, je dis bien civile, comme vient de le proposer Mme Royal, c'est en réalité remettre en cause le Traité de non prolifération qui a été signé par la quasi totalité des pays du monde." (Point de presse)
Clémentine Autain, adjointe (apparentée PCF) au maire de Paris, candidate à l'investiture du rassemblement antilibéral: "Pour sceller un accord et mener une campagne tous ensemble, c'est pas perdu, mais c'est pas gagné." (déclaration)
Gilles de Robien, ministre de l'Education (UDF), sur les propositions des candidats pour l'enseignement: "Certains ont donc peut-être besoin de cours de rattrapage, le ministère est à leur disposition pour un soutien individualisé". (Déclaration)
Nicolas Sarkozy, candidat UMP: "Je veux un président responsable… Les nominations ne peuvent être le fait du prince. Prenons l’exemple d’EDF. La nomination de son président doit être ratifiée par une majorité qualifiée, intégrant l’opposition." (Extrait de l'interview dans la presse régionale, avant amendement - nouvelobs.com)
Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, mouvement associé à l'UMP: "Je ne participerai pas aux primaires (...) Ce sont de fausses primaires. (…) "Pendant quatre ans, il n'y a pas eu de démocratie" à l'UMP. "Et entre Noël et le Nouvel an, Nicolas Sarkozy cherche figurants pour assister à son sacre." (France 2)
Ségolène Royal a lancé samedi sa "campagne participative" destinée à recueillir des "pépites" auprès des Français, avant d'établir un programme présidentiel en triant et hiérarchisant les propositions du projet socialiste pour 2007.
La candidate du Parti socialiste à l'élection présidentielle a demandé à des responsables et militants du PS, réunis au Cnit de la Défense, d'organiser des débats "à tous les échelons" avec les citoyens, "dans un quartier, une rue, un bistrot, un appartement?", évoquant également des "réunions sous la tente", au moyen d'un chapiteau itinérant.
"La responsabilité des socialistes et des militants de gauche, c'est de ramener vers eux le vote populaire. Il est là l'enjeu de l'élection présidentielle et nulle part ailleurs", a-t-elle expliqué.
La candidate a demandé aux organisateurs de ces futurs débats de s'adresser "aux Français les plus éloignés du militantisme politique" avec pour objectif de rassembler "ces millions de Français qui sont victimes de la politique de la droite, (qui) n'ont pas envie de revenir voter ou (qui), dans un vote de colère au dernier moment, iront vers les extrêmes".
Se présentant "comme fervente régionaliste", la présidente de la région Poitou-Charentes a présenté un "kit pour réussir un débat participatif" constitué de diaporamas thématiques sur l'éducation et le premier emploi, la lutte contre la "vie chère", le combat contre "toutes les formes de violence" et l'écologie.
Elle a également annoncé que 20% du budget de la campagne - soit 4 millions d'euros - seraient alloués aux départements, déclenchant des applaudissements nourris.
"Pas un truc en l'air"
Après les débats participatifs, dont la conclusion doit être présentée le 4 février, "on va choisir, identifier un certain nombre de propositions nouvelles par rapport au projet socialiste", a-t-elle précisé, ajoutant que "c'est une façon de hiérarchiser aussi les propositions des socialistes".
"L'idée sera de dire au bout du compte : 'mon projet présidentiel, je l'ai construit avec les Français'", a affirmé Ségolène Royal, annonçant qu'elle se déplacerait ensuite "sans doute dans tous les départements".
"Dans les débats que j'aurai contre la droite, je serai porteuse non pas de quelque chose qui sera né dans mon cerveau ou qui sera seulement sorti du projet des socialistes, mais j'aurai quelque chose qui sera né du mouvement des Français", a-t-elle expliqué.
"Il n'y a que comme ça qu'on peut gagner", a insisté la candidate.
Egratignant en conclusion Nicolas Sarkozy sans toutefois le nommer, elle a souhaité "éviter d'avoir des amis qui se sauvent en Suisse pour payer leurs impôts", une allusion à la récente décision du chanteur Johnny Hallyday de passer plus de la moitié de l'année dans la station de ski de Gstaad.
Plaidant pour "une morale de l'action", elle a mis en garde les responsables socialistes.
"Ce travail est un travail sérieux, c'est pas un truc en l'air, c'est quelque chose qui va nous obliger", a-t-elle prévenu.
"A partir du moment où nous allons faire cet effort, cela voudra dire que demain aussi, lorsque nous gouvernerons, nous ferons le même effort de sérieux et d'attention", a-t-elle déclaré.
Les stations de sports d'hiver ont du souci à se faire, selon un rapport de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), dévoilé mercredi 13 décembre, qui estime que le réchauffement climatique menace leur économie.
" Les changements climatiques remettent gravement en question la fiabilité de l'enneigement dans les stations de ski et par conséquent menace les économies régionales qui sont tributaires du tourisme d'hiver", écrit Shardul Agrawala, spécialiste en environnement, dans ce rapport qui sera disponible en février 2007.
Les massifs alpins de France, d'Autriche, de Suisse et d'Allemagne - où, chaque année, se rendent 60 à 80 millions de touristes - sont particulièrement concernés.
Dans ces massifs, le réchauffement récent a été près de trois fois supérieur à la moyenne mondiale. Les années 1994, 2000, 2002, et 2003 ont été les plus chaudes au cours des cinq derniers siècles.
Les projections font état de changements encore plus sensibles dans les décennies à venir, notamment d'une diminution de la quantité de neige à basse altitude et d'un recul des glaciers, conjuguée à la fonte du permafrost plus haut.
Actuellement, on considère que 90 % des domaines skiables alpins, de moyenne ou grande taille - soit 609 domaines sur 666 - bénéficient d'un enneigement naturel suffisant pendant au moins cent jours par an. Les 10 % restants opèrent déjà dans des conditions précaires.
Une hausse de la température de 1°C, de 2°C ou de 4°C à l'avenir pourrait ramener le nombre de domaines skiables jouissant d'un enneigement fiable à respectivement 500, 400 ou 200.
L'Allemagne apparaît la plus vulnérable, puisqu'un réchauffement de 1°C y entraînerait une baisse de 60 % du nombre de domaines skiables bénéficiant d'enneigement naturel fiable.
L'Autriche (où la moitié des revenus du secteur touristique, soit 4,5 % de l'économie nationale, provient du tourisme d'hiver) est légèrement plus sensible que la moyenne. La France est proche de cette moyenne et l'Italie légèrement au-dessus.
C'est la Suisse qui souffrirait le moins de ces changements, mais, même dans son cas, un réchauffement de 4°C diviserait par deux le nombre de pistes bénéficiant d'un enneigement fiable.
"En France, nos grands domaines skiables, situés pour la plupart à plus de 1 200 mètres, sont et seront convenablement enneigés, relève Christian Mantei, directeur de l'ODIT (Observation, développement et ingénierie touristiques). En revanche, les villages de moyenne montagne doivent offrir autre chose que le "tout ski", un paysage pittoresque, d'autres activités, notamment culturelles."
A égalité dans les sondages avec Ségolène Royal, le candidat UMP peine à trouver son rythme et multiplie bévues et faux pas.
Comme une machine qui se grippe. Candidat dans sa tête depuis 2002 et candidat déclaré depuis la fin 2003, Nicolas Sarkozy peine à trouver la sérénité. S'il reste au plus haut dans les sondages, au coude à coude avec Ségolène Royal dans les simulations pour le second tour de la présidentielle, il multiplie les ratages. Premier en date, celui de sa déclaration de candidature. Préparée dans le plus grand secret, son interview à la presse quotidienne régionale a été «outée» sur Libération.fr le 29 novembre, donnant l'impression d'un gros cafouillage.
Depuis, ce professionnel de la communication politique, chouchou des médias, multiplie les faux pas. La désignation de Ségolène Royal, élue triomphalement au terme d'un processus démocratique sans bavure, semble l'avoir déstabilisé. C'est désormais la candidate socialiste qui a l'air d'impulser le mouvement, Nicolas Sarkozy se situant en réaction à ses initiatives.
La laborieuse mise en scène des forums de l'UMP
Plus nerveux que jamais, Sarkozy a dérapé lors du conseil national de l'UMP du 16 novembre. Répondant à Alliot-Marie, qui l'avait sévèrement contredit sur plusieurs sujets, il s'est montré agressif.
Conscient d'avoir commis une «erreur», comme il l'a reconnu plus tard, il a cherché à se donner une image plus rassembleuse en proposant l'organisation des forums. Il pensait du même coup clouer le bec à tous ceux qui, y compris dans son propre camp, louaient les débats du PS et regrettaient que l'UMP soit incapable de se plier à un exercice similaire.
Raté : le premier forum, samedi dernier, a tourné au grotesque. Des jours de discussions sur l'organisation pour aboutir à deux heures trente ennuyeuses, une colère de MAM qui s'est estimée lésée, et un public qui n'était pas au rendez-vous. Le deuxième fut un peu plus animé (lire ci-dessous), mais avec un seul candidat déclaré, la tentative de copier le processus socialiste reste viciée d'avance.
Une adversaire coriace
Nicolas Sarkozy aurait préféré un adversaire plus classique que Ségolène Royal. Le ministre de l'Intérieur entend se montrer poli, courtois, ne jamais attaquer sa personne. Pour ne pas victimiser son adversaire, il est décidé à rester sur le fond et à ne s'en prendre à elle que sur des thématiques précises. Une stratégie qui a déjà montré ses limites. En notant à propos de la rencontre de Royal avec un représentant du Hezbollah lors de son voyage au Liban qu' «Hitler a été élu, ça n'en a pas fait un interlocuteur respectable» , Sarkozy n'a pas marqué des points. Relayé par ses amis, il a paru monter une polémique alors que les Israéliens eux-mêmes ne s'étaient pas outrés de l'attitude de la candidate PS. Beauvau au bord de la crise de nerfs
L'arrivée de nouveaux venus dans le staff de campagne du candidat ne s'est pas faite sans heurt. La mayonnaise a du mal à prendre entre les «historiques» aux côtés du chef depuis quatre ans et les recrues les plus récentes. Henri Guaino, appelé pour écrire les grands discours thématiques, a du mal à trouver ses marques au sein d'une équipe de «plumes» du cabinet placée sous l'égide d'Emmanuelle Mignon. Même confusion dans le «pool» communication où la guerre des ego fait rage. Jean-Michel Goudard, embauché comme consultant, vit mal l'arrivée récente de François de la Brosse, amené par Cécilia Sarkozy. Il faut aussi compter sur Franck Tapiro, qui s'occupe officiellement de la communication du parti mais ne désespère pas de prendre toute sa place dans la campagne. Et bien sûr avec la présence de Cécilia elle-même qui, bien que n'ayant aucun titre officiel, garde une importance considérable dans la stratégie du candidat.
Les rivalités se font également sentir parmi des soutiens politiques chaque jour plus nombreux. Les amis de toujours ne prennent pas toujours bien de devoir s'effacer au profit des convertis de l'hiver. Sarkozy annoncera l'ensemble de son équipe de campagne après son intronisation du 14 janvier. La liste des noms retenus risque de faire des jaloux.
Des amis peu fréquentables dans le show-biz
Sarkozy aurait dû réfléchir à deux fois avant de recruter de nouveaux copains dans le show-biz. Johnny Hallyday, qui a adhéré avec toute sa petite famille à l'UMP, a suscité la polémique en annonçant qu'il s'installait en Suisse six mois par an pour ne pas payer d'impôts en France. Même Jacques Chirac a «regretté», vendredi, «le comportement du citoyen» Johnny. L'ancien ministre du Budget a visiblement du mal à convaincre ses proches de la nécessité de s'acquitter de ses impôts.
Son autre nouvel ami, le rappeur fumeur de pétards Doc Gyneco vient d'être condamné à 700 000 euros d'amende dans le cadre d'un redressement fiscal. Quant au troisième rallié, l'animateur et chanteur Pascal Sevran, il s'est carrément fendu de propos racistes sur les Noirs.
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Le parti socialiste a dénoncé jeudi des "effets d'annonce tardifs" et de la "poudre aux yeux" après la conférence pour l'emploi et les revenus organisée par le gouvernement.
