AP - il y a 18 minutes
PARIS/N'DJAMENA - Le président tchadien Idriss Déby a gracié les six Français de l'Arche de Zoé, a annoncé lundi la radio nationale tchadienne.
Selon la radio, le chef de l'Etat a suivi les recommandations du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) tchadien, qui avait rendu vendredi un "avis favorable" à la demande de grâce des ressortissants français. Ils ont été condamnés le 26 décembre dernier au Tchad à huit ans de travaux forcés pour tentative d'enlèvement de 103 enfants.
Les six Français avaient été arrêtés le 25 octobre dernier à Abéché (est) alors qu'ils s'apprêtaient à faire embarquer dans un avion pour la France les 103 enfants âgés de un à dix ans, présentés à tort comme des orphelins du Darfour.
M. Déby s'était dit en février "prêt à pardonner" les condamnés de l'Arche de Zoé si la France -qui a apporté un soutien logistique à l'armée tchadienne lors de l'offensive de la rébellion au début du même mois- en faisant la demande.
Des demandes de grâce avaient été transmises dès le lendemainn à l'ambassade de France à N'Djamena. Les six condamnés ont été rapatriés en France le 28 décembre dernier pour y purger leur peine, transposée dans le droit français à huit ans de prison. Certains d'eux sont écroués à la prison de Fresnes, dans la banlieue sud de Paris.
"C'est une nouvelle que je viens d'apprendre avec plaisir et soulagement.
Je dirais que la sagesse a prévalu", a déclaré à l'Associated Press Me Mario Stasi, avocat de Nadia Mérini, l'une des membres de l'Arche de Zoé, actuellement détenue à l'hôpital de Villejuif. Selon l'avocat, sa cliente "sera heureuse de recommencer son métier d'infirmière" et aura "une pensée pour les enfants" que l'association avait voulu ramener en France.
"Ils ont fait six mois de détention, c'est six mois de trop", a estimé Me Céline Lorenzon, avocate d'Eric Breteau qui considère cependant que cette décision était déjà écrite. Ce décret de grâce arrive à point nommé, selon elle, car Eric Breteau était "au bout de ses forces. Pour lui seul, il aurait trouvé les forces mais pour les autres, il n'en pouvait plus", a-t-elle ajouté.
Quatre des six membres de l'Arche de Zoé ont été mis en examen en France dans le cadre de l'enquête française ouverte pour "escroquerie", "aide au séjour irrégulier de mineurs étrangers en France" et "exercice illicite d'intermédiaire en vue de l'adoption ou d'un placement d'un enfant". AP
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