Benazir Bhutto a affirmé qu'elle était d'origine kurde, de par sa mère[réf. nécessaire]. Après ses études à Oxford, elle rentre au Pakistan en 1977 peu avant que son père, président du pays, soit renversé par le général Zia ul-Haq. Après sa détention et son exil, elle revient au pays en 1986
et dirige l'opposition à la loi martiale.
Le 17 août1988, Zia ul-Haq meurt dans un mystérieux accident d'avion
et en novembre de la même année, à la tête du PPP, le parti socialiste pakistanais créé par son père, Bhutto gagne d'une faible majorité les élections législatives et devient Premier ministre le 1er décembre1988,
la première femme à occuper ce type de poste dans un pays musulman.
Son gouvernement est démis par le président Ghulam Ishaq Khan sous l'accusation de corruption et d'abus de pouvoir en août 1990. Son époux Asif Alî Zadari est maintenu en détention de 1990 à 1993, puis est acquitté, mais le parti de Bhutto perd les élections de 1990.
En 1993, cependant, elle devient à nouveau Premier ministre. Elle agit maintenant en politicienne plus chevronnée, fait des alliances, y compris avec des militaires, ce qui lui permet de traiter certains des problèmes de façon plus efficace que lors de son premier mandat, mais elle doit faire face à la montée du fondamentalisme musulman.
En novembre 1996, son parti perd à nouveau les élections au profit
de la Ligue musulmane.
En 1999, Bhutto et Zadari sont à nouveau tous les deux condamnés pour corruption ; Bhutto, en exil en Angleterre et aux Émirats arabes unis, conteste ce jugement. En 2002, ne s'étant pas présentée au procès en appel, elle est condamnée à ne plus pouvoir pénétrer sur le territoire pakistanais.
De plus, le président pakistanais Pervez Musharraf fait voter cette même année un amendement à la constitution interdisant de faire plus de deux mandats de Premier ministre, ce qui lui interdit tout retour au pouvoir.
Retour d'exil
Durant l'été 2007, de longues transactions ont lieu avec le président Musharraf, pour un partage du pouvoir.
Le 5 octobre2007 Musharraf signe l'ordonnance sur la réconciliation nationale, en accordant l'amnistie à Bhutto et Zadari dans toutes les affaires judiciaires à leurs encontres, y compris toutes les charges de corruption.
D'autres dirigeants politiques comme l'ancien premier ministre en exil Nawaz Sharif sont exlus de cette amnistie. En retour, Bhutto et son parti, ont convenu de ne pas boycotter l'élection présidentielle. Bhutto est alors fortement critiquée par sa famille politique et certains membres du parti pour avoir signé un accord avec le chef de la junte.
Le 6 octobre2007 Pervez Musharraf remporte l'élection présidentielle, toutefois, la Cour suprême a statué que le vainqueur ne peut être officiellement proclamé jusqu'à la décision de savoir s'il peut être président tout en restant général de l'Armée.
Après huit années d'exil à Londres, elle est de retour à Karachi,
En larmes, elle est accueillie par de nombreux sympathisants dès sa descente d'avion à l'aéroport international Jinnah. En route pour un rassemblement dans la capitale, deux explosions se produisent. Elle est la cible d'un attentat-suicide, dont elle sort indemne mais 136 personnes sont tuées dont au moins 50 des gardes de sécurité de son parti et 6 policiers, qui formaient une chaîne humaine autour de son camion pour la protéger d'éventuelles attaques et nombreux sympathisants.
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Le 3 novembre alors qu'elle est à Dubaï depuis le 1er novembre pour voir ses enfants, elle rentre après que le président Musharraf a décrété l'état d'urgence pour lutter contre l'augmentation des attentats-suicides et l'ingérence de la justice dans le domaine politique. Il annonce également le report des élections législatives prévues pour la mi-janvier.
Le 7 novembre, elle appelle à manifester en masse contre l'état d'urgence. 400 de ses partisans sont arrêtés.
Le 8 novembre, Pervez Musharraf annonce la tenue des élections législatives avant le 15 février2008 et promet de démissionner de son poste de chef des armées avant de prêter serment pour son deuxième mandat en tant que chef de l'État.
Le 9 novembre, elle est assignée à résidence pour lui éviter de participer au meeting de son parti interdit par l'état d'urgence et par crainte d'attentats-suicides. Malgré l'interdiction, elle réussit à passer deux barrages de police avant d'être stoppée.
Dans la nuit son assignation est levée, le lendemain, elle participe à une manifestation organisée par des journalistes.
Dans une déclaration, elle lance un appel à une « longue marche » le 13 novembre entre Lahore et la capitale Islamabad pour exiger du pouvoir la fin de l'état d'urgence et le maintien des législatives mi-janvier.
Alors qu'elle souhaite rencontrer l'ancien président de la Cour suprême et leader de l'opposition à Musharraf, le juge Iftikhar Muhammad Chaudhry assigné à résidence, elle est bloquée par la police.
Le 10 novembre, elle part pour Lahore, d'où elle compte mener une « longue marche » de protestation vers la capitale.
Le 11 novembre, Musharraf annonce la dissolution du Parlement pour
Le 12 novembre, elle annonce que les négociations pour un éventuel partage du pouvoir avec Musharraf sont rompues
Elle menace le président de boycotter les législatives s'il ne met pas fin
à l'état d'urgence. Elle est a nouveau assignée à résidence dans la nuit
du 12 au 13 novembre dans le but de l'empêcher de participer à une manifestation interdite. 20 000 policiers sont déployés à Lahore,
dont 4 000 aux abords de la maison où elle séjourne.
Le 13 novembre, dans une interview, elle demande à la communauté internationale de cesser de soutenir le président Musharraf et réclame
sa démission.
Elle exclu également de devenir premier ministre tant qu'il sera au pouvoir.
Elle propose à son ancien rival et ancien premier ministre en exil Nawaz Sharif de former ensemble une alliance.
Celui-ci s'est dit favorable à cette proposition. 1 500 de ses sympathisants ont été arrétés alors qu'ils essayaient de mener la « longue marche » prévue.