"Il est consternant que cette majorité ait attendu plus de quatre ans avant de consulter les partenaires sociaux sur l'emploi et le pouvoir d'achat, et ce malgré tous les signaux envoyés depuis 2002 par les Français", déplore le secrétaire national à l'économie et à la fiscalité Eric Besson dans un communiqué diffusé par le PS.
"Le fait que cette rencontre soit organisée après le vote du dernier budget de la législature confirme qu'il ne s'agit que d'une opération de communication", souligne-t-il.
Sur le Smic, le "Premier ministre s'est contenté d'anticiper la revalorisation prévue au 1er juillet sans même annoncer un réel coup de pouce", selon Eric Besson. Pour le système Locapass, "la création de ce fonds a déjà été négociée et conclue par les partenaires sociaux". Quant au crédit d'impôt pour les Français non imposables pour l'emploi de salariés à domicile, il ne "verrait en tout état de cause pas le jour avant 2008", souligne-t-il.
"Le rapport alarmant sur l'augmentation du nombre de travailleurs pauvres et les dégâts du sous-emploi en France, que le CERC (Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale) vient de remettre au Premier ministre, méritait une autre traduction politique", conclut le communiqué.
C’est sur les hauteurs de Nice baignées par un soleil presque printanier que la candidate du Parti Radical de Gauche, Elodie Jomat, a annoncé sa candidature aux prochaines législatives niçoises dans la troisième circonscription.
Certes, cette candidature n’est pas une surprise et on se souvient de l’inutile tollé qu’avait provoqué, au sein du Parti Socialiste azuréen, l’annonce de l’identité de son suppléant, Jean-François Knecht.
Pour la candidate titulaire, cette polémique est prématurée : « J’ai la responsabilité de faire gagner la gauche dans la 3e circonscription. J’ai donc vocation à être la candidate de l’union la plus large possible ! Il est bien évident qu’en fonction des personnalités et des partis qui me rejoindront, mon comité de campagne, mon comité de soutien, voir le nom de mon suppléant pourront évoluer. Bien évidemment, rien ne se décidera sans JFK qui, en tant qu’ami et conseiller général élu dans un des cantons de la circonscription, jouera un rôle clé à mes côtés. »
Aujourd’hui, Élodie Jomat se déclare prête à relever le défi d’une élection qui placera sur sa route le député UDF sortant, Rudy Salles, et peut-être, selon les prochaines tractations électorales, un candidat UMP.
Bref, du pain sur la planche pour cette niçoise, soutenue par le Parti Socialiste, qui part très en avance en campagne « pour avoir le temps de dialoguer avec un maximum de personnes ». Elle annonce qu’elle sera « une députée utile » car « étant membre d’une formation politique qui pourra appartenir à une majorité, elle sera en mesure d’appliquer son programme destiné à permettre de mieux vivre ensemble ».
Cette ancienne élève de l’IUT de Nice, aujourd’hui directrice de magasin, a fait de la « République moderne » son slogan. Elle propose ainsi de moderniser les pratiques (en respectant une éthique politique et en associant les citoyens aux décisions), de moderniser les institutions (par l’avènement d’une VIe République et la relance de la construction européenne) et de moderniser les lois (par l’instauration de l’égalité des possibles, le renforcement des solidarités et l’établissement de nouvelles libertés). Elle a tout particulièrement insisté sur la défense de l’environnement « qui doit s’imposer à tous les décideurs politiques mais aussi à tous les chefs d’entreprise ».
Elle conclut en nous donnant sa définition de la République moderne qu’elle propose : « c’est tout simplement la République à laquelle nous rêvons tous ; une République qui ne soit pas seulement faite pour les contribuables, les administrés, les usagers, les clients, les électeurs... mais une République qui soit faite par et pour les citoyens ! »
Dans la foulée de sa candidature, Élodie Jomat a présenté aussi son nouveau site web de campagne qu’elle a souhaité participatif. En effet, les interventions de la candidate du PRG sont ouvertes aux réactions des internautes qui pourront aussi lui poser directement des questions d’un simple clic.
Membre du comité départemental de campagne de Ségolène Royal, Élodie Jomat fait partie de cette nouvelle génération de politiques qui outre de se rajeunir, se féminise de jour en jour.
Selon la candidate, la loi version Raffarin doit être revue avec des budgets à la hausse.
Qui a dit que Ségolène Royal calquait aveuglément ses prises de position sur les résultats de la dernière étude d'opinion en date ? Alors qu'un sondage montre que trois-quarts des Français jugent suffisante ou excessive la décentralisation (lire ci-dessous), la candidate socialiste a préconisé, hier à Dijon lors du congrès de l'Association des régions de France (ARF), de poursuivre le processus.
Le vocable a été pesé avec soin, mais l'idée demeure. «Même le mot décentralisation est rejeté par les Français. Il ne faut pas pour autant renoncer à engager une nouvelle phase de la régionalisation», a expliqué la présidente de la région Poitou-Charentes et porte-parole de l'ARF. L'exercice était périlleux, mais Ségolène Royal s'en est habilement tirée, synthétisant les réticences exprimées par l'opinion, les attaques contre la décentralisation menée par le gouvernement Raffarin et son propre corpus politique. Il fut question, cette fois, de «régionalisation par la preuve». «Nous vivons un étrange paradoxe : une part très importante des Français estime que la décentralisation est allée trop loin ou est suffisante et, en même temps, qu'elle n'a pas été accompagnée de moyens suffisants.»
Dans la ville de François Rebsamen, numéro 2 du parti et codirecteur de sa campagne, Ségolène Royal, face à ses «chers collègues» avec 20 patrons d'exécutifs régionaux socialistes sur 22, elle aurait pu parler de «camarades» , a éreinté la loi de transfert de compétences engagée en 2004 par Raffarin. «La loi sur la décentralisation a été ratée», a-t-elle expliqué, jugeant nécessaire de «surmonter le scepticisme de l'opinion à l'égard de cette décentralisation à l'ancienne».
Condamnant une «péréquation souvent promise et non réalisée» et dénonçant des «initiatives régionales entravées par un transfert de charges sans transfert de ressources», elle a prôné «un transfert de ressources à chaque transfert de responsabilité» . Et évoqué la possibilité d' «une sorte de pouvoir de veto des régions» au cas où ces ressources ne seraient pas allouées. La «régionalisation» vue par Ségolène Royal, donc, ne consiste pas en «une nouvelle loi théorique qui mettra des années à être appliquée». Considérant qu' «un euro dépensé en proximité par les régions est un euro efficace», la candidate entend faire «émerger un modèle régional» basé sur les initiatives prises à ce niveau, notamment sur le sujet «crucial» de la jeunesse : «droit d'accès à l'emploi à tous les jeunes diplômés», chèques à la création d'entreprises, transfert aux régions de la compétence des travaux sur les bâtiments universitaires ou du financement des logements pour étudiants et jeunes travailleurs.
Pour « Le Nouvel Observateur », la candidate socialiste explique pourquoi elle est « favorable à la signature du pacte écologiste ». Elle répond point par point à ses propositions qui sont, à ses yeux, « des premiers pas » encore insuffisants pour relever le triple défi de la lutte pour l'environnement, de l'urgence sociale et du développement économique durable
Le « pacte écologique » est un engagement qui touche au coeur de l'exigence environnementale, mais je propose de lancer dès maintenant une nouvelle étape allant au-delà.
J'ai placé l'excellence environnementale au coeur de mon programme et je placerai le développement durable au coeur de mon action. La France doit devenir exemplaire en matière de politiques publiques visant au développement durable dans l'ère de l'après-pétrole.
Dans ma région, j'ai appliqué cette politique par la preuve en assignant l'objectif d'excellence environnementale au territoire, notamment avec l'initiative Climat qui reprend les objectifs de Kyoto. Depuis le Sommet de Rio en 1992, où je représentais la France en tant que ministre de l'Environnement, l'évolution n'est pas bonne. Pourtant, la prise de conscience est là. Manque la volonté politique. Nous avons une responsabilité historique face aux défis du changement climatique et à la préservation de la biodiversité. Nous ne devons pas avoir peur d'affronter cette réalité nouvelle, mais au contraire la saisir comme l'occasion d'une révolution douce dans nos modes de production et de consommation.
Le bilan de la droite sur le développement durable est catastrophique pour la France : dégradation de la recherche, comme l'a relevée la revue de référence « Nature » le 23 novembre 2006, recul sur la taxe sur les véhicules polluants, baisse du budget de l'Ademe... Le dernier plan national d'allocation des droits d'émission a été retiré par le gouvernement français au dernier moment, pour éviter un refus certain, car il prévoyait des quotas d'émissions supérieurs à ceux de 2005. En matière de développement durable, la gauche et la droite, ce n'est pas équivalent !
Le panorama présenté par Nicolas Hulot dans son livre est une bonne base de travail. Je suis favorable à la signature du « pacte écologique » et je me réjouis du succès de cette initiative qui traduit la maturité de l'opinion publique.
Mais le schéma proposé est incomplet : le développement durable est un problème éminemment politique. Les solutions technologiques ou fiscales ne suffiront pas. De puissants lobbies sont dans la place, comme nous l'avons vu sur la directive Reach (contre les composants chimiques toxiques) : il faut une volonté politique inébranlable pour leur faire face et pour réorienter l'économie. Il y a un lien entre les enjeux environnementaux globaux et les questions de pauvreté et d'immigration. Le véritable défi est de concilier la lutte pour l'environnement avec l'urgence sociale et la croissance économique durable.
Je suis animée par cette volonté et je m'engage, si je suis élue, à mettre tout en oeuvre pour que la France devienne le pays leader de l'excellence environnementale, de la réussite économique et de l'ordre social juste.
De même, j'affirme ma volonté de tenir bon sur les mesures les plus difficiles, celles qui engagent les rapports de force les plus délicats et qui permettent des sauts qualitatifs importants. J'annoncerai tout au long de ma campagne les actions que je défendrai après mon élection : je m'engage ainsi à ce que plus un seul permis de construire ne soit délivré s'il n'intègre pas les énergies renouvelables. Cela permettra un cercle vertueux « gagnant-gagnant » : les mesures étant annoncées à l'avance, avec l'assurance que mon engagement sera inflexible, le secteur économique pourra anticiper les décisions, ce qui permettra à la fois des améliorations de l'environnement et la création de milliers d'emplois.
Voilà la nouvelle donne environnementale que je veux instaurer : je ne veux pas d'une politique environnementale punitive, qui alourdit l'impôt. C'est la force de l'anticipation et la stabilité de la volonté politique qui forment le socle indispensable du « pacte écologique » auquel je m'engage. En matière environnementale, il n'y a rien de pire que l'instabilité juridique, car cela rend impossibles les anticipations.
Si je suis élue, c'est la présidente de la République qui sera garante des choix de la croissance durable !Si le climat n'a pas de frontière, le changement climatique et le passage à l'après-pétrole ne frapperont pas tout le monde de la même manière. Certes le diagnostic de la crise n'est ni de droite ni de gauche, mais seule une véritable politique de gauche permettra d'éviter que ce soient les plus modestes qui soient les plus touchés par les désordres écologiques. Je souhaite que la structure gouvernementale reflète les trois axes de notre action : priorité à l'excellence environnementale, à parité avec les préoccupations sociale et économique. Il y aura donc, aux côtés du Premier ministre, ces trois piliers de l'action gouvernementale, à autorité et capacité d'intervention égales.
Nicolas Hulot défend la démocratie participative pour la définition et la mise en oeuvre de ces politiques. J'en suis la plus ardente avocate, car pour que les rapports entre science et société ne soient plus marqués par la défiance et le soupçon, nous devons développer des conférences de consensus.
Quant aux interrogations sur l'agriculture, là encore, je m'appuierai sur ce que je fais en Poitou-Charentes comme preuve de mon engagement pour que les subventions soient réorientées vers l'agriculture biologique et les filières durables, et approvisionnent les cantines publiques et pour que les cultures OGM de plein champ soient interdites. En tant que présidente, je négocierai la réforme de la politique agricole commune.
Je vous propose une nouvelle étape
Les cinq propositions de Nicolas Hulot sont des « premiers pas ». Il faut renforcer notre engagement sur les changements climatiques (la taxe carbone ne suffira pas) et le rendre cohérent avec les mesures sectorielles proposées (sur l'agriculture par exemple). Je m'engage donc sur :
- l'exemplarité de l'Etat et des administrations en matière d'excellence environnementale ;
- une politique des transports ambitieuse prolongeant les mesures encore trop faibles du Plan Climat ;
- l'incitation des entreprises à faire des efforts importants de recherche et développement pour l'efficacité énergétique ;
- la réduction de l'utilisation des substances dangereuses pour la santé publique.
A ce stade, la formulation des objectifs est centrée sur la France, sur l'intervention de l'Etat et finalement assez peu sur une démarche préventive et incitative, y compris au niveau des territoires et des entreprises. Les développements sur l'économie de la fonctionnalité sont pertinents, mais pourquoi ne pas mettre à contribution les industriels et la grande distribution ? La sobriété doit intéresser tous les secteurs industriels : certains pourraient être utilisés comme pilotes. C'est le cas des industries de l'emballage.
Les conséquences de la raréfaction des ressources fossiles sont insuffisamment soulignées. Le cadre français ne peut suffire à traiter cette question. Il faut envisager la dimension politique, les implications sociales et géostratégiques, et l'espace européen. Nous avons à construire un nouveau pacte national, semblable à celui qui, après la guerre, a permis la reconstruction de l'Europe !
Je m'engage pour que soient préservées les valeurs de solidarité entre générations, entre régions, entre pays, entre territoires, entre activités économiques (celles qui dépensent de l'énergie, celles qui en consomment moins) et même entre régions du monde (les zones productrices de pétrole, les zones importatrices) contre les déséquilibres générateurs de tensions et de menaces sur la paix.
En matière internationale, une Organisation mondiale de l'Environnement sans pouvoirsne suffit pas : un Conseil mondial du Développement durable doit assurer la primauté des droits fondamentaux, sociaux et environnementaux dans le cadre d'une nouvelle hiérarchie des normes internationales. L'intervention européenne coordonnée est nécessaire pour une politique européenne durable qui permettra d'éviter que la libéralisation des marchés ne débouche sur la constitution de trusts de l'énergie. Cette politique s'appuiera sur la création de pôles de compétitivité européens, notamment en faveur d'investissements massifs dans les énergies renouvelables.
L'Europe par la preuve doit être au centre de la politique environnementale. Dès la présidence allemande en 2007, et surtout pendant la présidence française de l'Union européenne en 2008, il faudra travailler à une nouvelle politique européenne de l'environnement et de l'énergie autour d'un groupe d'Etats ayant une approche commune et engageant un vaste programme de recherche, d'économies d'énergie et d'investissement (ferroutage).
Je m'engage à oeuvrer au sein de l'Union européenne à la réintégration des Etats-Unis ainsi que de la Chine et de l'Inde (assortie de conditions) dans le processus de négociationpost-Kyoto. Pour être efficace, la mobilisation doit être planétaire.
Je m'engage également pour que toutes les initiatives des collectivités locales (comme la nouvelle Charte du Développement durable des régions) soient encouragées par l'Etat. Quant à la proposition de taxe carbone, elle doit être évaluée avec soin et n'est en tout cas pas suffisante. Elle ne doit pas pénaliser injustement les plus modestes. Elle devrait permettre d'investir dans la recherche et le développement, les énergies renouvelables, l'efficacité énergétique, l'isolation, le ferroutage, les transports collectifs en ville.
Cette taxe ne peut s'envisager sans un schéma de compensation efficace. La baisse des charges sociales sur le travail (pour éviter les délocalisations d'activités consommatrices d'énergies fossiles) peut être une piste. Il faut mettre en place une fiscalité environnementale globale. Un moyen rapide et efficace d'intervention consiste à introduire une variable environnement dans les multiples instruments fiscaux existants : je m'engage pour une TVA tendant vers zéro pour toutes les écoactivités et les produits responsables.
Il faut enfin lancer un vaste plan d'économies d'énergie. L'isolation des habitations est cruciale : toutes les chaudières au fioul devront être remplacées sous cinq ans, avec le soutien d'aides fiscales. Je m'engage pour que des aides à l'isolation dans les logements anciens soient accordées. L'efficacité énergétique passe aussi par des normes sévères sur les appareils électroniques et les éclairages. Je m'engage à une réforme des marchés publics en faveur de critères environnementaux favorisant les nouvelles filières (papiers recyclés, bois certifiés).
En matière économique, la labellisation environnementale rend attractifs des produits qui tout au long de leur cycle de vie respectent les normes environnementales. Le bien-être environnemental, la qualité de l'air, de l'eau sont aussi importants que la croissance du PIB, dont les critères doivent être modifiés. C'est aussi un enjeu de santé publique, permettant d'assurer à chacun - salariés ou consommateurs - que sa santé n'est pas mise en danger.
Merci à Nicolas Hulot d'avoir fait émerger la prise de conscience de l'urgence écologique. Il a montré que les Français se soucient de l'état dans lequel ils laissent la planète aux générations futures.Je veillerai à ce que cette question reste centrale tout au long de la campagne.
Je m'engage aujourd'hui, comme je l'ai fait en tant que ministre et dans ma région, en faveur du développement durable. Je ferai de l'environnement l'un des coeurs de mon action, comme un pilier de la croissance durable et de l'ordre social juste.
Philippe Guyot, ex-SDF et délégué national du PS à l’exclusion “Des mesures simples peuvent améliorer la vie des SDF”
Pendant dix longs mois, Philippe Guyot a vécu, au jour le jour, la grande exclusion des sans domicile fixe : le désespoir de la rue, la quête aléatoire d’une place en centre d’hébergement, la violence sociale faite aux personnes marginalisées. De cette terrible expérience lui vient une mission : faire connaître le sort de ses compagnons d’infortune. Socialiste, il décide d’alerter le Parti sur ses conditions de vie. Après une rencontre déterminante avec François Hollande, Philippe Guyot poursuit désormais son combat en tant que délégué PS à l’exclusion.
Comment avez-vous basculé dans l’exclusion ?
La dégringolade a commencé un matin de mai 2003 à 8 heures, quand la police, un huissier et un serrurier sont venus sonner chez moi pour m’expulser de mon logement. Cela faisait plusieurs mois que je n’avais pas payé mon loyer, car j’avais été licencié économique de l’entreprise de distribution où je travaillais comme responsable de la logistique.
J’avais de maigres indemnités Assedic et je privilégiais le paiement des factures EDF, pour avoir au moins du chauffage. Là, le ciel vous tombe sur la tête : où aller ? Où dormir ? Que faire ? Tout d’abord, je n’accepte pas ce qui m’arrive. Je me réfugie dans le déni, je flotte, je ne sais pas comment réagir. La première nuit, je dors sur un banc, seul. La deuxième aussi, me demandant si je vais devenir un vrai clochard, alcoolique et malade. La troisième, je me décide enfin à appeler le 115 (le numéro du samu social), et toute honte bue, je me retrouve dans un centre d’hébergement d’urgence, à Paris.
Les structures d’urgence sont-elles adaptées à une telle situation de détresse ?
Non, là, c’est le choc ! Cafards sur les murs, puces dans les lits, deux toilettes et deux douches horriblement sales pour 80 bonhommes… Je découvre la manière dont on traite les SDF dans notre pays. Sans parler de la violence, des vols…
Je décide alors d’aller voir les services sociaux de ma commune où l’on me dit en substance « débrouillez-vous », en me donnant un vieux guide des centres d’hébergement qui date de 2001. Je comprends alors que je ne pourrai compter que sur moi-même. Je continue ma découverte des conditions de vie en centre d’hébergement pour SDF : on nous fout dehors à 8 heures chaque matin, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, avec interdiction de revenir avant 19 heures, et le personnel nous traite comme des animaux.
Je découvre aussi qu’on n’a droit qu’à dix jours de présence dans un centre, et qu’après, pendant un mois, c’est au jour le jour, « premier arrivé premier hébergé », avant de pouvoir à nouveau jouir d’une période de dix jours de répit ! C’est un nonsens alors que la réinsertion passe avant tout par un peu de stabilité. Mais comme il n’y a pas assez de place pour tout le monde, cette règle permet une rotation des personnes. Du coup, devant les centres, il y a des files d’attente très tôt dans l’après-midi, et si vous arrivez trop tard, tant pis pour vous, vous en serez quitte pour appeler le samu social… qui ne pourra rien faire puisque tout est complet depuis le matin. Vous irez donc dormir sous un pont ou sur un banc. En fait il n’y a jamais assez de place pour héberger tout le monde, et ceux qui disent le contraire sont des menteurs.
Rapidement, vous décidez d’alerter les politiques sur la réalité des conditions de prise en charge des SDF…
Au bout d’un mois, j’ai changé de centre, et me suis retrouvé au Bourget, dans une structure plus petite, où les rapports humains étaient moins violents, mais les conditions d’hygiène tout aussi déplorables. C’est là que je décide de me rebeller et de « profiter » de ma situation pour alerter qui je peux sur les conditions de vie des SDF. J’écris au président de la Croix-Rouge, l’organisme qui gère le centre. J’alerte le préfet. Je deviens une sorte de porte-parole de mes compagnons d’infortune, qui m’appellent désormais affectueusement « M’sieur Philippe ».
Étant déjà militant du Parti socialiste, j’écris aussi une lettre à François Hollande qui, à ma grande surprise, me répond. Nous nous rencontrons rue de Solférino et il me demande de lui organiser une visite du centre. Il vient alors avec Jean-Paul Huchon, président de la région Ile-de-France, et plusieurs élus de Seine-Saint-Denis, et tous découvrent ce dont personne ne parle jamais, entre flaques d’urine et cafards. En plus, ils manquent d’attraper la gale, puisqu’il y avait à cette époque une épidémie dans le centre !
Pourtant, la qualité de l’accueil des structures spécialisées n’est-elle pas la base du processus de réinsertion ?
Oui, et mon expérience le prouve. On s’est davantage occupé de moi dans le troisième centre d’hébergement que j’ai fréquenté, à Saint-Ouen, une structure gérée par la commune. Un personnel attentif m’a permis de décrocher un nouveau travail et, finalement, de pouvoir reprendre une vie normale après dix mois de galère. Dix mois pendant lesquels j’ai alterné périodes de désespoir profond, petits moments de répit, et parfois envies d’en finir une bonne fois pour toutes, de tout laisser tomber et de me suicider. Être SDF, c’est tellement dur, tellement humiliant, qu’il faut être très fort psychologiquement pour ne pas sombrer peu à peu, se mettre à boire, se négliger et perdre pied.
Moi, ce qui m’a sauvé, c’est aussi la mission que je m’étais assignée : faire connaître le sort des SDF. Et le soutien de quatre camarades de ma section de Sevran qui m’ont sorti la tête de l’eau et donné des coups de pieds aux fesses quand je sombrais. Sans eux, je serais clochard aujourd’hui…
Comment répondre plus efficacement aux besoins des SDF ?
Il faudrait créer de petites structures pour l’accueil des SDF, avec du personnel qualifié, formé pour recevoir ce public. Aujourd’- hui, le personnel des structures d’accueil est trop souvent constitué de personnes en CDD qui ne sont sensibilisées ni au social ni au contact humain.
Il serait également utile que ces structures comprennent des médecins qui donneraient des consultations d’alcoologie et de psychiatrie. Il faudrait surtout que les centres d’hébergement soient ouverts toute la journée, et qu’ils soient équipés d’ordinateurs et de téléphones : comment voulez-vous trouver un boulot quand on vous jette dehors tous les jours à 8 heures du matin ? Il y a de nombreux bâtiments désaffectés que l’on pourrait réhabiliter pour ce type de structure.
L’essentiel, c’est d’avoir un véritable soutien psychologique de la part du personnel, d’être aidé par des gens qui vous évitent de sombrer et qui vous motivent en vous proposant un contrat moral du type : « je t’aide et en échange, toi tu cherches du travail », comme on l’a fait pour moi à Saint-Ouen. C’est la clé pour s’en sortir : aider, rassurer et motiver des gens qui sont extrêmement fragilisés. Comme cela, et comme cela seulement, ils ont une chance de se réinsérer rapidement dans la société et de ne pas sombrer.
Par-delà l’hébergement, quelles mesures aideraient les SDF au quotidien ?
Certaines petites mesures semblent peu importantes, mais sont déterminantes, telles la gratuité des toilettes publiques à Paris. Une autre initiative qui va dans le bon sens : la prise en charge par la région Ile-de-France de 75 % du coût des transports collectifs pour les rmistes. Ces deux mesures, prises par la gauche d’ailleurs, changent la vie des SDF. D’autant que la plupart des contrôles SNCF et RATP ont lieu entre le 1er et le 7 de chaque mois, alors que les SDF touchent leur RMI précisément le 7 ! Comment voulez-vous que les gens continuent à chercher du boulot ensuite ? On ne le sait pas, mais beaucoup de SDF travaillent, souvent en CDD. Si, en plus, on leur met des bâtons dans les roues, il y a un moment où ils cessent de lutter…
Et puis, il y a des petites choses que l’on pourrait facilement faire, des mesures simples pour améliorer l’existence des SDF, comme faciliter leur domiciliation. Comment voulez-vous réintégrer une vie sociale (Assedic, ANPE, Sécu, entretiens d’embauche…) quand vous n’avez même pas d’adresse où recevoir votre courrier ? Bref : il y a beaucoup à faire pour améliorer le sort des SDF dans notre pays, et c’est le sens de mon engagement après de François Hollande.
Des amis, des partisans de Ségolène Royal et des membres de son équipe de campagne se sont regroupés pour donner naissance à un nouveau réseau, moitié socialiste, moitié société civile.
Le groupe Nouvelle Voix, représenté au sein du Parti socialiste par plusieurs élus (Gaëtan Gorce, Christophe Caresche ou Jean-Louis Bianco, codirecteur de campagne de Mme Royal), a fusionné, mardi 12 décembre, avec le club de réflexion Témoin, dirigé par Jean-Pierre Mignard, un ami du couple Royal-Hollande.
L'ex-élue des Verts Aurélie Filippetti et quelques-uns de ses amis, en rupture avec le parti écologiste, rejoignent ce nouvel ensemble qui conserve le nom de Nouvelle Voix et devrait réunir près d'un millier de participants.
Pour ses promoteurs, il ne s'agit pas d'un nouveau courant mais, comme l'affirme M. Mignard, d'un "lieu de convergence entre anciens et nouveaux adhérents du PS" que l'organisation partisane, pour ces derniers, ne séduit guère.
"Un parti-société" d'inspiration ouvertement sociale-démocrate, poursuit M. Mignard, "dans la lignée de la IIe Internationale". L'investiture de Mme Royal a changé la donne, assure M. Gorce : "Il a clos le cycle d'Epinay", qui, en 1971, avait donné naissance au Parti socialiste. "La société civile rentre de plus en plus dans les partis", ajoute-t-il. Parmi les chantiers que Nouvelle Voix veut explorer, figure la réforme des organisations partisanes, en janvier 2007, avant la défense et la lutte contre le terrorisme en février.
Ce mouvement pourrait ne pas être du goût de tous les socialistes, qui observent déjà d'un mauvais oeil le rôle joué par les comités de campagne Désirs d'avenir, en marge du PS. Et ce, alors que le parti a arrêté son dispositif de campagne en faisant une place à tous les courants classiques : douze pôles ont ainsi été créés qui mêlent des partisans de MM. Hollande, Fabius, Strauss-Kahn et Jospin.
La candidate socialiste à la présidentielle Ségolène Royal a assuré jeudi vouloir faire émerger un "modèle régional" pour la France, en généralisant les réalisations et les expériences qui marchent en région, pour tirer le pays "vers le haut".
Devant les exécutifs régionaux réunis à Dijon pour le congrès de l'Association des régions de France (ARF), Mme Royal a souligné que celles-ci étaient appelées, dans son projet, à jouer un rôle essentiel pour "réussir le changement" et "sortir la France du déclin".
La présidente de Poitou-Charentes, qui s'exprimait en tant que porte-parole de l'ARF, a appelé à engager "une nouvelle phase de la régionalisation", qui permette de donner plus de poids et de compétences aux régions dans les politiques publiques.
Un terme de "régionalisation" soigneusement choisi, alors que de plus en plus de Français expriment leurs réticences sur la décentralisation, 45% d'entre eux estimant, selon un sondage, qu'elle est allée trop loin et qu'il faut revenir en arrière.
Mais pour Mme Royal, ce n'est pas parce que la nouvelle phase de la décentralisation décidée en 2004 par le gouvernement Raffarin a été "ratée", et a créé du "désordre et des inégalités", qu'il faudrait renoncer à engager "une nouvelle phase de la régionalisation". La candidate reste en effet persuadée que les régions sont "l'échelon moderne, pertinent" des politiques publiques.
Pour mener à terme cette "future réforme du renforcement de la régionalisation", elle propose, plutôt que de faire "une nouvelle loi théorique", de faire "la régionalisation par la preuve", déclinant un de ses slogans préférés.
En clair, il faut "mettre en commun ce qui marche" et "faire émerger un modèle régional" qui pourrait être généralisé.
Pour Mme Royal, il s'agit de "réconcilier l'Etat avec le fait régional". D'un côté, "un Etat fort qui fixe les règles, assure l'égalité entre les territoires, protège", de l'autre des territoires "à qui l'on fait confiance", dont on libère "les énergies, les intelligences, les expériences réussies".
Cela suppose toutefois que soit mis en place "un ordre territorial juste", a-t-elle poursuivi, c'est à dire, notamment, que chaque transfert de responsabilité s'accompagne d'un "transfert de ressources juste", faute de quoi Mme Royal propose de donner aux régions un "droit de veto" pour le refuser. Elle s'est également prononcée pour la création d'un fonds national pour l'égalité entre les territoires.
Autre condition: la "clarté dans les responsabilités et l'obligation faite aux régions d'évaluer les politiques publiques et de rendre des comptes aux citoyens".
Pour illustrer son propos, Mme Royal a proposé aux présidents de région de "passer à l'action immédiate" en faisant émerger, à partir des expériences sur le terrain, un "modèle régional pour réconcilier les jeunes et l'avenir".
Ce plan comporte "cinq actions concrètes": "droit d'accès à l'emploi pour tous les jeunes diplômés", permettre à tous les jeunes d'avoir accès à une qualification et à un métier, généraliser les ateliers et les chèques à la création d'entreprises, mais aussi transfert aux régions de la compétence des travaux sur les bâtiments universitaire et du financement des logements pour les jeunes, étudiants ou travailleurs".
Le patron du PS François Hollande a montré du doigt mercredi le projet "dangereux, injuste et coûteux" élaboré par l'UMP pour les élections de 2007, évaluant son coût de 53 à 75 milliards d'euros, soit deux fois celui du projet socialiste.
"C'est un projet dangereux, c'est un projet injuste et c'est un projet coûteux", a martelé le Premier secrétaire du PS lors d'un séminaire de son parti consacré au projet électoral de la majorité.
"Nicolas Sarkozy n'a pas été élevé pour rien par Jacques Chirac. Il en a retenu tous les trucs. En campagne électorale, c'est toujours la même rengaine: tout est possible du moment que des oreilles peuvent entendre", a-t-il moqué. Le président de l'UMP a "la pensée de Giscard d'Estaing, la méthode de Jacques Chirac et la philosophie de Balladur. C'est bien le candidat de la droite!"
Le PS chiffre le coût global du projet de l'UMP d'ici 2012 à "au moins 75 milliards d'euros en dépenses brutes et 53 milliards d'euros en dépenses nettes". Le parti majoritaire avait avancé le chiffre de 27 milliards d'euros. Une évaluation "largement minorée" qui ne recouvre "qu'une dizaine de mesures" phares, selon le PS.
"C'est près de deux fois le coût net du projet du PS, qui s'élève à 30,7 milliards d'euros", souligne le parti d'opposition dans un document de travail. "Cela n'a rien d'étonnant: à vouloir promettre tout et son contraire, l'addition s'envole", ajoute-t-il.
Reportage - A l'approche de la date butoir, les files d'attente pour les inscriptions sur les listes électorales ne désemplissent pas. . La mairie du 15e arrondissement de Paris croule sous les demandes et assure que les inscriptions de dernière minute ont explosé cette année. Axel CONSTANTINOFF - le 21/12/2006 - 17h38
Certains sont surpris, d'autres s'y attendaient... la file d'attente est longue ce jeudi matin à la mairie du 15e arrondissement de Paris, pour s'inscrire sur les listes électorales. A quelques jours de la date butoir, ils sont environ une quarantaine à attendre plus ou moins patiemment leur tour. Et la file s'allonge. En quelques minutes, une dizaine de personnes est venue s'ajouter à la queue. Amal, qui vient d'arriver, ne semble pas surpris par une telle affluence. "J'étais venu me renseigner il y a quelques semaines, parce que je viens de m'installer à Paris. On m'avait prévenu et conseillé de revenir avant décembre, mais j'ai oublié". Ce technicien de 25 ans vient s'inscrire pour la première fois sur les listes parce que l'élection présidentielle de 2002 lui a fait "prendre conscience" que voter était important. "Malheureusement, je dois retourner travailler d'ici 30 minutes et je repars à Pau demain, je ne vais donc probablement pas pouvoir m'inscrire", déplore-t-il.
Même son de cloche pour Omar, un jeune assistant commercial au costume impeccable : "Je vais voter pour la première fois. Jean-Marie Le Pen au 2e tour, ça a réveillé mon sens civique, je me suis rendu compte que mon vote pouvait permettre de changer les choses". Ipod vissé sur les oreilles, son journal à la main, Omar n'est pas découragé par l'attente qui s'annonce interminable : "J'attendrai le temps qu'il faudra, peu importe si je dois faire la queue toute la journée, je m'inscrirai et je vais inciter mes deux jeunes frères à en faire de même".
"Toujours au dernier moment"
Dans la file d'attente, beaucoup de jeunes... mais aussi des moins jeunes. La plupart ont déménagé et doivent donc se réinscrire, mais certains d'entre eux sont aussi venus pour inscrire leurs enfants, à l'image de Patrice : "Mon fils est dans la Marine, il est sous officier dans un sous-marin, je m'occupe donc les formalités à sa place", dit-il en souriant. "Je suis déjà venu deux ou trois fois cette semaine, il y a toujours la queue", continue-t-il.
Plus loin dans la file, une mère de 27 ans patiente : "je n'attends pas depuis très longtemps, mais je ne pensais pas qu'il y aurait une telle queue. Je suis vraiment surprise", assure Sandrine, qui est venue avec son fils, bien emmitouflé dans sa poussette. Elle s'était inscrite à 18 ans, mais a été radiée des listes sans le savoir et n'a pas revoté depuis. "A chaque élection, j'oublie de m'inscrire avant la date limite", avoue-t-elle un peu gênée. Derrière elle, Monique, la cinquantaine, s'est rappelé qu'elle devait s'inscrire grâce à un courrier envoyé il y a quelques jours par la municipalité.
Fin des inscriptions : 30... ou 31 décembre
Dans le hall d'entrée de la mairie, Elodie, qui s'occupe de l'accueil des "retardataires", assure que ce phénomène se reproduit avant chaque présidentielle, mais que "c'est de pire en pire" au fur et à mesure que la date limite approche. "Les gens font toujours ces démarches au dernier moment", déplore-t-elle. Toujours polie mais un brin agacée, elle renseigne avec le sourire les dizaines de personnes qui lui demandent le chemin du bureau d'inscription, pourtant clairement indiqué dès l'entrée du bâtiment. "Samedi matin, en l'espace de trois heures, nous avons recensé 160 personnes qui venaient uniquement pour s'inscrire. Et on attend encore plus de monde ce week-end", poursuit-t-elle.
La mairie précise que les demandes d'inscription peuvent se faire par courrier, "mais peu le font, par peur que leur lettre soit égarée ou que leur demande ne soit pas traitée à temps", conclut Elodie. Le 31 décembre tombant un dimanche, les inscriptions doivent être traitées avant le 30 décembre, sauf pour les mairies qui ouvriront exceptionnellement ce jour-là. Le temps presse donc, mais il n'est pas encore trop tard pour s'inscrire...
Une inscription obligatoire... théoriquement
L'article L.9 du code électoral stipule que "l'inscription sur les listes électorales est obligatoire", mais aucune mesure n'est prévue pour rendre effectif cet acte volontaire. Compte tenu du phénomène abstentionniste qui a touché près d'un tiers de l'électorat lors des dernières élections, ce sont près de 4 Français sur 10 qui ne participeraient pas aux scrutins. Et sur les 2,2 millions de personnes qui chaque année changent de domicile, 500.000 d'entre elles ne se reinscriraient pas, selon le Club des élus "Allez France". En mars 2003, des députés de tous bords ont déposé une proposition de loi visant à rendre automatique cette inscription, mais elle n'a pas été mise à l'ordre du jour. Une autre solution consisterait à rendre le vote obligatoire : dans son projet, le PS promet de consulter les Français sur l'opportunité d'une telle réforme...
Plus que quelques jours pour s'inscrire sur les listes électorales et pouvoir voter à la présidentielle de 2007. Les personnes ayant déménagé ou obtenu la nationalité française en 2006 et celles ne s'étant jamais inscrites avant 1997 sont invitées à se rendre en mairie d'ici le 30 décembre inclus, la Saint-Sylvestre tombant cette année un dimanche. Les jeunes fêtant leur 18e anniversaire avant le 21 avril 2007, veille du premier tour de la présidentielle, sont, eux, inscrits d'office sur les listes électorales. Il leur est cependant conseillé de vérifier en mairie que cette inscription a bien été effectuée.
"Ne laissez pas les autres décider pour vous", exhorte Cédric Bloquet, le directeur de l'association Civisme et Démocratie (CIDEM), dans un entretien à l'Associated Press. "Pour participer en 2007, si vous n'êtes pas inscrits, inscrivez-vous maintenant". L'inscription d'office, en vigueur depuis 1997, s'effectue normalement dans la commune de résidence de l'électeur.
2 millions de personnes pas inscrites
Le CIDEM estimait en octobre que plus de deux millions de personnes en âge de voter n'étaient pas inscrites sur les listes électorales. En décembre 2005, un mois après les émeutes en banlieue, le collectif Devoirs de mémoires, soutenu par des personnalités telles que JoeyStarr, Lilian Thuram et Jamel Debbouze, avait appelé "jeunes et moins jeunes" à s'inscrire sur les listes électorales afin d'être représentés, de "construire l'avenir" et de ne "pas revivre le 21 avril 2002". La portée de cet appel est difficile à évaluer. D'après le CIDEM, il y a eu moins d'1% des inscrits sur les listes électorales fin 2005. Les chiffres pour 2006 ne sont pas encore connus.
" Ça peut prendre 5 minutes"
Cédric Bloquet, du CIDEM, appelle les citoyens à s'inscrire en mairie dès que possible. "Ca peut prendre cinq minutes maintenant. Plus on attend vers le 30 décembre et plus les files d'attente s'allongent", a-t-il prévenu. "Les 28, 29, 30, il y aura certainement la queue dans les mairies. Donc allez-y maintenant!" Les inscriptions effectuées à partir du 1er janvier 2007 ne seront prises en compte qu'en 2008 et ne permettront pas de voter aux élections de 2007. La présidentielle aura lieu les 22 avril et 6 mai et les législatives les 10 et 17 juin.
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¤¤ [Inscription d'office sur les listes électorales (jeunes de 18 ans)] ¤¤
Principe
Sont concernées par l'inscription d'office les personnes ayant atteint l'âge de 18 ans entre les dates de clôture de listes électorales, soit entre le 1er mars de l'année en cours, et le 28 (ou 29) février de l'année suivante. Cette année, sont concernés les jeunes atteignant l'âge de 18 ans entre le 1er mars 2006 et le 28 février 2007.
Mode d'inscription Les jeunes majeurs sont inscrits sans faire de demande individuelle sur les listes électorales de leur commune de résidence, lors des opérations de révision annuelle. Ces opérations se déroulent cette année du 1er septembre 2006 au 28 février 2007.
Procédure La commission administrative procède aux inscriptions en utilisant les informations fournies par l'INSEE et en vérifiant si les conditions sont réunies (identité, domicile, nationalité...). Attention , toute personne inscrite automatiquement ne reçoit pas de notification de son inscription.
Précautions à prendre Les fichiers des jeunes de 18 ans pouvant actuellement être incomplets, il est préférable que se renseigner auprès de sa mairie, pour vérifier que l'inscription est effectuée.
Inscription dans une autre commune Si un jeune souhaite être inscrit dans une autre commune que celle indiquée par l'INSEE pour l'inscription d'office (à noter, le domicile de vos parents est réputé être celui du jeune concerné pour cette inscription), elle doit accomplir les formalités d'inscription volontaire. Le jeune doit s'assurer qu'il n'a pas été inscrit en même temps dans sa commune d'inscription d'office.
En cas de litige En cas d'oubli ou si la commission a estimé que le jeune ne réunissait pas les conditions pour être inscrit (nationalité, domicile notamment), il doit s'adresser au tribunal d'instance dont dépend son domicile.
¤¤ [Inscription volontaire sur les listes électorales] ¤¤ Principe
Pour pouvoir voter, il faut : - être inscrit sur les listes électorales, - être âgé d'au moins 18 ans, - être de nationalité française, - jouir de ses droits civils et politiques.
Si l'intéressé ne relève pas d'une procédure d'inscription d'office (jeune ayant atteint l'âge de 18 ans entre deux opérations de révision des listes électorales), il doit se faire inscrire volontairement.
Où s'adresser : - soit à la mairie de la commune où il a son domicile ou de celle où il réside depuis au moins 6 mois, - soit à la mairie d'une commune où il est inscrit au rôle d'une contribution directe communale (impôts locaux) depuis au moins 5 ans, - soit à la mairie de la commune où il est assujetti à résidence en tant que fonctionnaire public.
Pièces à fournir : - le formulaire d'inscription sur les listes électorales des citoyens français, - une photocopie de la pièce d'identité en cours de validité (et présenter l'original de la pièce d'identité), - selon le cas, un justificatif de domicile dans la commune ou un justificatif de paiement des impôts locaux depuis plus de 5 ans, - si l'intéressé habite chez ses parents, une attestation des parents établie sur papier libre, certifiant qu'il habite chez eux, et un justificatif de domicile des parents.
Cas particuliers - Si l'intéressé a acquis la nationalité française, il doit également présenter un certificat de nationalité ou le décret de naturalisation. - S'il est dans l'impossibilité de se déplacer, il peut remettre une procuration établie sur papier libre à quelqu'un. Il peut également demander son inscription par correspondance en envoyant les pièces indiquées.
Quand s'inscrire ? - Il est possible de s'inscrire à tout moment de l'année (cette année avant le 31 décembre 2006), mais l'intéressé ne pourra voter qu'à partir du 1er mars de l'année suivante, après la révision annuelle des listes électorales (entre le 1er septembre 2006 et le 28 février 2007). - Il est possible d'être inscrit et de voter la même année lorsqu'on :
* atteint l'âge de 18 ans entre le 1er mars et le jour de l'élection, * est fonctionnaire muté ou admis à la retraite après le 1er janvier, * est militaire retournant à la vie civile après le 1er janvier, * est naturalisé français après le 1er janvier, * recouvre l'exercice du droit de vote après le 1er janvier.
¤¤ [Listes électorales : inscription des sans domicile fixe] ¤¤
Personnes concernées
Avant le 1er septembre 1998, ne pouvaient être inscrites sur les listes électorales les personnes: - ne pouvant fournir la preuve d'un domicile ou d'une résidence, - et ne bénéficiant pas d'une commune de rattachement.
Possibilité d'inscription ouverte
Désormais, vous pouvez être inscrit si vous avez demandé le rattachement à un organisme d'accueil, pour l'obtention de la carte nationale d'identité. Ceci sous réserve de remplir les autres conditions d'inscription sur les listes électorales (notamment ne pas être déchu des droits civiques..). Vous pouvez vous inscrire sur les listes électorales de la commune:
- où est situé l'organisme d'accueil dont l'adresse figure sur votre carte d'identité depuis au moins six mois, - où est situé l'organisme d'accueil qui vous a fourni une attestation établissant un lien avec lui depuis au moins six mois.
Liste des organismes
Elle est établie par le préfet du département (a Paris, par le préfet de police). Pour connaître ces organismes, adressez-vous à la préfecture, à la sous-préfecture, sauf à Paris: à la préfecture de police. Pour les démarches, adressez-vous à la mairie du lieu où est situé l'organisme d'accueil.
vendredi 15 décembre 2006, à 15:40
A deux semaines de la clôture des listes électorales, plusieurs associations redoublent d'efforts pour inciter les jeunes des banlieues à s'y inscrire et à faire entendre leur voix dans les urnes, un an après la vague de violences de l'automne 2005.
L'association "Citoyenneté & démocratie" lancera ainsi à partir de samedi une campagne qui la conduira jusqu'au 29 décembre dans 50 quartiers classés en zone urbaine sensible (ZUS).Des membres de l'organisation "Votez Banlieues", qui prône la création d'une plate-forme de coordination des associations engagées dans le domaine de la citoyenneté, entameront de leur côté samedi à Paris une marche qui les conduira à Strasbourg."L'objectif est de susciter une ambition de toute la classe politique pour les banlieues", a expliqué à Reuters Mohammed Chirani, un responsable de cette association.L'idée est de poursuivre la Marche pour l'égalité, qui s'est déroulée en 1983 entre Marseille et Paris, en la concluant symboliquement le 31 décembre à Strasbourg, ville "où brûle le plus de voitures à la Saint-Sylvestre", a-t-il précisé.Les statistiques officielles chiffrent à deux millions le nombre d'électeurs potentiels qui ne sont pas inscrits. Des responsables d'associations avancent le chiffre bien supérieur de cinq millions de personnes.Au total, 41 millions de Français étaient inscrits sur les listes électorales en 2002 et 29,5 millions ont voté le 21 avril de cette année-là, au premier tour de la présidentielle.Plusieurs associations plaident pour l'inscription automatique sur les listes électorales. "Mais ça n'est pas fait car ça ferait grimper l'abstention", estime Hassan Ben M'barek, président de "Citoyenneté & Démocratie"."Il y a par ailleurs une volonté politique des pouvoirs publics actuels de ne pas inscrire en masse les jeunes des quartiers sur les listes électorales", dénonce-t-il.Après les violences de l'automne 2005, cet électorat n'est en aucun cas favorable à la droite actuellement au pouvoir, estime Hassan Ben M'barek.Des membres de "Citoyenneté & Démocratie" se rendront dans 50 ZUS, de La Courneuve à Toulouse, pour convaincre les jeunes de s'inscrire, voire pour les inscrire à leur place au moyen de procurations.Outre "Citoyenneté & Démocratie" et "Votez Banlieues", le collectif "Devoirs de mémoire", les association "AC le feu" ou "Le Club des élus Allez France", le PS ou encore la CFDT, mènent des campagnes sur le thème des inscriptions sur les listes électorales.
Les 3 policiers impliqués dans la disparition de Taoufik el-Amri, mort noyé par hydrocution dans un canal de Nantes après un contrôle, ont été mis en examen par la justice et suspendus par le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy.
Délaissement Les trois policiers inquiétés ont été placés sous contrôle judiciaire après avoir été mis en examen en début de soirée pour "faux témoignage" et "délaissement", a indiqué le procureur de la République de Nantes, Stéphan Autin.
Hydrocution Devant la presse, le procureur a annoncé que l'autopsie avait permis de déterminer que la cause de la mort de Taoufik el-Amri était la noyade "provoquée par un choc thermodifférentiel provoquant un arrêt cardiorespiratoire".
Accident L'ouvrier tunisien de 33 ans présentait un taux d'alcoolémie de 3,74 grammes. "Les légistes n'ont pas relevé de traces de violence, de blessures, de perforations ou de plaies", a précisé M. Autin, selon qui il n'y avait pas d'eau dans les poumons. Le procureur a précisé que des investigations allaient continuer pour définir si M. el-Amri était tombé accidentellement à l'eau ou s'il y avait été poussé. Il s'agit aussi de déterminer si la mort est survenue juste après le contrôle policier ou plus tard, ce que l'autopsie n'a pas permis de révéler.
Soirée arrosée L'ouvrier avait été vu pour la dernière fois par des témoins à proximité du canal, alors qu'il sortait du fourgon de police où il avait été contrôlé par les policiers dans la nuit de 22 au 23 novembre, après avoir passé une soirée très arrosée avec deux collègues.
Faux témoignage Depuis le début de l'enquête, ces trois policiers ont "délibérément varié dans leurs déclarations" sur les lieux du contrôle ou l'état de M. el-Amri, selon le procureur. C'est dans ce cadre que le parquet a ouvert une information judiciaire pour "faux témoignage" et "délaissement en un lieu quelconque d'une personne incapable de se protéger en raison de son état physique".
5 à 20 ans de prison Les policiers encourent une peine de 5 ans de prison si le délaissement n'a pas entraîné la mort et jusqu'à 20 ans dans le cas contraire.14/12/06 19h22
vidéo sous titrés en français en hommage à taoufik
C'est le résultat de l'autopsie : Taoufik Amri est bien mort noyé à Nantes. Les trois policiers qui l'avaient interpellé ont été déférés au Parquet de Nantes jeudi et ont été mis en examen. Le Procureur de la République de Nantes a aussi annoncé l'ouverture d'une information judiciaire pour "faux témoignage" et "délaissement". Le 22 novembre dernier, tous trois avaient procédé à un contrôle d'identité sur cet ouvrier tunisien. Alors qu'il était en état d'ébriété, ils l'auraient laissé repartir.
Les trois policiers mis en examen
Taoufik Amry est bel et bien mort noyé. C'est le procureur de Nantes qui a révélé jeudi (14 décembre), les résultats de l'autopsie pratiquée sur l'ouvrier tunisien repêché dans un canal. La noyade a été "provoquée par un choc thermodifférentiel provoquant un arrêt cardiorespiratoire", a déclaré M. Autin au cours d'une conférence de presse. Il a précisé que "les capacités de résistance" de M. el-Amri ont pu "être limitées du fait d'une imprégnation alcoolique", avec un taux d'alcoolémie dans le sang de 3,74 grammes.
Malgré cela, les trois policiers impliqués dans sa disparition, ont été suspendus par le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy. Le procureur a également annoncé l'ouverture d'une information judiciaire pour "faux témoignage" et "délaissement" à leur encontre. En début d'après-midi, ils ont été conduits au palais de justice de Nantes pour être déférés devant le Parquet et ont été mis en examen.
Lorsqu'ils ont contrôlé son identité le 22 novembre dernier, les trois policiers l'auraient laissé repartir sans l'emmener à l'hôpital, ni en cellule de dégrisement. Taoufik el-Amri aurait pourtant eu 3,5 grammes d'alcool dans le sang. Une faute professionnelle qui, peut-être, aurait pu éviter la disparition de ce père de famille de 33 ans. Il ne semble pas en effet que cet ouvrier tunisien ait été victime d'une bavure policière, mais bien d'un accident qui aurait pu être évité. On a retrouvé son corps mardi dernier dans le canal Saint Félix à Nantes trois semaines après l'intervention des policiers.
Contradictions entre les témoignages Le procureur de la République de Nantes Stephan Autin avait annoncé avoir saisi l'IGPN à la suite de "contradictions importantes entre les déclarations des témoins et celles des policiers". Le procureur avait précisé que "les déclarations des policiers avaient été un peu préparées et n'étaient pas le reflet de ce qui a été constaté" par l'enquête. Il avait ajouté que les enquêteurs avaient retrouvé des témoins ayant assisté à la libération de Taoufik el-Amri par les policiers.
Selon ces témoins, l'ouvrier tunisien "est sorti seul du fourgon, calme, sans qu'il y ait eu la moindre agressivité de sa part ou de la part des personnes qui l'auraient contrôlé". Il a précisé qu'un portefeuille contenant des papiers d'identité et une carte bleue appartenant à Taoufik el-Amri avait été repêché le 24 novembre, 48 heures après sa disparition, dans le canal Saint-Felix par un témoin qui ne l'a toutefois "rapporté que le 10 décembre aux services d'enquête". Le procureur a par ailleurs affirmé n'avoir aucune information sur d'éventuels antécédents disciplinaires concernant les trois policiers de la patrouille ayant contrôlé le disparu.
Sur le cadavre repêché mardi à Nantes, les policiers ont retrouvé des effets personnels de Taoufik Amri, notamment un téléphone portable.
Les trois policiers qui l'avaient contrôlé sont toujours en garde à vue et ont été confrontés aux collègues du disparu.
le 13/12/2006 - 07h04
Le corps de Taoufik Amri emmené dans une ambulance après sa découverte dans un canal de Nantes Le corps retrouvé mardi à Nantes est bien celui de Taoufik Amri, disparu le 22 novembre après un contrôle de police. Le cadavre a été repêché peu avant 16 heures en aval du canal Saint-Félix, non loin du lieu où un témoin avait découvert le portefeuille du disparu. Sur lui, les policiers ont retrouvé le portable du disparu. L'ouvrier tunisien avait été vu pour la dernière fois après son contrôle sur le Cour des Cinquante Otages, non loin de l'embouchure du canal, en amont. Selon l'autopsie, Taoufik Amri "est mort par noyade" et aucune trace de coups n'a été trouvée sur son corps.
Me Gilbert Collard, défenseur de la femme du disparu, a précisé avoir déposé une plainte pour "disparition suspecte" au tribunal de Nantes, pour pouvoir accéder au dossier. Parallèlement à l'information judiciaire ouverte à Nantes pour "disparition inquiétante", le procureur de la République Stéphan Autin a demandé mardi matin une enquête à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN, police des polices) sur les trois policiers qui avaient procédé au contrôle de l'ouvrier. Ils ont été placés en garde à vue et ont été confrontés aux deux collègues de Taoufik Amri, qui l'accompagnaient au moment de son interpellation.
Pas de déclarations indiquant que Taoufik Amri aurait été maltraité
Amri avait été interpellé pour un contrôle d'identité alors qu'il déambulait en état d'ébriété avec ses deux collègues le 22 novembre peu après minuit. Libéré peu de temps après, il avait ensuite disparu. L'enquête a confirmé la version des policiers sur les horaires de l'arrestation, entre minuit dix et minuit et quart, peu avant le retour de la patrouille au commissariat. Elle a en revanche révélé, selon le procureur, des contradictions sur trois points : les lieux où le contrôle a été effectué et où Taoufik Amri a été relâché, son degré d'ébriété et "la nature des opérations du contrôle" menées.
Des témoins ayant assisté à la sortie de Taoufik Amri du fourgon de police ont toutefois affirmé que ce dernier semblait normal. "Il n'y a pas sur ce point de déclarations indiquant que (M. Amri) aurait été maltraité", selon le procureur. Il a réaffirmé n'avoir aucune information sur d'éventuels antécédents concernant les trois policiers concernés. Les collègues de Taoufik Amri ont indiqué que l'interpellation s'était déroulée sans violence, la jugeant "normale" compte tenu de l'état d'ivresse de leur ami. Ils ont en revanche estimé que les policiers auraient dû "l'emmener directement au poste car il ne fallait pas le laisser dans la rue" compte tenu de son état. Une estimation contestée par les policiers qui ont affirmé que Taoufik Amri n'était pas dans un état d'ivresse nécessitant de le conduire au poste.
ANGÉLIQUE NÉGRONI (À NANTES) ET JEAN-MARC LECLERC.
Publié le 13 décembre 2006
L'autopsie révèle que le corps repêché dans le canal est bien celui de Taoufik el-Amri, mort par noyade. Son cadavre ne porte aucune trace de coups. Des examens complémentaires sont en cours. Les trois policiers, en garde à vue depuis mardi après-midi, sont toujours en garde à vue.
LE CORPS de Taoufik el-Amri, un ouvrier tunisien de 33 ans dont on était sans nouvelles depuis le 23 novembre, a été repêché hier dans les eaux du canal Saint-Félix, à Nantes, et les trois policiers qui l'avaient contrôlé juste avant qu'on ne perde sa trace ont été placés en garde à vue.
Depuis le matin, les pompiers avaient concentré leurs recherches sur ce bras d'eau car, la veille, le propriétaire d'un bateau amarré à cet endroit avait remis à la police le portefeuille de Taoufik el-Amri, trouvé quelques jours plus tôt le long des berges du canal. Le corps du jeune homme a été transporté hier à l'Institut médico-légal et des examens devront être pratiqués pour connaître les causes de la mort. L'absence d'eau dans les poumons signifierait une mort antérieure à la chute dans le canal.
Pour l'heure, on ignore ce qui est arrivé à Taoufik, un ouvrier en bâtiment, itinérant et jeune père de famille, brutalement disparu dans la nuit du 22 au 23 novembre à Nantes, juste après un contrôle de police. Crime ou accident ? Aucune hypothèse n'était écartée hier.
Mais il apparaît désormais que les fonctionnaires de la compagnie départementale d'intervention (CDI), qui ont interpellé Taoufik cette nuit-là, ont menti aux enquêteurs de la police judiciaire chargés d'élucider l'affaire. Ils ont été placés en garde à vue dans le cadre d'une enquête préliminaire confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices. Le procureur de Nantes, Stéphan Autin, a annoncé que l'IGPN était saisie pour faire la lumière « sur les déclarations contradictoires et incohérentes » des forces de l'ordre. Sans parler de mensonges, le magistrat a indiqué que ces « déclarations n'étaient pas apparues spontanées ». En clair, les policiers se seraient concertés pour faire tenir une version.
Plusieurs points litigieux vont être vérifiés. À commencer par les conditions du contrôle, sur le cours des Cinquante-Otages, en centre-ville. Les indications des policiers sont contestées par des témoins. Seule certitude : le contrôle a bien eu lieu à minuit passé, comme ils l'affirment depuis le début.
«Totalement ivre»
Il s'agira aussi de vérifier « le degré d'imprégnation alcoolique de Taoufik el-Amri ». Là encore, les déclarations des policiers indiquant qu'il n'était pas ivre sont battues en brèche par des témoignages. Ainsi, les deux amis de Taoufik el-Amri qui l'accompagnaient ce soir-là. « Il avait passé la soirée à boire une bouteille de Ricard qu'il avait emportée avec lui, et de la bière dans un bar. Il était totalement ivre et zigzaguait », certifie Mansour Benchenina.
Ces déclarations rejoignent celles d'autres personnes entendues. Des étudiantes auraient vu l'ouvrier sortir du fourgon de police en titubant, puis le véhicule s'éloigner. Une précision capitale sur le rôle des policiers.
Enfin, la « police des polices » devra établir comment les fonctionnaires de la CDI ont recueilli l'identité de l'ouvrier. Selon eux, ce dernier a décliné son nom et prénom sans présenter de pièce administrative. « Faux », selon le deuxième ami de la victime, Jhaider Jehwder, certifiant « qu'il a montré ses papiers ». La découverte du portefeuille de Taoufik el-Amri semble aller dans ce sens : il contient la carte d'identité tunisienne du jeune homme. Enfin, les policiers ont parlé d'un attroupement au cours du contrôle justifiant leur décision « d'embarquer » l'ouvrier dans leur voiture, un point démenti par plusieurs témoins. Surtout, les policiers vont devoir expliquer pourquoi ils ont prétendu dans un premier temps avoir relâché Taoufik el-Amri très loin du canal, à plusieurs centaines de mètres de l'endroit où il est effectivement sorti du fourgon.
Au fil des déclarations, les fonctionnaires de la CDI donnent la fâcheuse impression de vouloir dissimuler une quelconque vérité. L'enquête devrait au minimum révéler des méthodes bien peu réglementaires utilisées par des policiers qui n'avaient consigné cette opération de contrôle sur aucun registre.
L'ouvrier disparu après un contrôle de police serait mort par noyade. Son corps ne porterait pas de traces de coups. Les policiers toujours en garde à vue.
Le corps de Taoufik El Amri, disparu à Nantes le 22 novembre après un contrôle de police, a été identifié comme étant celui retrouvé mardi 12 décembre dans un canal du centre-ville tandis que trois policiers ayant procédé à ce contrôle étaient en garde à vue dans le cadre d'une enquête de l'IGPN. Le corps de Taoufik El Amri a été repêché mardi peu avant 16h00 en aval du canal Saint-Félix à Nantes, non loin du lieu où un témoin a découvert le portefeuille du disparu avant de le remettre aux policiers le 10 décembre, déclenchant les recherches. L'ouvrier tunisien de 33 ans avait été vu pour la dernière fois après son contrôle sur le Cour des Cinquante Otages, non loin de l'embouchure du canal, en amont. Selon l'autopsie, Taoufik El Amri "est mort par noyade et aucune trace traumatique (de coups, ndlr) n'a été trouvée sur son corps", a affirmé une source policière qui précise que le portable de ce père de famille de 33 ans a été retrouvé sur lui, ce qui a facilité son identification.
Trois policiers gardés à vue
Parallèlement à l'information judiciaire ouverte à Nantes pour "disparition inquiétante", le procureur de la République Stéphan Autin a demandé mardi matin une enquête à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN, police des polices) sur les trois policiers qui avaient procédé au contrôle de Taoufik El Amri suite à des "contradictions importantes" entre leurs déclarations et celles des témoins". Les trois fonctionnaires ont été placés en garde à vue mardi pour s'expliquer "sur les variations dans leurs témoignages quant aux lieux où ils ont procédé au contrôle de Taoufik El Amri et où ils disent l'avoir relâché", selon une source policière. Ils ont également été confrontés aux deux collègues de Taoufik El Amri, qui l'accompagnaient au moment de son interpellation. Un responsable régional du syndicat Synergie a indiqué que la garde à vue était une procédure "classique" après l'ouverture d'une enquête de l'IGPN. Taoufik El Amri avait été interpellé pour un contrôle d'identité alors qu'il déambulait en état d'ébriété avec deux collègues de travail le 22 novembre peu après minuit. Libéré peu de temps après, il avait ensuite disparu.
Le corps de Taoufik El-Amri, disparu à Nantes le 22 novembre après un contrôle de police, a été identifié, mardi soir 12 décembre, comme étant celui retrouvé, en milieu d'après-midi, dans un canal du centre-ville de Nantes. Le corps de Taoufik El-Amri a été repêché peu avant 16 heures en aval du canal Saint-Félix, non loin du lieu où un témoin a découvert le portefeuille du disparu avant de le remettre aux policiers, le 10 décembre, déclenchant les recherches.
L'ouvrier tunisien de 33 ans avait été vu pour la dernière fois après son contrôle sur le cours des Cinquante-Otages, non loin de l'embouchure du canal, en amont.
Selon l'autopsie, Taoufik El-Amri "est mort par noyade et aucune trace traumatique n'a été trouvée sur son corps", a affirmé une source policière qui précise que le portable de ce père de famille a été retrouvé sur lui, ce qui a facilité son identification.
"CONTRADICTIONS IMPORTANTES" DANS LES DÉCLARATIONS DES POLICIERS
Me Gilbert Collard, défenseur de la femme du disparu, avait expliqué, mardi après la découverte du corps, que sa "cliente se prépare au pire, pour elle, c'est sûr" : le corps est celui de son époux. Il avait précisé avoir déposé une plainte pour "disparition suspecte" au tribunal de Nantes, afin de pouvoir accéder au dossier.
Parallèlement à l'information judiciaire ouverte à Nantes pour "disparition inquiétante", le procureur de la République Stéphan Autin a demandé, mardi matin, une enquête à l'inspection générale de la police nationale (IGPN, police des polices) sur les trois policiers qui avaient procédé au contrôle de Taoufik El-Amri du fait des "contradictions importantes" entre leurs déclarations et celles des témoins.
Les trois fonctionnaires ont été placés en garde à vue, mardi, pour s'expliquer "sur les variations dans leurs témoignages quant aux lieux où ils ont procédé au contrôle de M. Amri et où ils disent l'avoir relâché", selon une source policière. Ils ont également été confrontés aux deux collègues de Taoufik El-Amri, qui l'accompagnaient au moment de son interpellation.
Un responsable régional du syndicat Synergie a indiqué que la garde à vue était une procédure "classique" après l'ouverture d'une enquête de l'IGPN.
ÉTAT D'IVRESSE AVANCÉ ?
Taoufik El-Amri avait été interpellé pour un contrôle d'identité alors qu'il déambulait en état d'ébriété avec deux collègues de travail le 22 novembre, peu après minuit. Libéré peu de temps après, il avait ensuite disparu.
L'enquête a confirmé la version des policiers sur les horaires de l'arrestation, entre 0 h 10 et 0 h 15, peu avant le retour de la patrouille au commissariat. Elle a, en revanche, révélé, selon le procureur, des contradictions sur trois points : les lieux où le contrôle a été effectué et où Taoufik El-Amri a été relâché, son degré d'ébriété et "la nature des opérations du contrôle" menées.
Des témoins ayant assisté à la sortie de Taoufik El-Amri du fourgon de police ont toutefois affirmé que ce dernier semblait normal. "Il n'y a pas sur ce point de déclarations indiquant qu'il aurait été maltraité", selon M. Autin. Il a réaffirmé n'avoir aucune information sur d'éventuels antécédents au sujet des trois policiers.
Les collègues de Taoufik El-Amri ont indiqué que l'interpellation s'était déroulée sans violence, la jugeant "normale" compte tenu de l'état d'ivresse de leur ami. Ils ont, en revanche, estimé que les policiers auraient dû "l'emmener directement au poste car il ne fallait pas le laisser dans la rue" en raison de son état. Une estimation contestée par les policiers, qui ont affirmé que Taoufik El-Amri n'était pas dans un état d'ivresse nécessitant de le conduire au poste.
Le ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, avait annoncé, vendredi, avoir demandé "un rapport à l'IGPN pour savoir ce qui s'est passé". La France a été saisie d'une "demande d'information" par la Tunisie, dont est originaire Taoufik El-Amri, sur la disparition.
Humeur : La France tu l'aimes ou tu la quittes version Jojo par desirsdavenir44 @ Mercredi, 13. Déc, 2006 - 08:16:11
Johnny Hallyday s'installe en Suisse Le chanteur UMP va s'installer d'ici fin décembre à Gstaad, en Suisse, où il passera six mois et un jour par an, ce qui lui permettra de bénéficier du forfait fiscal suisse. 1.979 des 7.234 habitants de cette commune sont des étrangers, qui bénéficient tous du forfait fiscal suisse.
Ségolène invitée de « Ripostes » sur France 5 par desirsdavenir44 @ Mercredi, 13. Déc, 2006 - 07:41:40
Pour répondre aux attentes de décryptage des Français à l’aube des échéances électorales à venir, Serge Moati reçoit, depuis le dimanche 19 novembre, des personnalités politiques de tout premier plan en proposant cinq émissions exceptionnelles de « Ripostes » d'une durée de 85 minutes.
Ce sera au tour de Ségolène d'être l'invitée de « Ripostes », dimanche 17 décembre à 17h25 sur France 5.
Pacte écologique de N.Hulot : ce que propose Ségolène par desirsdavenir44 @ Mercredi, 13. Déc, 2006 - 07:17:02
En exclusivité pour le Nouvel Observateur, la candidate socialiste a expliqué pourquoi elle est "favorable à la signature du pacte écologiste". Elle répond point par point à ses propositions qui sont, à ses yeux, "des premiers pas" encore insuffisants pour relever le triple défi de la lutte pour l’environnement, de l’urgence sociale et du développement économique durable.
(c) Reuters Le Pacte écologique est un engagement qui touche au cœur de l’exigence environnementale, mais je propose de lancer dès maintenant une nouvelle étape allant au-delà. J’ai placé l’excellence environnementale au cœur de mon programme et je placerai le développement durable au cœur de mon action. La France doit devenir exemplaire en matière de politiques publiques visant au développement durable dans l’ère de l’après-pétrole. Dans ma région, j’ai appliqué cette politique par la preuve en assignant l’objectif d’excellence environnementale au territoire, notamment avec l’initiative Climat qui reprend les objectifs de Kyoto. Depuis le Sommet de Rio en 1992, où je représentais la France en tant que Ministre de l’Environnement, l’évolution n’est pas bonne. Pourtant, la prise de conscience est là. Manque la volonté politique. Nous avons une responsabilité historique face aux défis du changement climatique et à la préservation de la biodiversité. Nous ne devons pas avoir peur d’affronter cette réalité nouvelle, mais au contraire la saisir comme l’occasion d’une révolution douce dans nos modes de production et de consommation. Le bilan de la droite sur le développement durable est catastrophique pour la France : dégradation de la recherche, comme l’a relevé la revue de référence Nature le 23 novembre 2006, recul sur la taxe sur les véhicules polluants, baisse du budget de l’ADEME… Le dernier plan national d’allocation des droits d’émission a été retiré par le gouvernement français au dernier moment, pour éviter un refus certain car il prévoyait des quotas d’émissions supérieurs à ceux de 2005. En matière de développement durable, la gauche et la droite, ce n’est pas équivalent ! Le panorama présenté par Nicolas Hulot dans son livre est une bonne base de travail. Je suis favorable à la signature du Pacte écologique et je me réjouis du succès de cette initiative qui traduit la maturité de l’opinion publique. Mais le schéma proposé est incomplet : le développement durable est un problème éminemment politique. Les solutions technologiques ou fiscales ne suffiront pas. De puissants lobbies sont dans la place, comme nous l’avons vu sur la directive REACH (contre les composants chimiques toxiques) : il faut une volonté politique inébranlable pour leur faire face et pour réorienter l’économie. Il y a un lien entre les enjeux environnementaux globaux et les questions de pauvreté et d’immigration. Le véritable défi est de concilier la lutte pour l’environnement avec l’urgence sociale et la croissance économique durable. Je suis animée par cette volonté et je m’engage, si je suis élue, à mettre tout en œuvre pour que la France devienne le pays leader de l’excellence environnementale, de la réussite économique et de l’ordre social juste. De même, j’affirme ma volonté de tenir bon sur les mesures les plus difficiles, celles qui engagent les rapports de force les plus délicats et qui permettent des sauts qualitatifs importants. J’annoncerai tout au long de ma campagne les actions que je défendrai après mon élection : je m’engage ainsi à ce que plus un seul permis de construire ne soit délivré s’il n’intègre les énergies renouvelables. Cela permettra un cercle vertueux " gagnant-gagnant " : les mesures étant annoncées à l’avance, avec l’assurance que mon engagement sera inflexible, le secteur économique pourra anticiper les décisions, ce qui permettra à la fois des améliorations de l’environnement et la création de milliers d’emplois. Voilà la nouvelle donne environnementale que je veux instaurer : je ne veux pas d’une politique environnementale punitive, qui alourdit l’impôt. C’est la force de l’anticipation et la stabilité de la volonté politique qui forment le socle indispensable du Pacte écologique auquel je m’engage. En matière environnementale, il n’y a rien de pire que l’instabilité juridique, car cela rend impossibles les anticipations. Si je suis élue c’est la Présidente de la République qui sera garante des choix de la croissance durable ! Si le climat n’a pas de frontière, le changement climatique et le passage à l’après-pétrole ne frapperont pas tout le monde de la même manière. Certes le diagnostic de la crise n’est ni de droite ni de gauche, mais seule une véritable politique de gauche permettra d’éviter que ce soient les plus modestes qui soient les plus touchés par les désordres écologiques. Je souhaite que la structure gouvernementale reflète les trois axes de notre action : priorité à l’excellence environnementale, à parité avec les préoccupations sociale et économique. Il y aura donc, aux côtés du Premier ministre, ces trois piliers de l’action gouvernementale, à autorité et capacité d’intervention égales. Nicolas Hulot défend la démocratie participative pour la définition et la mise en œuvre de ces politiques. J’en suis la plus ardente avocate, car pour que les rapports entre science et société ne soient plus marqués par la défiance et le soupçon, nous devons développer des conférences de consensus. Quant aux interrogations sur l’agriculture, là encore, je m’appuierai sur ce que je fais en Poitou-Charentes comme preuve de mon engagement pour que les subventions soient réorientées vers l’agriculture biologique et les filières durables, et approvisionnent les cantines publiques et pour que les cultures OGM de plein champ soient interdites. En tant que Présidente, je négocierai la réforme de la politique agricole commune.
Je vous propose une nouvelle étape :
Les 5 propositions de Nicolas Hulot sont des " premiers pas ". Il faut renforcer notre engagement sur les changements climatiques (la taxe carbone ne suffira pas) et le rendre cohérent avec les mesures sectorielles proposées (sur l’agriculture par exemple). Je m’engage donc sur : - l’exemplarité de l’Etat et des administrations en matière d’excellence environnementale ; - une politique des transports ambitieuse prolongeant les mesures encore trop faibles du Plan Climat ; - l’incitation des entreprises à faire des efforts importants de recherche et développement pour l’efficacité énergétique ; - la réduction de l’utilisation des substances dangereuses pour la santé publique.
A ce stade, la formulation des objectifs est centrée sur la France, sur l’intervention de l’Etat, et finalement assez peu sur une démarche préventive et incitative y compris au niveau des territoires et des entreprises. Les développements sur l’économie de la fonctionnalité sont pertinents mais pourquoi ne pas mettre à contribution les industriels et la grande distribution ? La sobriété doit intéresser tous les secteurs industriels : certains pourraient être utilisés comme pilotes. C’est le cas des industries de l’emballage. Les conséquences de la raréfaction des ressources fossiles sont insuffisamment soulignées. Le cadre français ne peut suffire à traiter cette question. Il faut envisager la dimension politique, les implications sociales et géostratégiques, et l’espace européen. Nous avons à construire un nouveau pacte national, semblable à celui qui, après la Guerre, a permis la reconstruction de l’Europe ! Je m’engage pour que soient préservées les valeurs de solidarité entre générations, entre régions, entre pays, entre territoires, entre activités économiques (celles qui dépensent de l’énergie, celles qui en consomment moins) et même entre régions du monde (les zones productrices de pétrole, les zones importatrices) contre les déséquilibres générateurs de tensions et de menaces sur la paix. En matière internationale, une Organisation Mondiale de l’Environnement sans pouvoirs ne suffit pas : un Conseil Mondial du Développement Durable doit assurer la primauté des droits fondamentaux, sociaux, et environnementaux dans le cadre d’une nouvelle hiérarchie des normes internationales. L’intervention européenne coordonnée est nécessaire pour une politique européenne durable qui permettra d’éviter que la libéralisation des marchés ne débouche sur la constitution de trusts de l’énergie. Cette politique s’appuiera sur la création de pôles de compétitivité européens, notamment en faveur d’investissements massifs dans les énergies renouvelables. L’Europe par la preuve doit être au centre de la politique environnementale. Dès la présidence allemande en 2007, et surtout pendant la Présidence française de l’Union Européenne en 2008, il faudra travailler à une nouvelle politique européenne de l’environnement et de l’énergie autour d’un groupe d’Etats ayant une approche commune et engageant un vaste programme de recherche, d’économies d’énergie et d’investissement (ferroutage). Je m’engage à œuvrer au sein de l’Union européenne à la réintégration des Etats-Unis ainsi que la Chine et l’Inde (assortie de conditions) dans le processus de négociation post-Kyoto. Pour être efficace, la mobilisation doit être planétaire. Je m’engage également pour que toutes les initiatives des collectivités locales (comme la nouvelle Charte du Développement Durable des Régions) soient encouragées par l’Etat. Quant à la proposition de taxe carbone, elle doit être évaluée avec soin et n’est en tout cas pas suffisante. Elle ne doit pas pénaliser injustement les plus modestes. Elle devrait permettre d’investir dans la R&D, les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, l’isolation, le ferroutage, les transports collectifs en ville. Cette taxe ne peut s’envisager sans un schéma de compensation efficace. La baisse des charges sociales sur le travail (pour éviter les délocalisations d’activités consommatrices d’énergies fossiles) peut être une piste. Il faut mettre en place une fiscalité environnementale globale. Un moyen rapide et efficace d’intervention consiste à introduire une variable environnement dans les multiples instruments fiscaux existants : je m’engage pour une TVA tendant vers zéro pour toutes les écoactivités et les produits responsables. Il faut enfin lancer un vaste plan d’économies d’énergie. L’isolation des habitations est cruciale : toutes les chaudières au fioul devront être remplacées sous 5 ans, avec le soutien d’aides fiscales. Je m’engage pour que des aides à l’isolation dans les logements anciens soient accordées. L’efficacité énergétique passe aussi par des normes sévères sur les appareils électroniques et les éclairages. Je m’engage à une réforme des marchés publics en faveur de critères environnementaux favorisant les nouvelles filières (papiers recyclés, bois certifiés). En matière économique, la labellisation environnementale rend attractifs des produits qui tout au long de leur cycle de vie respectent les normes environnementales. Le bien-être environnemental, la qualité de l’air, de l’eau, sont aussi importants que la croissance du PIB, dont les critères doivent être modifiés. C’est aussi un enjeu de santé publique, permettant d’assurer à chacun – salariés ou consommateurs – que sa santé n’est pas mise en danger. Merci à Nicolas Hulot d’avoir fait émerger la prise de conscience de l’urgence écologique. Il a montré que les Français se soucient de l’état dans lequel ils la laissent la planète aux générations futures. Je veillerai à ce que cette question reste centrale tout au long de la campagne. Je m’engage aujourd’hui, comme je l’ai fait en tant que Ministre et dans ma région, en faveur du développement durable. Je ferai de l’environnement l’un des cœurs de mon action, comme un pilier de la croissance durable et de l’ordre social juste.
Environnement: face à Hulot, Ségolène se veut "visionnaire" par desirsdavenir44 @ Mardi, 12. Déc, 2006 - 23:26:26
Peut mieux faire: c'est en substance le message qu'a adressé mardi Ségolène Royal à Nicolas Hulot, venu discuter avec elle des dix objectifs et cinq mesures de son pacte pour l'environnement. Se présentant comme "visionnaire" sur le sujet, la candidate a annoncé qu'elle signerait ce pacte tout en revendiquant des "nuances" et en affichant son intention de le "compléter".
C'est avec un mécontentement visible que l'animateur a découvert la cohorte de journalistes qui l'attendaient pour cette entrevue près de l'Assemblée. La rencontre avait été présentée par l'équipe de Ségolène Royal comme "privée", mais suivie d'un point de presse.
"C'est une séance de travail qui avait vocation à se faire dans la discrétion, c'est un peu raté!", s'est agacé Nicolas Hulot, qui n'a pris position pour aucun candidat à la présidentielle et devrait faire savoir d'ici janvier s'il envisage lui-même de se présenter. "Je suis assez surpris de vous voir, pour être tout à fait franc, parce que l'idée était de bosser", a-t-il expliqué à la presse.
La candidate du PS s'est toutefois défendue de chercher à obtenir le soutien du très populaire fondateur d'Ushuaïa. "Il est libre", "je ne suis pas dans un calcul politique", a-t-elle assuré.
Si Ségolène Royal et Nicolas Hulot ont constaté des points de convergence sur le pacte, aucun accord n'est de fait intervenu en vue d'un éventuel soutien. "Il y a un certain nombre de points qui méritent encore d'être travaillés", a exposé l'animateur à l'issue. "Il n'y a pas convergence sur tout", "on s'appelle bientôt".
La championne du PS a indiqué qu'elle signerait le pacte, comme plusieurs autres candidats à l'Elysée. Mais elle n'entend pas s'en contenter et a affiché sa volonté de le "compléter". "Sur ces questions environnementales, il faut être visionnaire". Ancienne ministre de l'Environnement et très active dans sa région Poitou-Charentes, elle a revendiqué sa "crédibilité" sur le sujet. "Ça fait quinze ans que j'agis pour l'environnement", a souligné celle qui veut faire de la France le "pays de l'excellence environnementale".
A cet égard, elle a discrètement renvoyé dans les cordes son rival de l'UMP Nicolas Sarkozy, qui a récemment dévoilé ses pistes en matière d'écologie. "Il y a vraiment un recul du gouvernement actuel en matière environnementale, qui ne le rend absolument pas crédible si aujourd'hui un membre quelconque de ce gouvernement prend des engagements sur l'environnement", a-t-elle tancé.
Revenant aux cinq mesures concrètes du pacte de Nicolas Hulot, elle a émis des doutes sur son idée de "taxe carbone". Il ne faut pas "augmenter systématiquement les impôts sur les énergies fossiles" pour ne pas fragiliser le pouvoir d'achat, a-t-elle jugé, refusant toute "démarche punitive" en matière d'environnement. Son credo: mieux vaut "encourager" les comportements vertueux en baissant la TVA ou en promouvant les transports collectifs.
Elle s'est montrée dubitative sur l'idée de charger un vice-Premier ministre du développement durable car "il ne faudrait pas tomber dans des annonces artificielles ou démagogiques". Et a estimé que si un tel poste était créé, il faudrait parallèlement un vice-Premier ministre "chargé de la question sociale et de l'emploi".
Enfin, elle a proposé plusieurs "compléments" au pacte de Nicolas Hulot. Elle s'est notamment engagée à conditionner les permis de construire au respect de normes environnementales dans les nouveaux bâtiments. Elle a également proposé un "plan national de grands travaux sur l'isolation des bâtiments anciens", qui permettrait selon elle de créer près de 450.000 emplois. AP
Conditionner les permis de construire au respect de normes environnementales par desirsdavenir44 @ Mardi, 12. Déc, 2006 23:11:06
S'adressant à la filière du bâtiment, Ségolène Royal a annoncé mardi que, si elle était élue à la présidence de la République en mai, tous les permis de construire seront conditionnés au respect de normes environnementales, et notamment à la prise en compte dans les constructions des énergies renouvelables.
"C'est un engagement que je prends dans le cadre de cette campagne: si je suis élue, tous les permis de construire devront obligatoirement intégrer les installations en énergie renouvelable", a promis la candidate socialiste lors d'une conférence de presse, à l'issue d'une rencontre avec Nicolas Hulot à l'Assemblée nationale.
"Dans le permis qui est déposé, toute construction devra intégrer ou l'énergie solaire, ou l'énergie éolienne, ou la géothermie, ou l'énergie bois et l'utilisation des écomatériaux", a-t-elle précisé. "Les normes environnementales, si je suis élue, seront intégrées dans les autorisations administratives".
L'ancienne ministre de l'Environnement a assuré ne pas redouter de se mettre à dos les professionnels du secteur. "Je le dis dès maintenant à la filière du bâtiment et la filière de la construction et à l'ensemble des artisans: l'élection, c'est dans cinq mois et donc ils doivent anticiper ces nouvelles normes", a-t-elle martelé.
Ségolène Royal, qui avait déjà avancé cette proposition lors de la primaire du PS et en fait désormais une promesse de campagne, a assuré que cela permettrait de faire baisser les charges des loyers et de consommation d'énergie pour les particuliers. "Les charges baissent" et "ça permet de lutter contre le réchauffement climatique". Pour elle, "c'est du gagnant-gagnant".
La candidate s'est également engagée à lancer "un plan national de grands travaux sur l'isolation des bâtiments anciens". "Il y a 40% d'énergie qui est gaspillée, qui s'échappe des habitations", a-t-elle observé. Interrogée sur la façon dont ce vaste projet serait financé, elle a évoqué des "réorientations fiscales, des encouragements divers sur plusieurs années". Ce plan permettrait de créer l'équivalent de 450.000 emplois.